‹ La vallée de la Mantawa [microforme]Chapitre 7 sur 25 · PRESENT UE · texte numérisé non relu

PRESENT UE

Le sage qui a dit qu'après la pluie vientle beau temps a exprimé là une profonde pensée + philosophique, car toutes les choses ont ici-bas ce destin ondoyant d’être tour à tour joyeuses et désagréables, heureuses et maelheureuses, lumineuses et obscures. C’est un effet de notre nature coupable et déchue. Tacite a eu cette pensée lorsqu’à la fin de sa belle notice biogrephique d’Agricola il s'écrie en parlant du règne du féroce Caligula ; — Viclenta non durant : — c'est-à-dire, pour parler français, que les choses violentes n’ont pas de durée.

Tel a été le sort de l'orage d'hier. Aujourd’Lui, mercredi, 6 septembre 1869, il fait beau, en ce sens que la pluie a cessé. C’est ce dont je m'assure en mettant le nez dehors après avoir se. | coué le foin qui me couvre. Est-ce à croire que À le beau temps va prendre ? Pas le moins du monde, car toutes les montagnes fument ei le à vent souffle du sud. Néanmoins, nous préférons | la menace de pluie à la pluie elle-même, disionsnous tous ensemble, avec un accord parfait, lors-

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que la cloche appela tout le monde à l'office divin. M. le curé Provost allait dire la messe, j’eus le bonheur de la sarvir.

Les gens de la ferme ayant à leur tête leur jeune et courageuse maitresse, Mme Trudeau, les colons des environs, leurs femmes et leurs garçons et filles, nos hommes et tout notre parti

y assistaient, de sorte que la modeste chapelle D était remplie. A la communion, quatre person- À nes s’approchèrent de la sainte table dont deux ; jeunes fiancés. Le spectacle était vraiment édi- fiantet de ceux qui survivent à bien d’autres dans ‘ la mémoire. |

M. l'abbé Brassard était parti de bonne heure

; afin de prévenir ses gens et nous préparer l’hos- A pitalité.

Lorsque nous sortimes de la chapelle la pluie

tombait à pleins seaux. Elle ne nous empêcha point cependant d'aller visiter le moulin de la Lolonie et d'entendre de la bouche de M. Pro-

vost, tous les détails sur le sol de l'endroit et le but qu’il s'était proposé en jetant les fondements de ce poste avanré de la colonisation dans la Man.

mme

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| La qualité du sol est la même que celle des jonnes terres de la vallée du St. Laurent ; la fo-

rêt se compose de bois mèlés de haute futaie et il ne s'y rencontre peu ou point de cailloux. La ferme de M. Provost comprend six cents acres dont soixante arperts sont couverts d’une moisson splen ide. Le degré de maturité est le mème que dans les vieilles paroisses, et les patates qui | sont très-abondantes n’ont encore donné aucun signe de pourriture.

Le mouiin vient d' .e terminé ; il est à scie

, seulement; mais M. Provost se propose d’y ajou

| Xter une moulange afin de donner toutes les fa. cilités possibles aux colons. C'est une solide M construction qui a dû coûter cher à son propriétaire ; le pouvoir d’eau qui le meten mouvement | est très-considérable et plus que suffisant même dans les plus grandes sécheresses de l'été. |

M. le Ministre a chaudement félicité M. Pro. # vost sur tout ce qn'il voyait, et je puis assurer | ici M. Provost que le gouvernement a été dans cette circonstance le fidèle organe des impressions de nous tous, avocat, shérif, rentiers et Journaliste, du peuple enfin.

A mon tour qu’il me soit permis d’être l'écho de mes compagnons de voyage et de noter une réflexion qui nous a été commune.

Mon excellent et spirituel ami, M. l'avocat,

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