‹ La vallée de la Mantawa [microforme]Chapitre 8 sur 25 · LS · texte numérisé non relu

LS

D sachant qu’il allait faire route avec un journa- » liste, avait fait provision de tous les journaux fl | apportés par le courrier, le matin du départ de À il | | Joliette. Etait-ce une flatterie déguisée à mon Lil | intention, ou un reste d'habitude ? on n’a jamais à pu le savoir. Toujours est-il qu’arrivé chez M | E Trudeau le voilà qui tire gravement ses gazettes X” après souper, comme si le sommeil tardait trop à | lui venir. Il nous apprit entr'autres choses que 1 M. le ministre un tel de la Puissance voyageait de cn tel endroit avec un prince, que tel autre voya- | bgeait en prince dans nne autre partie d'Améri- Bouc, enfin qu’un troisième marquait ses étapes Mdans sa province par autant de Hiomphes et de banquets. | 1 h Nous fimes celte réflexion que tous ces hauts

taie et ux. La s acres e mois > mème | ates qui | ) aucun

st à scie d'y ajou 3 les fae solide | | proprié- BR uvement È nt mème fi

té. ; [à M. Pro: et puissants seigneurs voyageaient sans aucun k 8 assurer | puoute pour l'intérêt de la chose publique, mais | été dans UE pas un seul d’entr’eux ne le faisait comme M.

impres Me ministre d'agriculture du Bas-Canada. Ici joint de princes, point de chemins de fer, point le carosses, point de banquets, point de démons- | Hations improvisées huit jours d'avance, point | larcs de triomphe pour récréer l'illustre visi- Bur; pas mème de journaux ministériels pour | por: ses fatigues ou de journaux rouges pour x |

ntiers el

re l'écho noter une

l'avocal,

les atténuer. Non, rien de tout cela; aucune de ces compensations si douces au cœur de l’homme politique. En revanche, beaucoup de fatigue, de misère, et de dangers réels, une sérieuse détermination de travailler à une grande cause et } la perspective de l’ingratitude populaire.

Voilà ce que nous nous sommes dit, et ce que

je tiens à révéier au lecteur qui a la complaisan- hs ce de me suivre.

—Ma vie politique ne sera complète, nous a ré. =

pété plusieurs fois M. Archambeaull que si je

demeure assez longtemps au pouvoir pour relier ESS la vallée de la Mantawa à celle du St. Laurent PSS

par les deux grandes routes que le gouvernement à fait en ce moment construire à travers l’épaisse MS chaîne des Laurentides. Québec a eu sa colonisa- M tion du Saguenay, Trois Rivières, celle des Can:| tons de l'Est, Montréal doit avoir sa part dans : cette œuvre nationale. | , Cette justice accomplie, je pour suis mon récit f

PE De ere er crpnneare one + ee en mn

Cependant une simple difficulté m'arrête ; je manque de notes. Mon carnet contient ici une

ane de l'homatigue, use dé-

ause et à

L ce que | plaisan- M

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l'épaisse |

colonisa- Mi des Can: | part dans B

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Peau ait collé les pages de mon carnet.

nous sommes sur la route qui mène de la ferme ur relier [Ss | Laurent #4 rnement À

Ppage bianche dont je me torture la tête à décou- Lyrir la raison. Probablement que dans ma hâte Là tourner les feuilles j'en aurai pris deux à la fois; autrement d'où viendrait ce mystère ?

Comme cette explication me contente, je m'y

ärrête : ma philosophie d’ailleurs m'’enseigne à

ime contenter de peu.

D Aussi bien, j'ai crayonné quelques notes à la

Bluie, sur la route, et il n’est pas impossible que Car,

le M. Provost à celle de M. Brassard et il pleut Pplein ciel. Si encore l’eau ne pénétrait que mon äpier à note, mais nos hardes sont imbibses.

l'est en vain que le parapluie et le caoutchouc

Ssaient de nous garantir, le vent rend toute pré-

dution inutile. Il faut se résigner et lâcher de ipporter son mal en patience. Pour moi, ce ni m'a consolé durant ure bonne partie de ce à ajet diluvien, c’est que l’eau m'a épargné les 1 houx pendant longtemps, car je ne connais pas À plus désagréable sensation que d’avoir les

Doux-moui Je prie le lecteur bénévole in faire l'expérience pour -éanyaincre.

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arrête ; |e nt ici un

La colonie de Mont Roberval est à dou7e milles

de celle du Lac St. Louis, et le chemin qui y conduit traverse un beau pays uni et arable sur toute cette étendue. Déjà la hache du colon y ya fait d’assez nombreux abattis, et nous tombons de temps à autre sur un champ d'avoine, d'orge, de sarrazin ou de patates. La route est magnifique sur plus de la moitié de sa longueur; et nous nous croirions dans nos vieilles paroisses

si nous avions le temps de faire autre chose que de regarder la contrée que nous parcourons et

tordre certaines parties de nos vêtements qui ruissellent, |

Enfa, nous arrivons ; nous venons de traverser la rivière Mantawa ellemème sur un pont | flottant, et au bout de cette belle route qui s’élargit et fuit devant nous sur un mille de long nous | apercevrions les maisons de Mont Roberval si la pluie ne nous en dérobait la vue.

Hélas! que ce mille est long à faire ? L'eau a tellement trempé les chemins que les chevaux

s’'embourbent et les voitures aussi, de sorte que

plus nous avançons moins nous allons vite. Déjà la brune descend; encore une demi-heure et la nuit nous aura enveloppé de ses voiles humides.

Et pourtant il faut un beau soleil pour con-

nilles templer dans toute sa sauvage beauté ce Montqui Y Roberval couronné à sa cime de constructions e sur qui, de loin, lui donnent un aspect de châteaulon y | fort; la route passe au fond de la vallée et lui

nbons

l'orge.

agnifiar; et roisses se que rons et ts qui

fait face ; il est isolé des autres montagnes qui . bornent l’horizon à gauche, vers l’ouest; sa forme est ronde et son élévation est bien d’au ! moins cent cinquante pieds au dessus du niveau . de la Mantawa dont la chûte en cet endroit attire . l'admiration.

| A droite, plus de montagnes, un horizon sans Afin. Cà et là des défrichements considérables ; | de belles forêts ; un moulin fièrement campé sur | le bord de la chôte, quelques maisons groupées n pont DS au pied du mont: telle est la colonie de M. Brass'élar- DS sard.

gnous DJ Déchirez la nue qui couvre ce coin de terre al si la L ‘un brouillard épais ; jetez la lumière du soleil et la vie sur ce paysage enchanteur, et dites-moi ji nous avions assez de malchance d’y arriver dans le piètre état de corps et d'esprit où nous vait mis l’ean du ciel.

traver-

L'eau à hevaux

rte que

N'importe ; après la pluie, le beau temps, et il fesait beau temps pour nous au foyer si hospitalier du vénérable châtelin de Mont-Robezval, et de son jeune et actif intendant, M. Maynard. L'un et l’autre avaient tout préparé pour nous faire oublier l’eau et la fatigue du voyage, et vrai. ment je sentais mes goûts d'homme civilisé reprendre le dessus.

Malheur à l’homme, me disais-je, qui, trempé

| toute une journée par les cataractes célestes, n’a | K°° soir ni des hardes sèches et laineuses pour ere "mm changer, ni un bon feu pour se réchauffer, ni un souper bien servi pour apaiser sa faim, ni un lit bien chaud pour ;reposer ses membres fatigués!

Evidemment, mes illusions s’'évanouissaient à vue d'œil. Si l'orage eut continué le lendemain, je crois que c’en eut été fait; il ne m’en serait | pas resté la plus petite, et la honte seule m'au- | rait empêché de revenir sur mes pas. Mais ce sentiment, qui est quelquefois la cause des plus À beaux actes de courage, m'aurait soutenu, bien | sûr. J’y comptais. C’est dans ces idées qu’anrès avoir accompli mes devoirs de chrétien et donné une pensée à ma femme et à mes enfants je m'endormis.

s,etil

Jspita-

val, et XX

, L'un

s faire Le lecteur s’imagine sans doute que le lende-

vyar main je fus éveillé par le doux chant des oiseaux

ivilisé où par un lumineux rayon de soleil. Non; il pleuvait encore, et une brume épaisse couvrait

trempé toute la vallée qui ressemblait à un lac immense.

tes, n'a L Mais, la cloche de la chapelle tintait et M.

s pour Brassard chantait la grand’messe. Tout le monde

r,niun | était rendu quand j'y arrivai.

ji un lit L Ici, encore, la ferveur de l'assistance nous édi.

tigués! | hf ainsi que lâ piété admirable et franche dont saient à à D sont animés les colons. Nous apercevons parmi demain, eux les deux neveux de Messrre Brassard avec n serait qui nous avons fait connaissance la veille : il est : L difficile de trouver plus d’amabilité, de politesse,

e m'au- |

Mais ce Bet de douceur de caractère unies à une vigueur des plus Met à une énergie aussi rares.

Lu, bien SSP La chapelle où nous sommes réunis est grande, qu’anrés | spacieuse et élevée « elle est trop belle pour une àt donné Chapelle de mission. Aussi, l'intention de M. ifants je E rassard est-elle d'en faire un petit sanctuaire

de pélérinage lorsque la colonie sera devenue pessez nombreuse pour construire une église dans

la vallée. De fait, le lieu est parfaitement choisi, et Notre-Dame de Bonsecoursde Mantawa domine au loin tout ce pays nouveau qu'elle protège.

Le corps principal de la maison qui a les pro- 1 portions d’un véritable manoir touche d’un côté | | à une aîle où se trouvent la cuisine et la demeure

es engagés; de l’autre il communique directement à la chapelle. Rien de plus pittoresque vue de loin que cette longue ligne de bâtiments suchés sur le sommet de la montagne |!

L'installation de la maison et des granges, écuries, remises laisse peu à désirer ; on se croirait dans les environs de quelque grande ville, si le magnifique horizon qui nous entoure ne rappelait à la réalité.

La sollicitude de M. Brassard a tout embrassé ; au sortir de l'office divin, nous avons pu admirer les ornements du culte et la bibliothèque ecclésiastique et littéraire dont pourra jouir le futur missionnaire de l'endroit. Si nos hardes un péu fraîches ne me rappelaient le trajet de la veille, ( | je crois que mon enthousiasme me reviendrait [|| et serait capable de me faire envier l'existence du prêtre apnelé à jouir le premier d'une: vie aussi remplie d’attraits.

C'est pourquoi, touten convenant de bon cœur

de

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procôté eure ecte-

vue lents

nges, croiville, e ne

assé ; mirer eccléfutur n peu eille, ndrait stence e vie

cœur

1 | vost quientraitau beau milieu de notre émotion,

avec mes compagnons de voyage que le Mont Roberval est un lieu de délices, je me donne bien de garde d’exprimer le moindre vœu personnel.

— Grande nouvelle! s’écrie quelqu'un en ouvrant tout à-coup la porte, au moment où, pendantque plusieurs causaient affaires sérieuses, je fouillais dans la bioliothèque de M. Brassard.

Tout le monde lève la tête.

—Est-ce une dépêche télégraphique, le journal du matin !...….

—Non, mais la pluie a cessé, + brouillard se lève peu à peu, et nous allons voir le soleil.

+4 ! fit chacun de nous.

Cette exclamation modulée dans tous les tons

de la gamme interrompit l’heureux messager,

Toutes les figures se déridèrent comme par

| enchantement. Nous ressemblions à des écoliers 2 surpris par un congé.

—Vite, qu'on se prépare : nous allons dîner à | la ferme du Lac des Pins, nous dit alors M. Pro:

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