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Pendant que nous fesons nos apprêts, le lecteur bénévole me permettra bien de lui divulguer un précieux secret dont il me dira des nouvelles pour peu qu’il s’en serve dans des voyages de ce genre. Cela le distraira et moi aussi, car après avoir les genoux mouillés par la pluie je ne déteste rien tant que de faire le moindre préparatif, et ce pour plusieurs raisons. D'abord, si personne n’est pas là pour m'aider, j'oublie toujours une partie de l'essentiel et js m’encombre de superflu. J'emporterai par exemple beaucoup d’allumettes et pas de tabac, et ainsi de suite.
—Et ce secret ? |
Pardon, mais chacun est prêt, et déjà on me crie de me hâter. Or, si vous tenez à être bon voyageur souvenez-vous de ne jamais faire attendre les autres après vous. Ceci n’est pas le secret que j'avais l'intention de vous divulguer, mais il n’en est pas moins précieux. Faites comme moi: portez vos chaussures à la main, mais partez. Il peut quelquelois se rencontrer
parmi vos associés, un grand personnage, qui |
laissera une bonne fois tamber sur vous ces froides paroles, absolum :1 comme ouis XIV:
—(J'ai failli attendre.» Grâce à Dieu, le plus grand d’entre nous était bon prince; mais au
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} de quelques centaines d’arpents, tous en pleine D largement pourvu d'animaux et qui appartient
- que se trouve l’entrepôt de tous les chantiers de la Mantawa, de la rivière du Poste et du lac Clair et que se rendent les provisions de toute L tespèce destinées à la population de travailleurs | qui s'y dispersent pendant l'hiver.
Loccupe l’enfoncement que produit la Mantawa dans son expansion à cet endroit. C'est cette
| c ans la force du terme, fort, bien bâti, à l'air
D Lt:
pes deux mâchoires. Hormis cet excès de ressem-
début d’un voyage, sait-on bien avec qui son existence est liée ?
La ferme des Pins est un grand défrichement
culture, bien bâti de maison et de bâtiments,
à M. Hall, riche marchand de Québec. C'est là
Le site de la ferme est ‘des plus agréables et
expansion très considérable qu’on appelle le Lac des Pins. Le fermier est un brave et bon garçon
doux et plein de fermeté. Sa one ne lui cède
rien en qualités, pas même en barbe, car une guperbe paire de favoris en broussailles ornent
| 4 | b'ance avec son mari, madame*** est rée'lement | la perle des épouses. :
| C'est ce que m'assure notre excellent ami, M. Julien de Kéradec, commis-en-chef de la station, et dont je ne saurais ici trop vanter la franche politesse et-la cordiale hospitalité. B:eton, ancien officier français, décoré de plusieurs médailles, frère d’un des premiers aumôniers de la marine impériale, instruit, d'un esprit distingué et de bonne manières, modeste avec tout cela, Monsieur Julien a mené dans plusieuss parties du monde la vie la plus diverse, quoiqu'il soit encore jeune. On conçoit saus peine notre surprise de tomber en aussi agréable société. Ce n’est que depuis mon retour que j'ai su quelque chose de l’histoire de notre charmant hôte du Lac
ait que sous
ce nom dans tout le St. Maurice, prévenu de , notre arrivée, était venu au devañt de nous avec 6 ses hommes et un magnifique rabaska.
Qu'est-ce qu’un rabaska ?
— Patience, lecteur, car je n’en sais rien. Mais aussitôt que je le saurai moi-même je te ie dirai.
En attendant qu'il me suffise de te dire que c'est un grand canot d'écorce.
. Mais à dirai.
re que
Sur la route, nous admirons plusieurs beaux défrichements dont les colons se joignent à nous, ou tirent du fusil à la porte des maisons ; ceux qui ont des drapeaux les arborent pour fêter notre passage, et nous descendons ainsi la Mantawa au milieu des chansons nationales et des acclamations de joie.
Le Lac des Pins est à trois milles environ plus bas que la Chôûte du Mont-Roberval, et nous avons pu déjà nous faire une idée des rives enchanteresses de la Mantawa qui coule en ce moment à pleins bords.
Mon enthousiasme revient à vue d'œil. Iln’en est pas de même de notre joyeux ami, M. le Shérif : le sien-est-compiètement ÉTEMT, et c'est-— pour nous montrer son bon naturel qu’il entonne ces alertes chansons de canotiers, si naïves et si musicales. Pendant qu'il raconte les peines de la Belle Françoise, allons gai ! et qne toutes les voix» ! du canot y répondent à plein gosier, en cadence avec l’aviron, je vous dirai le malheur de ce pauvre Docteur. Dépêchons-nous, car le rabaska vols sur l’onde, les canots d’escorte rivalisent, et dans un instant nous allons mettre nied à terre chezM. Laporte, dont nous apercevons la maison et le défrichement. |
M va men ns ot OA EEE
C'était après diner chez Monsieur Julien; chacun se levait de table; on parlait de visiter le vaste établissement dont notre hôte nous fesait
le plancher est tout
>(à coup ébranlé sous la chûte d’un corps pesant.
On se précipite : c'était M. le Shérif qui venait
de tomber aux pieds de la femme barbue, toute ébahie...….
Il y avait de quoi.
— Qu'y a-t-il, se demande tout le monde non moins surpris ; d'ou vient au Docteur une telle démonstration ? Comment, à son âge !.....
— Ce n’est rien, répond le Shérif d’une voix Janguissante, c’est le rhumatisme qui me porte au genou, et qüi produit le même effet que si on me coupait la jambe.
M. l'avocat et moi nous eûmes un soupir de satisfaction.
Quoique peu gaie, cette nouvelle nous tranquilisait cependant à l'endroit des sentiments de notre honorable ami.
—Après tout, il vaut mieux que ce soit le genou
ulien ; visiter s fesait
st tout pesant.
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genou
| de nos engagés pour installer notre Docteur au
que le cœur qui soit malade, ajouta l'avocat par manière de consolation.
Nous pûmes nous convaincre de l'effet de cette attaque foudroyante de rhumatisme, car étant sorti devant la maison le Docteur s’affaissa deux ou trois fois au milieu de nous. Il ne ressentait aucune douleur, mais la chose évidemment l'ennuyait. En effet, voyager en canot ou dans la forêt en pareil état devenait chose impossible,
Pauvre Docteur! lui qui se promettait une si bonne excursion, et se voir ainsi forcé d’y renoncer dès le début. Nous y perdions grandement, car de meilleur et de plus jovial compagnon que lui, il n’en fut jamais.
— Savez-vous ce qui avait attiré au genou de notre excellent ami la visite de ce maudit rhumatisme ?
La pluie des deux jours précédents.
Comme nous tous, le Docteur n'avait pu se garantir les genoux, et il en payait aujourd’hui la triste façon.
De même qu’il avait fallu le secours de Ceux
fond du rabaska, de même ce fut toute une histoire pour l'en extraire chez M. Laporte, qui nous avait accompagnés à la ferme des Pins et à qui nous devions une visite. Or, le shérif de Joliette est un homme de poids : demandez plutôt E à Pigeon.
Mais entrons d’abord chez M. Laporte; nous | causerons de Pigeon un autre tantôt.
Nous sommes très-bien reçus par M. Laporte, L
sa femme, sa fille et son jeune fils. Sa maison est LI spacieuse, confortable et m’enchante. Peut-être | ] aussi les numéïos du Nouveau-Monde dont les ES : murs sont tapissés sont-ils pour quelque chose
dans le charme que ce séjour m'iuspire. Mais, non, car mon opinion est celle de M. le Ministre, celle du Docteur, celle de l’Avocat, celle des rentiers, celle du public enfin. Comment cette tapisserie seule pourrait-elle inspirer le même sentiment aux trois grands corps de l'Etat ici représentés ? N’étant pas accoutumé à une telle approbation, j'en conclus que mon opinion est désintéressée.
Néanmoins, je ne puis m'empêcher de rêver en retrouvant si loin un cabinet de lecture dont notre journal fait exclusivement les frais.
Notre hôte est le frère de M. le curé de Repen-
e une le, qui is et à rif de plutôt