ARCHÉOLOGIE ET ETHNOGRAPHIE
Lorsque en 1878 je visitai, pour la première fois, une partie du littoral de la Medjourtine, j'eus Toccasion de remarquer, sur différents points de celle contrée, de nombreux tas de pierres affectant des formes et des dispositions diverses.
Le but de ma mission élant à cetle époque purement commercial , je n'atUichai pas 1res grande împorlance à cetle observation. J'en fus cependant assez frappé pour ne point omettre, au retour, de sifçnaler la présence de ces tumuli dans les pays <*omalis.
;l;Cos nolob, ac'cuiii|Kigiioo s d'une chroiiulilho^i'aphie Hguranl les émaux que j'ai trouvés à Hais, ont paru dans le n» 1 et le n" 3 de la Revue d'Ethnchgraphie de M. le docteur E. Haniy. L'éditeur, M. Ernest Leroux, dont tout le monde connaît les savantes publications, m*a autorisé à les reproduire dans cet ouvrage.
Certaines explications que me donnèrent mes guides, et dont je ne saisis qu'imparfaitement le sens, m'avaient amené à attribuer à ces amoncellements de pierres une origine des plus simples.
Je crus comprendre que c'était là l'œuvre des bédouins et des pasteurs qui, à chacun de leurs passages, débarrassaient ainsi les chemins des caravanes des cailloux et des pierres qui entravaient leur marche.
En 1880, lorsque je suis retourné en Medjourtine, parmi les problèmes que je m'étais proposé de résoudre, celui de connaître l'origine de ces tumuli tenait une place importante; aussi, comme on Ta \u au cours de ma narration, dès mon arrivée, mes investigations commencèrent-elles , et mes recherches m'amenèrent à la découverte de vestiges de trois ordres différents :
1° Des silex taillés; 2"* Des tumuli ; 3° Des ruines.
Les silex de tout le pays ^omali (voir page 57) sont des formes les plus grossières et les plus primili\es. En les triant avec soin, on finit par y distinguer des masses, des haches de forme lancéolée, pointues et taillées à trois pans sur une des faces, des couteaux, des grattoirs, et enfin des éclats de forme arrondie que l'on devait saisir avec le pouce el l'index, la main fermée, pour ouvrir quelque chose.
à en juger par la disposilion des êclals sur une partie seulemenl. Je n'insisterai pas sur ces di\ers types bien connus des ethnographes et dont mes dessins donnent une idée fort exacte.
J'ai ramassé ces silex sur le sol, dans tout le trajet de mon itinéraire, mais plus particulièrement sur le rivage et sur les hauts plateaux.
Je dois ajouter qu'il m'eût été facile, si j'avais voulu ramasser les simples éclats qui avoisinaient des ateliers encore bien reconnaissables, de rapporter un chargement complet de pièces portant indubitablement la marque du travail de l'homme.
■ I-es tumuli {voir page 55) afTectent des formes ti'ès cui'ieuses. Ce sont des tas de pierres arrondis,
parfois entourés d'un cercle de grosses pierres ou bien d'une couronne emprisonnée elle-même dans un cercle de grosses pierres.
Il s'en trouve qui ont l'aspect d'un petit cratère, comme si la partie supérieure du tas avait été entraînée par une dépression du sol. Ou bien encore ce sont des cubes ou des troncs de pyramides gigantesques, massifs de petits cailloux emprisonnés par des parements de pierres beaucoup plus grosses.
Quelquefois ces tas de pierres affectent certaines dispositions bizarres. Ce sont comme des assises d'habitations.
D'autres sont de simples couronnes de pierres, avec ou sans pierre levée ù côté.
J'ai rencontré ces tumuli dans tout mon voyage; partout ils me sont apparus sous les mômes formes sans qu'il y ait, dans aucune des régions que j'ai visitées, plus ou moins de l'une ou de l'autre.
A Berguel cependant, sur les bords de l'Océan indien, près du cap Ali-Besquel, leur agencement a plus particulièrement attiré mon attention, et je reprends ici à dessein la description de leur emplacement.
Dans la grande arène qui court aux pieds des monts Gorali, entre Berguel et Binnah, auprès d'uu torrent qui se dcNcrse datis une lagune alimentée par ta mer (1), se développe un espace délimité par
(1) Je soulig^nc ces mots avec intention, comme quelques-uns de ceux qui vont suivre, pour les rapproclier plus bas du récit d'Arlémidorc.
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