Laneuville, op. cit
la hausse du change au delà de 12 d. en 1900 n'était donc pas justifiée, et la hausse des prix du café, basée sur la hausse du change, ne pouvait se maintenir. »
Malgré l'opinion de M. Laneuville, et la certitude qu'il avait que la hausse des prix du café en 1900, basée sur la hausse du change,ne pouvait se maintenir, les faits sont venus lui donner un démenti formel : non seulement le change a continué à progresser pour arriver à 16 d. o{ en moyenne en 1905 mais les prix se sont maintenus sous l'influence de la hausse du change semble-t-il, à des niveaux égaux à ceux de 1898-1899, quoique les récoltes des campagnes 1901-1902 et 1902-1903 aient considérablement dépassé celles de 1893-1898 et 1898-1899 (milliers de sacs: 16.145 en 1901-1902, 12.945 en 1902-1903 contre 11.210 en 1897-1898 et 9.320 en 1898- 1899). :
Pourquoi? Pour le change la hausse provenait nous l'avons vu, du Funding Loan qui, en autorisant d’une part le gouvernement à suspendre le paiement des intérêts de sa dette, réduisait d'autant ses besoins d'or et en demandant d'autre part l’incinération des billets, faisait renaître la confiance. Les planteurs, de leur côté, avaient pris certaines mesures pour limiter le développement des plantations et régulariser le commerce du café en éliminant de la vente les qualités inférieures. L'Etat de Saô-Paulo avait même voté en 1902 une loi frappant d’un droit prohibitif de deux contos par hec-
tare la plantation de nouveaux caféiers pendant une
période de cinq ans. Enfin l'annonce d’une aide gouvernementale publiée à grand fraças par les planteurs avait aussi eu une influence sur les cours. L'effet de ces causes amena une amélioration dans les prix, amélioration qui ne se maintint pas longtemps, la production croissant de jour en jour.
La hausse ou la baisse du change ne peuvent jamais avoir une longue influence sur la hausse ou la baisse du café, c’est l'offre et la demande qui, seules, règlent les prix dans les pays consommateurs. Si, pendant cinq ou six ans la baisse progressive du milreis a été favorable aux intérêts des producteurs de café, c’est que les prix s'étaient maintenus très haut sur les marchés consommateurs. La situation empira sitôt que des mouvements de baisse, provoqués par la surproduction, se manifestèrent sur ces marchés «Les fazendeiros devaient s’apercevoir et s’aperçurent en effet que leur croyance en la baisse du change, était par trop absolue et néfaste même, puisqu'elle les avait conduit à développer étrangement leurs exploitations et mené à la formidable récolte 1906-1907. Leur sort leur paraissant par trop précaire et misérable, ils appelèrent à leurs secours le gouvernement.