CHAPITRE IV
Caisse de Conversion
Les promoteurs du convenio deTaubaté avaient établi, mdépendamment des procédés préconisés pour réfréner la production et procurer un prix plus rémunérateur aux fazendeiros, un sytème propre à fixer le change à un certain taux par la formation d’une caisse de conversion créée à l’aide de l'emprunt de 15.000.000 de livres ster ling qui devait servir à la valorisation.
M. Milo Peçanha, président de l'État de Rio, avait en effet déclaré lors de la discussion du convenio que le résultat de l’emprunt serait de faire hausser le change et de détruire ainsi tous les avantages qu'on voulait procurer par ailleurs aux fazendeiros. Au change de 15 pence (février 1906) le sac de café valait au Havre de 47 à 48 francs et représente en papier 29 milreis 90. Qu'on fasse monter le café à 60 francs le sac, mais qu'en même temps l'emprunt fasse hausser le change à 20 d. etle sac mal-
gré la hausse ne représentera que 28 milreis 57 ; au change
de 24 pence il ne représentera plus que 23 milreis 80, c’est-à-dire que le planteur en tirera moins en papier qui est l'espèce en laquelle il paie les droits de sortie, les frais généraux, tarifs de transports, impôts, etc., qui eux restent les mêmes malgré les fluctuations du change. Le plan de valorisation était donc irréalisable et tout à fait inutile si le change continuait à être soumis à des variations brusques et constantes.
«On ne fera rien de bon, de stable, de sérieux, au Brésil, disait M. Martin de Sigueira tant qu'on ne rendra pas le change invariable, c’est son instabilité qui ruine l'agriculture, qui arrête l’essor de l’industrie et qui paralyse lecommerce. Les États caféiers vont faire un gros emprunt pour valoriser le café, mais ce sera un coup d'épée dans l’eau si le change des environs de 17 pence se met à atteindre 24 et même 27 pence. Pour protéger l’industrie contre la hausse du change à 16 et 17 pence on a augmenté les droits de douane, ce quiest un malheur. Mais une nouvelle hausse du change obligerait le Gouvernement à une nouvelle augmentation contrelaquelle il pourrait bien se produire des représailles.» Et M. Martin de Sigueira proposait de fixer le Laux à 15 pence, taux qui fut établi par la loi organisant la caisse de conversion. Pourquoi 15 d. plutôt que 12,17 où 6?1Il semble que l’on ait voulu prendre un moyen terme: contenter avec ce taux peu élevé les planteurs hypnotisés par l’idée que le change bas favorise l’agriculture et accepter une situation de fait
qu'ilserait plus facile de maintenir, le change ayant mani-