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CHAPITRE PREMIER

Historique du Change

Parmi les nombreuses richesses qu'il recèle, le Brésil compte les métaux précieux, notamment l’or ; la monnaie métallique aurait donc pu y être abondante. Mais de fort bonne heure, le gouvernement dut recourir, SOUS l'empire de nécessités politiques, aux émissions de billets inconvertibles et ceci est intéressant à noter puisque nous voyons ainsi les causes qui ont présidé à la naissance du papier monnaie. Lorsque le régent Dom Joao émigra du Portugal, il se trouva, à Rio-de-Janeiro, entouré de toute une foule de sujets militaires ou civils, qu'il fallait nourrir et entretenir avec pour uniques ressources (le Portugal ne pouvant lui fournir aucune aide pécuniaire) les revenus publics du Brésil, constitués en principe par les impôts douaniers de 24 0/0. Malheureusement ces impôts rendaient fort peu ; la plus grande partie du commerce s’effectuait avec l'Angleterre dont les

marchandises ne payaient que des droits de 15 0/0 ad va-

lorem : aussi fallut-il recourir aux expédients. Après avoir procédé à une refrappe à un pair différent des monnaies en cours, Dom Joao créa en 1808, sous le nom de Banque du Brésil, un établissement de crédit au capital de 1.200.000 milreis, qui devait fournir l’aide de son crédit au gouvernement, chaque fois que celui-ci en aurait besoin. Cette banque avait, en effet, entre autres privilèges celui du cours légal pour les billets émis par elle. Et Dom Joao usa largement de la faculté qu’il s'était réservée de faire des emprunts. Par suite, à mesure que les émissions de la banque augmentaient, son fonds métallique diminuait et devenait de plus en plus insuflisant à garantir la convertibilité des billets émis. En 1820, il y avait pour 8.566.450 milreis de billets en circulation. Aussi le bilan établi le 23 mars 1821 par le conseil d'administration, montra-t-il clairement l’état d’insolvabilité de l'établissement ; sa réserve métallique n’était que de 1.315.530 milreis, alors que les billets promissoires remboursables représentaient une somme de 8.872.450 milreis. Le capital de la Banque était à cette date de 2.268.000 milreis, son fonds de réserve de 206.506 milreis et la dette gouvernementale s'élevait à 4.799.415 milreis. Pour prévenir une panique Dom Joao promulgua le même jour, 23 mars 1821, un décret où il déclarait considérer comme dette nationale, les avances faites au gouvernement par la Banque, et pour renforcer la garantie de celle-ci mettait à sa disposition, la plus

grande partie des effets précieux et des joyaux de la

couronne. Toutefois, quatre mois plus tard {le 28 juillet) l'administration de cet établissement de crédit était autorisée à suspendre le paiement en or de ses billets promissoires.

Ainsi fut inauguré le régime du papier monnaie qui depuis n’a cessé d'exister au Brésil.

Jusqu’en 18/49, l’histoire financière du Brésil présente toute une suite de procédés plus ou moins arbitraires et artificiels pour lutter contre la débâcle, augmentée encore par les révoltes et les guerres civiles. L'étalon monétaire déjà altéré en 1833 par la réduction du pair de 67 d. 1/2 à 43 d. 1/5 fut de nouveau altéré une seconde fois en 1846 : de 43 d. 1/5 le pair du change fut réduit à 27 pence par milreis. À partir de cette année, le taux du change atteignit le pair, ce qu’on n’avait pas vu depuis l'indépendance et le dépassa même pendant une longue période.

Le Brésil venait en effet de modifier son système monétaire et était passé théoriquement à l’étalon or.

En vertu de la loi votée le 11 septembre 1846 le décret législatif du 30 septembre 1847 autorisa le gouvernement à frapper des monnaies d'or de 20 milreis et de 10 milreis et des monnais d'argent de 2milreis, de 1 milreis et de 500 reis ; le rapport légal entre l'or et l’argent était fixé à 1,15 5/8. Le pouvoir exécutif promulgua en conséquence le décret du 28 juillet 1849 qui établit le poids, le titre et la valeur de ces monnaies ainsi qu'il

suit : monnaie d’or de 20 milreis du poids de 5 oita-

RO de

vas (1) (17 gr.930) et de 10 milreis du poids de 2 1/2 oitavas : monnaies d'argent de 2 milreis du poids de 7 oltavas 8 grains (25 gr. 5) et de 1 milreis et de 500 reis avec poids proportionnel. Mais cette monnaie d’argent ne devait avoir force libératoire que jusqu'à concurrence de 20 milreis.

L'unité monétaire était le milreis or pesant 0.896 de fin.

De ce régime il ne reste actuellement que les noms des monnaies réelles ou des monnaies de compte : le milreis qui vaut 1.000 reis ou 2,85 au pair 27 et le conto de reis qui vaut 1.000 milreis ou 2.830 francs. Le Brésil a en effet complètement détruit son système monétaire ; les émissions de papier continuant à augmenter tandis que la production du métal diminuait.

Dans l’année qui suivit l’année 1864, époque où eut lieu une crise économique due à la faillite de la maison de banque Alves Souto et Ce et d’autres maisons de banque de Rio de Janeiro, l'augmentation du papier monnaie fut considérable par suite du cours forcé accordé aux billets convertibles émis par la banque du Brésil.

En 1864-1865 le montant total de la circulation fiduciaire du Brésil était de 100.6/9.035 milreis ; en 1868-1869 elle atteignit 163.224.767 milreis et213 milions 582.585milreis en 1885-1886. Ce moyen de régler les det

tes et d’équilibrerle budget était par trop facile : aussi les

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