‹ La Valorisation du Café et le Change BrésilienChapitre 8 sur 35 · Théry. Les Finances et le change au Brésil · texte numérisé non relu

Théry. Les Finances et le change au Brésil

francs par an — dettes extérieures et intérieures, garanties et intérèts, payables en or aux compagnies étrangères des chemins de fer, emprunt de l'Ouest de Minas, dépenses diplomatiques — et ces cent millions représentaient pour le Trésor national une charge d'autant plus lourde que le change était plus défavorable. Avec un change de 27 pence, ils valaient 35.335 contos ; 52.910 contos avec un change de 18 pence ; 79.365 contos avec un change de 12 pence; 05.238 contos avec un change de 10 ; 119.047 contos avec un change de 8 pence; et enfin 148.556 contos avec le change moyen de 1898, 7 d. 25.

Le Gouvernement en effet recevait, d'une part, le paiement de ses impôts en monnaie de papier, et ceux-ci étaient calculés d’après la valeur du milreis or, tandis qu'il devait régler toutes ses dépenses intérieures en se conformant au prix plus élevé résultant de la dépréciation de la monnaie nationale. D'autre part, il devait se procurer de l'or pour régler ses dépenses à l’étranger et cet or il ne l’acquérait qu'avec une extrême difficulté à cause de sa balance des comptes défavorable, le rapport entre ses paiements à effectuer au dehors, et le stock de monnaie d'or n'étant pas constant.

Mais grâce au Funding Loan le Gouvernement put sortir de ce mauvais pas. Le 15 juin de la même année fut conclu à Londres avec les banquiers Rodschild et fils l’accord dit : « du Funding loan », d'après lequel

les intérêts de la dette extérieure au Brésil, de la

“dette intérieure 4 1/2 or 1879. et des garanties de chemins de fer, étaient suspendues du 31 juillet 1898 au 30 juin 1901. En échange de leurs coupons non payés en argent, les porteurs devaient recevoir des titres où Frindings bonds, à intérêts de 5 0/0 émis graduellement pour ces paiements pendant la durée de l'accord jusqu'à concurrence de 10 millions de livres sterling et garantis par les revenus de la douane. L’amortissement de la dette extérieure fut en outre suspendu jusqu'au 30 juin 1911. Au 1°” janvier 1899 et au fur et à mesure de l'émission de titres de consolidation, le Gouvernement devait déposer dans les caisses de trois banques de Rio, réunies en trusts, l'équivalent desdits titres en papier monnaie au change de 18 d. et le papier monnaie équivalent aux titres émis du 1‘ juillet au 31décembre 1898 devait même être déposé pendant une période de trois ans à partir du 1°" janvier 1899, Ce papier monnaie devait, ou être détruit, ou, quand le change serait favorable, appliqué à l’achat de traites sur Londres en faveur des Rodschild.

Le résultat d’un tel accord ne se fit pas longtemps attendre, et de 5 d. 5/8 le change s'élevait à un taux moyen de 12 d. de 1900 à 1904. En même temps le Gouvernement prenait la responsabilité de tout le papier monnaie, et rachetait les émissions des banques qui montaient à la somme de 340. 714. 270 milreis

La confiance renaissait avec des mesures énergiques

prises, et le change remontait.

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Il suffit, en effet; que la croyance s’établisse que le Gouvernement fait des efforts soutenus et bien conçus, en vue d'améliorer une monnaie dépréciée, pour que celle-ci s'améliore effectivement. Du rer septembre 1898 au 31 mai 1903, le Gouvernement a brûlé au papier monnaie pour une valeur nominale de 113.018.619 milreis. Cette forte restriction de la circulation monétaire ne doit pas toutefois complètement laisser passer inaperçu le fait intéressant, que le Funding Loan avait déchargé le Gouvernement du paiement des coupons à l'extérieur et par conséquent diminué d'autant les sommes d'or dont le Gouvernement pouvait avoir besoin.

Il nous reste encore un facteur de baisse à examiner, c'est, avons-nous dit, la baisse des prix du café : au dire de certains journaux anglais même, elle serait la cause ‘unique de la baisse, du change brésilien ! Dans un rap- -port officiel du ministre des Finances établissant la valeur de la propriété territoriale au Brésil en 1897, on remarque que la moyenne annuelle de l’exportation était fixée à 6 millions de sacs de Go kilos. Cette moyenne de 360 millions de kilos nous servira de base pour calculer ce que la baisse du café combinée avec celle du change a fait perdre aux planteurs depuis 1894. D’après une statistique établie, par le Jornal do Commercio, on constate que les prix extrêmes du kilo de café à Santos ont été de 1.700 reis et 1.080 reis en 189f, soit, en moyenne, 1 fr. 50 en or,avec un change moyen annuel de 10 pence 09 par milreis.

Les 360 millions de kilos de café exportés représentaient alors 540.000.000 de francs d’or.

En 1895, les prix extrèmes du kilo. de café ont été

de 1.680 reis et 1.320 reis, soit en moyenne 1 fr. 57 en or avec un change de 9.92. La valeur du café exporté atteignait ainsi 576.000.000 francs en or.

En 1896, les prix extrêmes du café s’établissent à 1.550 reis et 970 reis, et le change moyen tombe à 9,06. Le kilo de café ne vaut plus que 1 fr. 20 en or, et la valeur de l'exportation 432 millions.

En 1897, les prix exirêmes du café s’abaissent à 1220 reis et 950 reis, et le change moyen à 5 p. 71; le kilo de café ne représente plus que o fr. 80 en or et l'exportation totale 288 millions.

En 1808, les prix extrêmes du café ont été de 900 reis et de 560 reis, avec un change moyen de 7,19 ce qui mettait la valeur du kilo de café à o fr. 6o en or et l'exportation totale à 216 millions.

Ainsi l’année 1897 se présentait avec un déficit de 288 millions par rapport à 1895, malgré une augmentation d'exportation de 30 millions.

Cette perte évidemment très sérieuse n'est pas la cause unique dela baisse du change ; les autres facteurs que nous avons examinés y ont contribué pour une large part eux aussi; toutefois il est indéniable que cet objet d'exportation le café doit avoir pour le budget fédéral une importance toute spéciale, puisque parmi les marchan-

dises de grande valeur, exportées en 1904-1905, le café

sur un total de 350.490.076 milreis or en 1904 et de 296.827.679 milreis or en 1905, entre pour 177 millions 480.617 milreis or en 1904 et pour 199.404.576 milreis en 1905 (1).

M. Prudente de Moraëès, président de la République, le constatait dans son message en 1898 en disant : « La baisse continue et progressive du prix du café a contribué fortement à priver le marché de valeurs réelles applicables aux paiements extérieurs augmentant la différence entre l'évaluation de notre monnaie et celle

de l'or.»

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