CHAPITRE II
Le Commerce du Café et le Brésil Part du Brésil dans la production. Consommation Influence du Cours du Change sur le Café
et du Cours du Café sur le Change
Le café, en effet, estla base fondamentale de la richesse du Brésil. Importé de Cayenne à Para en 1723 par le major Palheta, le café n’a commencé à prospérer au Brésil que lorsque le décret du 4 mai 1761 eut favorisé la culture en supprimant les droits d'exportation.
En 1790 il fut importé au Maranhaô puis à Rio de Janeiro par Jean Castello Branco, néà Para, chancelier à la Cour de Rio. Ce dernier apporta quelques pieds qui furent cultivés dans les jardins des Capucins et dans la maison de campagne de l'Anglais Hoppmann à Mataporcos. Ces pieds fournirent la graine des premiers essais de plantation faits à Resende et à Sad Gonsalo, d’où la
culture se propagea dans tous les districts de la Serra do
Mar de la province de Rio, puis dans les provinces de Saô Paulo, de Minas Géraes et de Bahia.
Les caféiers qui exigent une température toujours supérieure à 10 degrés, sans chaleur trop forte ou trop prolongée, ni humidité trop excessive, ont été la plupart du temps plantés sur l'emplacement d'anciennes forêts vierges abattues ou brülées. Les grains plantés sont élevés en pépinières, puis repiqués et quand les arbrisseaux atteignent une certaine hauteur on les taille. Ils ne portent de fruit que la quatrième année, et pendant trente ou quarante ans dans les terres fraîches et profondes, douze, quinze ans seulement sur les côteaux où le sol est léger et mal irrigué. Un caféier en plein rapport produit de 2 à 5 kilos de cerises au moment de la cueillette qui a lieu en juillet et en août.
Le Brésil n'a commencé à prendre de l'importance comme producteur de café que vers 1815. En 1800 l’exportation annuelle de Rio ne dépassait pas deux sacs ! Actuellement le Brésil occupe la première place sur le marché mondial. Mais c’est dans la province de Saô Paulo que la culture caféière a fait le plus de progrès, et les cafés qui en proviennent se nomment Santos du nom de leur port d'expédition. L'Etat de Saint-Paul produit à peu près la moitié du café du monde (le Brésil en produisant les trois quarts).
Le café est devenu au dire de certains députés brésiliens une denrée de première nécessité, et la consom-
mation du café dans le monde n’a cessé de s'accroître
avec une singulière régularité, en dépit des fluctuations de prix parfois considérables et brusques. Ainsi en 1886, d’après le rapporteur de la loi de valorisation, M. David Campista, ministre des Finances, la consommation était de 7.650.000 sacs ; en 1885 elle passe à 10.160.000 pour atteindre dans sa marche ascendante et sûre 14.250.000 SaCS EN 100, 15.590.000 En 1904 et17.508.000 en 1906-1907. En tête des pays consommateurs viennent les Etats-Unis et l'Allemagne, deux pays où le bien-être et la population ont augmenté beaucoup depuis quinze ans.
De 4.535.000 sacs en 1298, les Etats-Unis arrivent à 6.730.000 sacs en 1901 et à 7.040.000 sacs en 1906, suivant ainsi une progression arithmétique constante ; l’Allemagne, de 2.165.000 sacs en 1896, atteint 3 millions 850.000 sacs en 1906 : la marche y est considérablement plus lente.
La part de la France ressortait seulement en 1897 à 1.290.000 sacs, Mais les quantités de café importées en France ont continuellement progressé de 1895 à 1905.
De 1.205.000 sacs en 1895, l'importation passe à 1.430.000 sacs en 1902 et à 1.860.000 sacs en 1903. En 1904, un affaissement eut lieu, 1.270.000 sacs, pour remonter à 1.615.000 sacs en 1906. Bien que la France achète beaucoup de café, et possède un des plus grands marchés du monde : Le Havre, ce n’est pas elle qui consomme le plus. La France ne demande que 2 kgr. 20 par tête habitant, précédée de peu par l'Allemagne qui con-
somme 3 kilogs par an. La Hollande, en revanche con-
somme par tête 7 kgr. 5o par an. La Suède, la Norvège, la Belgique et le Danemark viennent ensuite, avec 4 kgr. 95 en moyenne par habitant.
Consommation et stocks visibles du café dans le monde depuis 1850 (1)
Années | Consommation | Stocks au 30 juin (en sacs) ; (en sacs)
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Malgré son développement toujours croissant la consommalion n'atteint pas la production. Etmême, depuis cinq années, l'excédent moyen annuel est d'environ