‹ La valse. Les départsChapitre 13 sur 14 · LA BRIQUE · texte numérisé non relu

LA BRIQUE

Banlieue d'Orléans. En été. Une heure du matin Le cirque ambulant dort, hommes et bêtes, sous son vaste champignon de toile grise. Seule, tout au bout des écuries, une petite flamme veille, une chandelle posée sur une table. Et là, dans un recoin tout encombré de ferrailles et de paquets de cordes, le directeur, botté, coiffé d'un vieux bonnet de police de lancier, parle bref à Jule* et à La Brique, ses bras droits.

le directeur. — Ainsi, c'est entendu?

Dans cinquante minutes, branle-bas. Réveil. La troupe sur pattes. Faut qu'à cinq heures, tout soit démonté, bouclé, la tente roulée, chargée, les voitures prêtes, et pas plus de crottin que sur mon lit ! Compris, Jules ?

jules. — Oui, patron.

le directeur. — Et toi aussi, Brique?

la rrique. — J'entends, ma vieille. Et où c'est-il que nous caravanons ?

le directeur. — Vers Neuville-aux-Bois.

la brique. — Je le pensais.

le directeur, à la Brique. — Tu ne manqueras pas de faire l'appel? Trompe et Squelette ont découché. Je le sais. Doivent être quelque part en ville, en bordée avec les artilleurs. Faut me les repêcher.

jules. — Je sais où.

le directeur. — Enfin, c'est bon ! Demain soir, ils seront mous comme des éponges pour les jeux aériens. Je vais te les ramoner au retour. Comment va Sultane?

la brique. — Elle a mangé son avoine.

le directeur. — Colibri? Sa prise de longe ?

POfR LA VILLE VOISINE 898

jules. — Une écorchure.

le directeur. — Les singes? La colique du petit?

jules. — J'y ai fichu de la magnésie.

LA brique, à Jules. — Comment que t'as fait? J'ai jamais pu, moi.

jules. — J'ai avalé devant lui, tiens! Alors, comme il imite tout ce que je fais...

le directeur. — Toi, La Brique, je te confie le perroquet-paon.

Page 1