‹ La variation et l'évolutionChapitre 17 sur 102 · MUTATIONS APPARUES CHEZ LES AUTRES ANIMAUX INVERTÉBRÉS · texte numérisé non relu

MUTATIONS APPARUES CHEZ LES AUTRES ANIMAUX INVERTÉBRÉS

SOMMAIRE. — Mutations chez ies Diptères : Piophila casei, Psychoda alternata, Sciara coprophila — Mutations de Coléoptères : Leptinotarsa decemlineata, Bruchus quadrimaculatus, Melanosoma scripta. — Mutations chez les Lépi-

. doptères : Pygaera anachoreta, Bombyx mori, Colias philo- - dice, Tephrosia bistortala. — Mutations chez les Orthop- .__ tères (Paralettix) et les Hyménoptères (Habrobracon brevicornis). — Mutations chez les Crustacés et les Mollusques

— Mutations chez les Protozoaires.

__ J’examinerai d’abord les mutations apparues chez - les Insectes. En raison de leur fécondité, de la rapidité

de leur développement, ces animaux, souvent faciles à … élever, peuvent être aisément obtenus en nombre __ assez considérable pour que l’on ait chance d’y

. observer des mutations.

Dans ie groupe des Diptères, les études ont surtout porté sur les Drosophiles. Cependant, PAINTER (1917) a vu apparaître dans la mouche du fromage,

Piophila casei, une mutation consistant dans une

. balloon de la Drosophile. Par croisement avec des . normaux, ces mutants donnèrent 196 normaux à la première génération, ce qui montre qué l’anomalie était récessive. La deuxième génération se composa de 312 normaux et 111 balloon, présenta donc une dissociation mendélienne suivant la proportion classique 3 : 1. :

Dans des élevages de Psychoda alternata, Diptère nématocère qui se développe rapidement, en 10 à 15 jours, sur les végétaux en putréfaction, TURNER . . (1923-1925) vit apparaître une mutation caractérisée . par des yeux blancs et des tubes de Malpighi non | pigmentés. Je noterai, à cette occasion, que j'ai … de même observé, au cours de dissections, que les tubes de Malpighi sont incolores dans les Drosophiles à yeux blancs ; il y a là, semble-t-il, un symptôme d'un changement de métabolisme qui est probablement en rapport avec l’absence de pigmentation des Jeux. MErz (1927) a rencontré une mutation aile tronquée, apparue dans un élevage de Sciara copro . phila. .

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Il convient de faire une place à part aux belle - recherches de Tower (1906) sur la mutation d'un , - Coléoptèré, parasite de la pomme de terre, Lepti-

- notarsa decemlineata. De 1896 à 1904, l’auteur réalisa

- des expériences de sélection, en prenant toujours

- comme reproducteurs, à chaque génération, les indi- - vidus qui présentaient, au degré extrême, le caractère \ considéré ; il pensait ainsi montrer, expérimentale-

. ment, que les espèces naissent par modifications

progressives et se trouvent, ensuite, séparées par

l’extinction des formes intermédiaires. Ces expériences

demeurèrent sans résultat; par contre, Tower observa, dans les animaux récoltés dans la nature, un certain nombre de formes exceptionnelles qui représentaient des mutations. Sur 207891 individus,

de provenances diverses (Massachusetts, Long Island,

Pensylvania, Ohio, Illinois, Texas, Maryland), il trouva 118 mutants, soit une proportion de 1 pour 1761. Toutefois, les individus provenant de Maryland ayant donné l'énorme proportion de 82 mutants sur 11792, il convient de mettre ce lot à part. Les autres groupes offrent alors une proportion de 56 sports sur 196099 individus, soit 1 pour 5447.

Ces mutations (fig. 17), trouvées dans la nature, ont apparu, à nouveau, dans les élevages; leur fréquence moyenne d'apparition, au cours des années

1894 à 1904, a été de 1 mutant sur 6000. Tower a obtenu 31 melanicum, 1 albida, 3 tortuosa, 2 minuta,

2 immaculothorax, 63 pallida, 1 rubrivittata, 1 defectopunctata, À obscurata. La plupart de ces types avaient été trouvés dans la nature.

Ces mutants sont devenus le point de départ de races nouvelles. C’est ainsi que le croisement, entre

eux, des pallida donna, en 6 générations, 1354 indi-

. vidus, tous pallida. Les croisements avec le type suivirent les lois mendéliennes ; Ia première génération . fut uniquement formée de decemlineata, ce qui montre . . que la forme sauvage est dominante, Les hybrides se dissocièrent, à la 2€ génération, en 109 decemlineata

et 30 pallida, soit suivant la proportion de 3 : 1. Les

pallida; ressortis à cette deuxième génération, furent à nouveau croisés entre eux et redonnèrent une lignée pallida pure, suivie pendant 6 générations. Quant aux decemlineata F;, ils se montrèrent formés d’un mélange de dominants homozygotes et d’hétérozygotes, Ces

Fin 11 à, Lepüinotarsa decemlineata ; b. mutant {ortuosa ; c, mutant pallida; d, mutant dejectopunctata (d’après Tower.) : a

dérniers se dissocièrént régulièrement et donnèrent, en F,, 183 decemlineata pour 50 pallida. TOWER suivit, pendant plusieurs générations, cette disjonction mendélienne dés hybrides et vérifia, chaque fois, la pureté génétique des pallida, réapparus dans la descendance, Il constata, de plus, que les pallida

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