chapitre qui vient de s'ouvrir, dans l’étude de la
variation héréditaire, légitime de vastes espoirs. En examinant les caractéristiques des mutations, leur mode d'apparition, nous nous efforcerons de préciser leur nature, leur déterminisme et, par contre-coup, d'arriver à une conception plus adéquate de la nature
des gènes qui en sont le siège, de ces gènes ou facteurs .
dont la véritable signification a été si souvent mal comprise et qui nous apparaissent, non comme des déterminants, mais comme de simples modificateurs, intervenant au cours des processus ontogénétiques.
N'ayant rencontré sur notre route que des variations germinales discontinues, mutations factorielles et mutations chromosomiques, nous serons amenés à nous demander si l’on retrouve, dans la nature orga-
. nisée, la trace de cette discontinuité des origines. Or, :
l'étude de la variabilité dans la nature semble révéler une parfaite continuité des formes, non seulement dans l’intérieur d’une même espèce linnéenne, mais souvent aussi entre espèces voisines. C'est cette continuité apparenté de la variation qui a été le
point de départ de toutes les théories classiques de
l’évolution. Cependant, lorsqu'on soumet cette varia-
bilité à une rigoureuse analyse mathématique et, surtout, lorsqu'on quitte le terrain de la seule obser-
vation pour appliquer aux variants la méthode de la
sélection expérimentale, on ne tarde pas à s’aperce-
voir que, derrière la continuité apparente des types,
se cache une réelle discontinuilé. Les espèces sont, en
réalité, des groupements artificiels d'unités, les géno-
types ou espèces élémentaires, qui sont les seules … me