XIV! AVANT-PROPOS
7 entités biologiques. Ces génotypes présentent des caractères qui permettent de les identifier avec les lignées nouvelles apparues sous nos yeux, par muta-
tions. Nous retrouvons partout la même discontinuité
fondamentale, dans la naissance des formes aussi
bien que dans la composition du monde organisé.
Pour ne négliger aucune source d’information sur la genèse des variations héréditaires, j’examinerai dans un second volume les points de vue anciens, théories de LamaARrcx et de DARWIN, et les faits dans lesquels on a cru trouver une confirmation de ces : = représentations théoriques du mécanisme de l’évo- lution. Sous réserve de quelques cas particuliers dont — Ja signification exacte n'apparaît pas encore, cet examen se soldera par la négative. Personne n’a
encore apporté une preuve correcte de l’hérédité des caractères acquis, prise dans son acception réelle d'influence inductrice du soma sur le germen, seule en harmonie avec l’idée d’une évolution lenteetcontinue. La question de l'atteinte directe du germen par les - x facteurs externes est, en effet, un tout autre problème qui rentre dans le cadre général de l’étude des mutations. D'autre part, l’ensemble des expériences méthodiques de sélection montre que la variabilité sur laquelle DARWIN avait basé sa théorie est, en général. formée de variations somatiques, non - héréditaires et, par suite, sans valeur évolutive. Ainsi, les deux théories se rejoignent dans une même erreur initiale.
Une fois connu le matériel de faits concernant les
variations héréditaires — c’est-à-dire avant tout
le: mutations, dont la valeur évolutive n’est pas dis à cutable — je chercherai à en tirer une explication 2 aussi complète que possible du mécanisme de l’évo-
lution. Le but n’est pas ici de construire une de ces “grandes théories qui ont fait les délices des générations précédentes. La précision des faits rogne robe ÊL - souvent les ailes de l'imagination. Je chercherai
simplement à faire une œuvre scientifique ; une telle = À entreprise ne se réalise œue lentement, par approxi= en. mations successives. Personne ne saurait préténdre =
ss le du mécanisme de l’évolution soit. A
ismes. Toutefois, puisque nous ne disposons guère, à +604 L Dipnre actuelle, our expliquer cette transformation, ee P ES 2
j'estime que € est sur ce matériel de faits que nous evons, avant tout, nous appuyer, en nous efforçant : d en extraire tout ce sh il peut PRE de lumière
éditaires. é Ces difficultés apparaîtront surtout, lorsque nous onfronterons ce premier essai explicatif avec les
ous conduit à nous représenter les transformations êtres vivants comme résultant de variations
documents te anbléne ad É e évolution continue, suivant des directions
nnaissances se Détente en matière de variations héréditaires, moins elles semblent pouvoir s'appliuer à l’évolution, telle qu’elle paraît s’être réalisée. nversement, les théories qui expliquaient le mieux. l'évolution ore s’écr oulent RME
qu’ une illusion ou l’évolution se fait- elle suivant ee sieurs processus jé Sommes- -nous en présence d’ une
unes, arrivés à leur phase d’épanouissement, raient manifesté d’autres possibilités évolutives e nous ignorons encore ? A côté des mutations
y ä-t-il des moments où ces Hitations : se produisent dans certaines directions privilégiées et relèvent peut-être d'un autre mécanisme ? Il est difficile de
répondre avec précision à ces questions mais ce qui 7 c'est nous connaissons depuis trop
ent à une très Érande. part des phénomènes de nsformation, Rae Ki es êtres vivants. - à
Ÿ ie cuit ad hr dd did
tt © AVANT-PROPOS : XXVIL
leurs adaptations, d’une série de hasards plus ou moins heureux, soumis à l’influence de la sélection,
représente une conception qui n’est pas sans grandeur
au point de vue philosophique. C’est à coup sûr la plus « mécaniste », la plus dépourvue de finalisme de toutes les théories de l’évolution. Mais si cette théorie,
basée sur les faits, explique admirablement les trans-
formations régressives où commutatives, comment baser sur une variabilité, ne dépendant que du hasard, la production d'organes fonctionnels nouveaux, la genèse d’un œil, d’un cerveau et peut-être l'établissement de ces coaptations sur lesquelles CuÉNoT a justement attiré l'attention ? En examinant ce problème, nous saisirons l’insuffisance appa-
rente d’une conception qui ne ferait entrer en jeu que des variations factorielles, spontanées, simples . accidents réalisés par hasard.
Toutefois, il ne faut pas oublier que les gènes, siège des mutations, ne font que modifier le fonctionnement du cytoplasme de l’œuf qui reste le réalisateur
des structures embryonnaires. C’est dans le domaine
des phénomènes de détermination, qui se passent
en lui, que git le mystère des corrélations, des adaptations, des réalisations fonctionnelles et, sans doute, de la genèse des structures véritablement nouvelles.
Malheureusement, si nous commençons à entrevoir
les étapes et, dans une certaine mesure; le mécanisme
de la détermination morphogénétique, il faut reconnaître que nous ne savons absolument rien des varia-
tions constitutionnelles durables, dont le cytoplasme peut être le siège, et du rôle que de telles transfor-
mations ont pu jouer dans l’évolution, Nous nous
ns, vis-à-vis de ce problè , exactement dans me se que celle où Tous étions, avant es 5
ion ne no bois mais des formes © organisées {1).
Wimereux, seplembre 1928.
La plupart des dessins qui illustrent cet ouvragesont as au talent du Dr A. NAviLze à qui je suis heureux S d'exprimer ma gratitude; je remercie aussi le Professeur CEE. MorGan qui a bien voulu m° fautoriser à reproduire 7