‹ La variation et l'évolutionChapitre 5 sur 102 · É “MUTATION. ET PATRIMOINE. HÉRÉDITAIRE É · texte numérisé non relu

É “MUTATION. ET PATRIMOINE. HÉRÉDITAIRE É

Pose, les altérations de ce que nous appelons, arbitrairement peut-être, des types spécifiques, les monstruosités, en un mot, qu’elles soient passagères et purement individuelles ou qu’elles donnent lieu à de nouvelles races durables: et uniformes dans un nombre illimité d'individus, se produisent brusquement et sans qu il y ait jamais de formes transitoires entre elles et la forme normale. Une race nouvelle

naît toute formée, et le premier individu. qui la repré-

sente est déjà tel qu’elle se montrera dans les générations suivantes, si les circonstances permettent. qu'elle se conserve. De nouvelles modifications peuvent s'ajouter à la première et subdiviser la race principale en races secondaires, mais elles se produisent avec la même soudaineté que la première... ». . Maintenu par ses expériences de cultures et de croisements au contact de la réalité, NAUDIN voyait infiniment plus juste que tant de naturalistes philosophes qui se sont faits, depuis, les défenseurs des théories classiques de l’évolution.

Une énorme documentation sur la variation dis- - continue a été rassemblée par BATESoN (1894) dans Son livre Materials for the Study of Variation. Cet ouvrage n’exerça pas, cependant, toute l'influence qu'il aurait dû avoir, ce qui tient sans doute à la part, extrêmement faible, réservée par son auteur aux considérations théoriques. Ce n’est que dans la partie introductive que BATESON, constatant que les formes de la vie sont discontinues, tandis que les facteurs

externes, supposés les avoir produites, sont continus dans leurs degrés, se demande si cette discontinuité

des êtres n’aurait pas son principe dans les organismes

Guxénor. — La Variation. PR

ETS re

Li continues. et c'est À ces é . que a so.

nd à a l'origine des espèces nouvelles

“nl boat à son appui une foule de faits expérim taux, concernant l'apparition et la transmission hér ditaire de types nouveaux. Bien accueillie par quel-

-ques-uns, Ja théorie de DE VRIES rencontra, chez

- + pouvaient, en effet, 1 éuléite de expérience contre la toute puissance des théories traditionnelles ?

A vrai dire, même en laissant de côté les lois de la mutation, formulées par le botaniste hollandais, et dont -il ne reste plus grand chose, les faits eux-mêmes se

.montraient discurables ; beaucoup des formes nou-

ernières années que le cas des Œnothères a été à. | cu a éclairei : nous nous rendons compte a ë

+ 2e # #e je Pr <

ee,

de. gènes raient comme une conséquence x luctablé des différences factorielles qui caracté-

stables pour que la démonstration fût complète.

&an et de $es collaborateurs, sur la Drosophile, qui - spportèrent, à partir de 1910, et avec une richesse de - formes nouvelles que les plus exigeants n’auraient - osé imaginer, la preuve que des centaines de races

mutation.

observations plus anciennes, dont nous comprenons l'immense généralité de ce processus de variation. le mécanisme même deil’hérédité.

dité, je me contenterai, ici, de faire appel aux no-

lisé dans le noyau des cellules, est formé de particules,

les gènes où facteurs, ayant toutes une constitution #

- caractéristique, pouvant être séparées ou recombinées,

“risent les races animales et végétales. Encore fallait-il que l’on voie de telles mutations apparaître dans les élevages ét donner naissatice à de nouvelles races

Tower (1906) en avait rapporté plusieurs exemples, mais ce furent surtout les recherches de Th. H. Mor- …

mieux aujourd'hui la véritable portée, montrent

Ayant consacré un autre ouvrage à l'étude de l’héré-

1 tions qui se ‘rattachent directement à la naissance des 3 riations. Le patrimoine héréditaire factoriel, loca- ie =

CRIMOI NE | HÉRÉDITAIRE A

- peuvent prendre naissance, dans un organisme, par

k Depuis, le nombre des mutations signalées augmente sans cesse ; les observations nouvelles, faites : dans les élevages et les cultures, aussi bien que les

ayant, par conséquent, une existence en tant que parties élémentaires. Un même gène intervient simul- | tanément dans plusieurs processus du développés ke

Le moment est venu de préciser ses relations avec …

lire

somme de ceux qui ohne à orienter fs processus re du HSE dans une direction etla somme >

Si

gonistes qui exercent une action sur le processus do ces su ticularités sont l’ expression Re

. mentation de l’œil d’un insecte. Les uns agiront sur les

phénomènes métaboliques dont résultent les diver pigments, d’autres sur la production de diastase transformant en pigment les matières chromogènes. Des, d’autres, enfin, sur la ee a

PATRIMOINE HÉRÉDITAIRE it

Tant que < ces + de de pigmentation oculaire se trouvent dans l’état qui les caractérise dans la forme dite sauvage, ils conditionnent des processus physiologiques aboutissant, par exemple, à une pigmentation rouge de l'œil. Mais, si l’un de ces facteurs

À subit une mutation, c’est-à-dire change brusquement de constitution et devient à, l'équilibre entre e les gènes se trouvera modifié; certains pigments ne se produiront pas où n’apparaîtront que lorsque

l'œil aura déjà achevé son développement, si bien

* que le résultat sera la réalisation d’un œil orange, par sxemple: |

- Dès qu’une différence ride, telle que celle qui

| existe entre À et a, a pris naissance par mutation, il est possible d’en faire l'analyse génétique et l’on

- constate que le nouveau couple factoriel | Le aux lois de l’hérédité mendélienne. Si, en effet, on -croise la race ancienne AA et la nouvelle race de mutants aa, on obtient des hybrides de constitution

Aa. Généralement, de ces deux facteurs antagonistes, l'un seulement manifeste son action dans l’hybride,

est dominant (A), tandis que l’autre, à activité neu-

tralisée, est dit récessif ou latent (a). Mais, dès que ces

hybrides se reproduisent entre eux, les particules A et a se disjoignent dans leurs cellules reproductrices “ ou-gamètes. Ceux-ci sont de constitution pure À ou à. Par le jeu de la fécondation, il y a production, à late deuxième génération, d'individus À A et aa de constitution homogène (homozygotes), qui reproduisent les Ë types parentaux, et d’individus pyseees (hétéro. zygotes), de formule Aa.

… Si, dans la série de ES envisagée précédemment,

$ re Le ST pi + LE ä À re

< . autre, tel que D, vient à subir à son tour une muta- | tion, lui donnant la constitution d, l'équilibre Sera. 4 modifié dans un autre sens et aboutira à la production d’un œil vermillon, où rose, ou blanc, suivant. le facteur affecté par la mutation. D'autre part, un même facteur, tel que Æ, peut être l’objet de toute une série de mutations différentes, lui donnant les constitutions el,ez,eï, etc. ; ces -mutaUonst allélo- - morphes mulliples pourroht agir elles aussi, à divers degrés, sur la coloration des yeux.

= Ce qu’il importe de bien saisir, c’est que les gènes ne” nous sont connaissables que dans la mesure où ils ont subi des mutations,permettant d’opposer, deux à deux, les constitutions différentes d’une même particule . génétique. Que l’on suppose une espèce renfermant ms. des milliers de facteurs dans le noyau de ses cellules, mais dont tous les individus posséderaient exacte- ment les mêmes gènes; aucune analyse du patrimoine, héréditaire de cette espèce ne serait possible. Par - contre, dès qu'’ungène a été muté, l’individujqui le ren ferme peut être croisé avec la forme souche, et ce

- croisement permet de mettre en évidence une diffé rence factorielle qui obéit, dans son comportement génétique, aux lois de l’hérédité mendélienne. Dire.

que nous connaissons, dans une espèce, 12 races men-

: déliennes, c’est dire qu'au moins 12 différences fac- torielles, par suite 12 gènes, ont pu être reconnus . dans cet organisme (1). On comprendra l'extraordinaire

intérêt qui s'attache au cas de la Drosophile, quand

; a) Sauf dans le cas où plusieurs races corréspondraient à . dés états allélomorphes multiples d’un même gène.

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