AE VARIATION E
Bus Res Le double mutant entree a deux chromosomes surnuméraires dont l'un est petit, comme celui de slender, et l’autre de grande taille, comme celui de crenale. De même, le double triso- 4 mique large-crenate a un grand (type crenate) et un « petit (type large) chromosomes supplémentaires. Tous ces faits sont conformes à la notion de l’individualité des chromosomes supplémentaires, caracté- - ristiques de chaque trisomique.
En raison de leur plus grande fréquence dans la descendance des normaux, Frosr (1927) estime que les mutants smooth, crenate, narrow et dark doivent représehter des mutants primaires.
Le mutant small-smooth paraît coriespondre à un cas spécial (LasLey et Frosr, 1928). Le chromosome supplémentaire que renferment ses cellules est, en « effet, très petit, plus petit qu'aucun de ceux de la. plante normale. Il doit résulter d’un processus de ë fragmentation, anomalie qui, nous l'avons vu, est = fréquente dans la réduction HOME de Matthiola incana.
# Un mutant trisomique a été observé dans Nico-
liana tabacum par CLAUSEN et GoopsPpEED (1924). Ce mutant, appelé enlarged, en raison de la grande taille 4 deses fleurs, produisit, par autofécondation, 41 p. 100 . d’enlarged et 59 p. 100 de normaux. Les croisements montrèrent que le type nouveau n'était transmis que par 3,4 p. 100 des grains de pollen et par 33,5 p. 100 * des ovules. L'examen cytologique montra que ce À mutant était pourvu d’un chromosome supplémen- |
LES. MUTATIONS POLYSOMIQUES
aire. e eut, dans sa descéndance, un mutant tétra- - somique qui étaic d’un type super-enlarged.
Un autre cas de trisomie a été signalé dans la
° tomate, Lycopersicum esculentum, par LesLeY (1926).
L'auteur, ayant eu” deux plantes triploïdes de la
- variété « aristocrate naine », croisa l’une d'elles avec
une autre race «globe». En plus des types habi-.
tuels, la descendance comprit trois plantes anor- males dont deux, examinées cytoiogiquement, mon-
trèrent 26 chromosomes au lieu de 24, étaient donc - tétrasomiques. L'une d'elles, par autofécondation, produsit une descendance formée de 41 plantes - dont 3 étaient des trisomiques simples. L'analyse . factorielle a permis d'établir que le chromosome sup- 3 plémentaire de ces mutants était celur qui porte les - facteurs allélomorphes du couple faille normale :
- nanisme
Avant d'examiner les faits comparables qui ont été rencontrés dans le règne animal, il convient de - faire le bilan des données recueillies dans le monde . végétal. Il est hors de doute qu’il existe des trisomiques simples, caractérisés par un chromosome - supplémentaire, apparaissant sporadiquement par non disjonction ou, au contraire, régulièrement si
l’un des parents est triploïde, grâce aux irrégularités … de ségrégation des chromosomes, inhérentes à la triploïdie. Dans certains cas, au moins, l’individualité du chromosome supplémentaire a pu être établie à la fois par l’examen cytologique ét par l’analyse
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génétique des facteurs qu’il contient (Datura, Luycopersicum). Nous trouvons là une nouvelle preuve de l’individualité des chromosomes, si bien que l’idée de concevoir autant de trisomiques simples que l’organisme renferme de sortes de chromosomes paraît parfaitement logique. Il en est de même pour les M tétrasomiques et les doubles trisomiques. î
Beaucoup plus incertaine est la nature exacte des.
trisomiques secondaires et tertiaires. J’ai indiqué les hypothèses très ingénieuses, et en partie confirmées par certaines observations, que BLAKESLEE a formulées au sujet de ces mutants, chez Daitura stramonium. Ce sont des vues inréressantes, bien cohérentes et qui seront peut-être, un jour, confirmées d’une manière plus étendue. Par contre, les groupements faits pour les mutants trisomiques des Œnothères paraissent entièrement fantaisistes : ils n’ont d’autre base qu’une extension, au cas de ces organismes, des hypothèses, encore fragiles, édifiées 4 sur l’étude soigneuse des Datura. = 2 Il convient d’ailleurs de faire une remarque génévale sur la nature des mutants polysomiques. Jamais N le type nouveau ne correspond à la présence où à ” l’absence d’un caractère principal, comme cela est « si souvent le cas dans les mutations factorielles. # Chaque mutant a un port particulier, diffère de la plante type et des autres mutants trisomiques par une foule de particularités, telles que les caractères M des feuilles, des fleurs, des fruits, la couleur, la pilo- «
# sité, la croissance, l’époque de floraison, la vitalité, etc. # En présence de semblables variations générales,
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> on peut envisager deux interprétations. Le chromo- . some supplémentaire renferme certainement de nombreux gènes intervenant dans les processus les plus divers du développement et l’on peut supposer que le fait, pour l'organisme, d’avoir 3 fois ces gènes dans ses cellules et non 2 fois, est la seule cause des variations morpholosoïques et physiologiques observées. La variation se ramènerait à la somme des actions exercées par ces gènes triples. Cette conception paraît correspondre à la pensée de BLAKESLEE qui admet implicitement que si un mutant a des capsules plus grandes, plus rondes, des feuilles plus larges, c'est que le chromosome supplémentaire contient des facteurs, agissant précisément sur la taille, la forme des fruits, la taille des feuiiles, etc... C’est en se guidant sur ce principe qu'il lui a été possible de rattacher un mutant secondaire donné à tel ou tel trisomique primaire.
Il reste cependant très douteux que l’état triple d’un gène doive nécessairement renforcer son action sur le développement. Il ne semble pas que les Poinsetlia trois fois «pourpre», PPP, aient été plus colorés que les Datura pourpre diploïdes. D'autre part, les mutants polysomiques sont toujours moins vigoureux que la plante normale, Les tétrasomiques sont encore plus faibles, moins viables que les trisomiques. Ainsi, le mutant large de WMatthiola est encore relativement vigoureux : le large tétrasomique n’est nullement un large exagéré, mais une plante petite, tardive, à feuilles rares et tordues sur elles-mêmes, encore plus faible que le trisomique correspondant.