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Meurthe-et-Moselle,
{Meuse
C’est en mai 1870 que la variole se répandit dans Metz et le département de la Moselle ; on voulut juguler aussitôt la maladie au moyen des revaccinations ; civilset militaires y furentsoumiset les résultats semblaient favorables et la maladie devoir disparaître quand, en automne, favorisée par toutes ces circonstances défectueuses qui constituent la misère
physiologique, Pépidémie reprit de plus belle et exerça de terribles ravages ; les hôpitaux regorgeaient de malades et devenaient insuffisants ; pour isoler les varioleux, on dut avoir recours à la Manufacture des tabacs et même à des maisons particulières. Plus de 500 soldats furent atteints, sur lesquels 176 succombèrent.
L'élément civil paya le plus lourd tribut à la contagion ; à l'hôpital de Bonsecours, on reçut 223 varioleux sur lesquels 59 moururent. Comme complications, les médecins eurent souvent à constater la pneumonie et la fièvre typhoïde ; la forme la plus grave de la maladie, la forme hémorrhagique ou petite vérole noire causa la plupart des décès ; un grand nombre de malades étaient pris de fièvre, de rachialgie et s’alitaient ; deux ou trois jours après, leur corps se couvrait de larges plaques bleu-violacées, de pétéchies souvent sans pustules, les hémorrhagies pulmopaires et les entérorrhagies survenaient et les malades succombaient rapidement. Au mois de mars 1871, l'épidémie cessa rapidement après avoir terrorisé les TION pendant dix longs mois.
Dans le département de la Meurthe, la variole éclate en même temps que dans les départements voisins. En présence des progrès de la contagion, le docteur Edm. Simonin s’adressa à Padministration pour que des baraquements pareils aux loges du moyen-àge fussent établis en dehors de Nancy ; de cette façon, on aurait pu isoler les contagieux et diminuer, sinon arrêter, les ravages du fléau ; ladministration ne crut pas devoir obtempérer au désir du docteur Edm. Simonin, à cause... de la dépense qu'entraînerait cet établissement,
Le docteur Marchal constata que sur 114 malades obser-
vés par lui, 72 présentaient des cicatrices de vraie vaccine, qu'en outre les malades étaient d'autant plus gravement atteints qu'ils étaient plus éloignés de l’époque où ils avaient été vaccinés, d’où la conclusion que l’action préservative de la vaccine vis-à-vis de la variole n’est que temporaire et qu'il faut par conséquent revacciner.
Le docteur Eby signale en outre que sur 19 morts de la variole par lui constatés, aucun n'avait été revacciné. Le docteur Mathieu ne signale aucun décès chez des personnes âgées de moins de 15 ans. Le docteur Mangin rapporte un certain nombre de cas de variole hémorrhagique, tous mortels. « L'année 1869-70, dit le docteur Grandjean, a été marquée par une épidémie très étendue et très grave de variole. Quoique parmi les individus atteints un très grand nombre aient été revaccinés antérieurement et, en apparence, avec succès, J'ai la conviction :
« 1° Que la proportion des cas graves a été plus considérables chez les individus ayant échappé à toute vaccination ou chez ceux qui l'avaient été sans succès.
« 20 Que la vaccination et larevaccination sont les moyens assurés d’arrêter dans sa marche une épidémie de variole lorsque les opérations sont pratiquées à temps et sur une vaste échelle. J’aflirme, ajoute le docteur Grandjean, que je n’ai observé aucun cas de variole chez les individus revaccinés par moi de bras à bras assez à temps pendant le cours de l’épidémie et même chez ceux qui s'étaient soumis à la revacciration depuis plusieu’s années. »
Nous devons signaler aussi une petite épidémie survenue en 1872 dans la circonscription de Gerbéviller ; 18 hommes et 8 femmes furent atteints, ? hommes et 2 femmes suc-
combèrent ; les vaccinations et revaccinations en arrêtèrent immédiatement la marche.
En 1891, une épidémie assez grave éclate à Saint-Nicolas (Meurthe-et-Moselle) pour de là rayonner dans les villages voisins ; les statistiques portent 795 cas dont 25 mortels ; la seule ville de Saint-Nicolas, foyer et point de départ de l'épidémie, nous offre 725 varioleux avee 21 morts.
D'après le docteur Marchal, l'épidémie fut grave parce qu'auparavant l’influenza avait régné et détérioré passablement les économies; le terrain était tout prêt pour ètre ensemencé; la classe panvre fut tout d’abord frappée et le plus gravement ; la forme confluente ne fut pas rare ; chez les femmes enceintes, il y eut 4 cas d’avortement; d'un autre côté les autorités locales, dit le docteur Poincaré, ne firent absolument rien pour enrayer le mal, voici d’ailleurs ses propres paroles : « Cette épidémie a dû son caractère de grande persistance à l’ineptie et à l’entètement presque cynique du maire de cette commune. Il s’est montré d’un fatalisme et d’une inertie qui ont bien dû réjouir Mahomet dans sa retraite céleste. [la appliqué dans toute leur pureté à l’économie de la société humaine les théories économiques du laisser-faire et il s’est montré bien décidé à laisser la lutte s’étcindre elle-même, par l'épuisement de ses aliments.
« Les objurgations des médecins de la ville, Les prescriptions du médecin des épidémies, celles d’une commission spécialement envoyée par M. le préfet, tout cela est resté lettre morte devant le sourire béat de ce fonctionnaire inémouvable. On se serait cru au milieu des territoires indiens ou soudanais où le conquérant laisse, avec une indolence
cruelle, à l'alcool ou à la maladie, le soin de l'extinction des races autochtones, »
En 1592, le nombre des cas de variole fut encore assez considérable en Meurthe-et-Moselle, 167 cas avec 14 décès. L'arrondissement de Toul fut particulièrement frappé, 93 cas et 12 décès. Dans l'arrondissement de Nancy, 63 cas, aucun décès ; dans l'arrondissement de Lunéville, 11 cas et 2 décès ; aucun cas dans l'arrondissement de Briey. Cette épidémie est d’ailleurs le contre-coup de celle de Saint-Nicolas ; le développement de l'épidémie est absolument imputable aux malades eux-mêmes qui, malgré l’avis des médecins, allèrent, aussitôt valides, porter la maladie chez leurs amis et connaissances.
Le point de départ de cette épidémie fut Saint-Nicolas qui, l’année précédente, avait été décimé par la variole ; ainsi à Chaimpenoux la maladie fut nettement apportée de Saint-Nicolas ; le docteur Hally pratiqua des vaccinations en masse à Champenoux même et dans les communes voisines ; les mesures d'isolement et de désinfection jointes aux revaccinations eurent facilement raison du fléau. À ce propos, le docteur Hally remarqua que bon nombre des personnes qui avaient été revaccinées alors que la variole couvait chez elles ne présentèrent qu’une forme absolument discrète et bénigne de la maladie.
En 1893, l’épidémie avait à peu près disparu ; dans la circonscription de Toul, on note encore 14 cas et dans celle de Saint-Nicolas, 5 cas seulement : ce sont là les derniers coups de l'épidémie si sérieuse de 1891 et 1892. Pour tout le département, on note 32 cas et à décès ; grâce aux revaccinations opérées surtout par les docteurs Grandjean et Leclère, on n’eut pas d’autres décès à déplorer,
le
En 1894, la variole nous épargne ; le docteur Sprauel signale cependant à Rosières-aux-Salines une épidémie de varioloïde sur de jeunes enfants presque tous vaccinés dans le courant de l’année. Un décès.
En 1895, aucun cas de variole mais une petite épidémie de varioloïde (15 cas) est observée à Saint-Nicolas par le docteur Marchal.
En 1896, la variole est encore rare, un cas seulement, non mortel, à Mamey, chez un nourrisson.
Signalons aussi une petite épidémie de varioloïde dans la circonscription de Pont-Saint-Vincent ; 5 cas à Pont- Saint-Vincent, 14 cas à Ludres, 3 cas à Bainville-sur- Madon.
En 1897.et 1898, nous n'avons rien de particulier à signaler, quelques rares cas de varioloïde absolument bénins.
Dans le département de la Meuse, nous avons à enregistrer depuis 1870 quelques épidémies de variole assez meartrières ; l'arrondissement de Commerey fut particulièrement éprouvé, puisque, dans les 5 années qui vont de 1878 à 1882, cet arrondissement eut 230 variolés sur lesquels T4 succombèrent. En 1893, une petite épidémie éclata à Bar-le-Duc ; elle y fut importée, dit le docteur Ficatier, par des terrassiers travaillant à Revigny, à la ligne stratégique. On les évacua sur l’hôpital de Bar alors qu'ils étaient en pleine éruption, par le chemin de fer, dans un wagon qui ne fut, dit ce docteur, sans doute jamais désinfecté ; de là l’origine de cette petite épidémie de 1893 qui causa la mort de huit personnes.
Dans le département des Vosges nous n’avons pas d’épidémie sérieuse de variole à signaler depuis 1871 ; conformé-