AO RE RU — SSSR — 1884. . . . 11.15 —- 1899. MIRE
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ispérons qu'un jour le gouvernement s’occupera sérieusement de la question et la résoudra conformément au vœu de tous les médecins. IT y a longtemps que l’Académie de Médecine, la Société de Médecine publique et surtout le Comité consultatif d'hygiène ont élevé la voix et fait des démarches auprès des pouvoirs publics en faveur de la vaccination obligatoire ; au mois de mars 1870, le docteur Liouville déposa sur le bureau de la Chambre des députés un projet de loi ainsi conçu :
« Proposition de loi tendant à rendre obligatoire la vaccination et la revaccination, par le docteur Henri Liouville. »
Sa motion fut sérieusement prise en considération et Ja loi tant désirée allait être votée quand des circonstances malheureuses et inattendues détournèrent les esprits de la question et depuis ce moment, elle reste toujours à Pétat de projet.
Plus récemment des vœux en ce sens ont été émis dans beaucoup d’assemblées ; ainsi dans le projet de loi du 22 juin 1891, nous pouvons lire : « Art. 9 : La vaccina- « tion anti-variolique est obligatoire au cours de la pre- « mière année, la revaccination au cours de la dixième et « de la vingtième année. Les parents ou tuteurs sont tenus « personnellement à l’exécution de la présente mesure. »
Nous savons aujourd’hui que l’action prophylactique de la vaccine n'est que temporaire ; nous savons aussi que la vaccine ne met pas les individus qui y ont été soumis à l’abri des atteintes de la variole ; ce qui est indiscutable, c’est qu'elle préserve de la mort, des infirmités, des cicatrices difformes et hideuses, en un mot qu’elle rend bénigne une variole qui, sans elle, aurait tué ; depuis un siècle que la vaccine existe chez nous, elle a sauvé des milliers d’existences et, à l’heure qu’il est, des milliers de personnes respirent encore sans se douter que c’est à elle qu’elles le doivent.
C’est dans l’armée qu'a été posée, il y a bien longtemps, la question des revaccinations ; il est de toute Justice de reconnaître que les médecins militaires ont beaucoup fait pour elle et c’est grâce à eux qu’elle commence à passer dans la pratique générale ; la revaccination est pratiquée tous les ans par les médecins militaires pour les Jeunes hommes appelés sous les drapeaux, mais ceux qui sont déclarés impropres au service y échappent ; je ferai remar-
quer aussi que les adultes du sexe féminin néglhigent totalement de se faire revacciner sauf les femmes fonctionnaires, étudiantes, etc., malgré les exhortations des médecins vaccinateurs ; voilà donc des proies toutes désignées pour la maladie ; l'expérience nous prouve que la variole estrare, sinon inconnue, dans les groupes vaccinés avec soin, qu’une épidémie aussitôt déclarée et reconnue peut être arrêtée par les vaccinations et revaccinations en masse, la raison et la logique nous disent qu'il faut vacciner et revacciner.