‹ La Vaticane de Paul III à Paul V d'après des documents nouveauxChapitre 10 sur 61 · I. Vita (anonym^ del Cardin, G, Sirleto (ms · texte numérisé non relu

I. Vita (anonym^ del Cardin, G, Sirleto (ms

P^rberini, lu, 3è), fol. 47,

gagliardo » pour un pareil voyage, et aussi qu'il avait entrepris de traduire une chaîne d'Isaïe, que c'était là un travail qu'il osait croire utile « al proposito délia religione christiana », car cette chaîne contenait maintes citations d'auteurs graves et saints, Eusèbe d'Emèse, Eusèbe de Gésarée, Cyrille d'Alexandrie, Apollinaire, Origène...

Quels beaux auteurs, — « quanti belli autori ! » — Son Eminence voudrait-elle que Sirleto leur fit infidélité:^ ' Son Eminence ne le voulut pas, et Sirleto resta à Rome.

Mais dès lors; avec la grande connaissance qu'il avait du grec et de l'hébreu, et avec son immense lecture, il était un « arçhivio^ délie lettere ecclesiastiche », comme l'appelait Caselli : de là son rôle auprès des légats du concile de Trente.

Gervini demanda à Sirleto des mémoires sur toutes les questions qui se traitaient

I. Sirleto à Gervini, i3 déc. i545. {Vat. lat, 6177, fol. 166.)

dans les sessions du concile, des mémoires non point de « scolastique » comme on disait alors, mais d'érudition. Ces mémoires ont été réunis en un gros dossier aujourd'hui à la Vaticane, dossier très intéressant pour l'histoire du concile de Trente et de l'élaboration de ses décisions, car il se rapporte à la période la plus importante du concile (i 545-1 552), celle ou furent traitées les matières de l'Écriture , de la justification et en partie des sacrements. A publier cette correspondance, on aurait la documentation patristique de presque tous les décrets de Trente.

A ce moment, en effet, où l'antiquité ecclésiastique, après la profane, sortait de la poussière des manuscrits et devenait une arme dont les théologiens d'Allemagne se servaient contre les doctrines traditionnelles, Cervini avait compris quelle urgence il y avait à s'assurer de l'antiquité. C'est pour cela qu'il avait réuni à Rome une collection

lO LA VATICANE

de manuscrits tant grecs que latins, ce qui à ce moment était la seule façon d'être au courant. C'est pour cela qu'il pensait constamment à l'enrichir, et que, de Trente même, il s'occupait à faire copier et acheter des manuscrits à Venise : «J'ai grand plaisir, lui écrivait Sirleto, d'apprendre que V. S. Rme a fait copier le De adoratione de S. Cyrille, car c'est un livre beau et rare, dont Ecolampade n'a traduit qu'une courte partie ' » . C'est pour cela enfin qu'il faisait faire par Sirleto la recherche des textes publiés ou inédits dont il avait besoin pour le concile : — témoignage des Pères sur le saint sacrifice de la messe, de S. Basile sur les ordinations, de S. Prosper sur la grâce, des Pères grecs sur la justification, comment S. Jérôme explique le texte de Jérémie Couverte me et convertar, interprétation du même texte par S. Jean Chrysostome et S. Augustin, auto-

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