I. E. Nestlc, Septuaginta-Studien, p
Alexandre Turriano ', et d'un autre qui n'a été acquis qu'en 1612 '. Le F. G. 1208, qui le précède immédiatement, est ce célèbre manuscrit chrysographié des Actes des Apôtres, dont on sait qu'il fut donné au pape Alexandre V (1484- 1492) par la reine de Chypre', manuscrit qui ne figure pas davantage à l'inventaire de Léon X, non plus qu'à celui de Paul IIL — Le Vaticanus était cependant en grand renom à Rome au xvi® siècle. En i583, le cardinal Sirleto écrivait à Barthélémy Valverde, qui l'avait interrogé sur quelques passages difficiles de la Bible, que ces difficultés tiennent « moins à la nature du sujet qu'à l'ignorance des copistes et des
1. Vat. gr. 1190. « Codicem hune obtulit Summo Pontifici Paulo V Alexander Turrianus, qui SitiaQ [Sitia, en Crète] episcopus factus est anno 1594 » (Amati, au n* i hjo)*
2. Vat. gr. 1191. a Emptus Iuliis quindecim pro Bibliotheca Vaticana die 29 Aprilis 161 2 » (fol. 402).
3. Il porte les armes du pape et de la reine, à la garde initiale.
éditeurs. » Pour les résoudre « erat mihi animus, priusquam ad te haec scriberem », dit-il, « loca haec conferre cum exemplari graeco Vaticanae bibliothecae, quod tam mirae vetustatis est, ut doctorum virorum iudicio preferatur omnibus quae in publiais vel privatis bibliothecis inveniuntur » '. — Nicolas Maggiorano, qui fut correcteur à la Vaticane, avant de devenir évêque dé Molfetta (i553), avait collationné le Vaticanus en vue d'une sorte de correctorium à publier. André Masius écrit à Latino Latini, en 1 5 54 : a Mihi spem, cum isthic [i. e. Romaejessem, Maioranus fecerat evulgandarum observationum quas ex graeco utriusque testamenti codice vetustissimo Vaticano annotarat; nam ego ea de're interpellaram etiam illustrissimum card. Marcellum Cervinum ; nunc audio illum [i. e. Maioranum] viridi pileo donatum,
I. Sirleto à B. Valverde, 28 février i583 (Vat, lat. 6946, foi. 358).
quQ fitutverearnealiisrebus intentus sit » '. — Sirleto , en 1 546 , écrivait au cardinal Cervini, à propos de la discussion d'un texte de saint Paul : «... In quello esemplare che e nella libraria di N. S. scritto in lettere maiuscule, il quale un tempo haveva don Basilio, ve son le précise parole che allega S. Paolo susppdtvÔTjTe SOvtj jietà toG >aoO
I. Masius à Latino Latini, 25 février i554 QLossen, Briefe von Andréas Masius und seinen rreunden, p. i53J. Le travail de Maggîorano ne fiit pas publié : il semble qu'en 1 554 de pareils travaux aient paru à Rome prématurés. Latini en écrivait à Masius (Lossen, p. 179) : « [Torres] amplissimi ordinis viris aliauot persuaaere nititur, non esse e republica cnristiana varias lectiones Bibliorum vulgari, his praesertim temporibus, quum verendum sit ne haeretici homines multisex locis ansas arripiant defendendae pertinaciae suae » (18 août 1 554). Voyez l^s lettres de Latini citées par Nestlé {op. cit. p. 14), notamment celle du 3 décembre i56o : « (^uod Vaticani codicis Bibliorum varias lectiones lam pridem a Maiorano collectas desidcras, vereor, ne istuc idem semper facias, dum vivis. Nam ex Sirleto didici, multa sunt in eo codice non temere vulganda , ne novarum rerum studiosis, id est Ar- Fianis et Macedonianis huius aetatis, maior insaniendi occasio praebcatur.
«Otou ' ». — Dès i533 enfin (c'est la plus ancienne mention que Ton retrouve du Vaticanus), Jean Genesius de Sepulveda adressait à Erasme 365 leçons tirées du Vaticanus, leçons que lui avait communiquées Paul Bombasio par une lettre datée de i52i *.
C'est vers iSjS, sous Grégoire XIII, que l'édition romaine des Septante fut décidée.
Sirleto, à cette date, n'était plus assez jeune pour être mis à la tête de l'entreprise :
ce fut Carafa qui en fut chargé, mais Sirleto était une autorité trop grande en semblables matières pour n'être pas à peu près tout dans la méthode à détermi ner , dans le choix des collaborateurs , dans la discussion des difficultés. Les détails de l'œuvre sont connus par ailleurs ' et je ne veux pas y insister, n'ayant d'autre
î I. Sirleto à Cervini, 3 mars 1546 (Vat lat
t 6177, fol. 88).
r 2. Nestlé, op. cit. y p. 5.
3. Lelong, Biblioth. sacra (1723), I, 187 et suiv. — Nestlé, op. cit., p. 6 et 7.
DE PAUL in A PAUL V 87
intention ici que d'ajouter quelques observations et ce que je tire d'inédit des manuscrits de Carafa.
L'édition fut achevée d'imprimer en
1 586 , et c'est le millésime que porte le 5 frontispice : le bref de Sixte Quint, qui figure i' en tête, porte la date du 8 octobre i586. ^ Elle dut être mise en circulation l'an- ^ née suivante seulement: le bref de Sixte 2 Quint, accordant privilège pour dix ans au jj libraire Georges Ferrario, est daté du 9 mai
1587. ^^ ^^*" volume s'ouvre par une lettre de Carafa à Sixte Quint, très simple et d'une élégante concision, où le cardinal rappelle au pape que, il y a environ huit ans, c'était Lui qui, alors cardinal de Montalto, avait suggéré à feu Grégoire XIII le projet de corriger les Septante, suivant en cela une inspiration qui avait été celle des Pères du concile de Trente. Il ajoute :
Huiits autem editionis constituendae mu-
nus cutn mihi demandatum esset a Gregorio XIII,,., opérant dedi ut in celebrioribus Italiae bibliothecis ^ptima quaeque exemplaria perquirerentur, atque ex iis lectionum varietates descriptae ad me mitterentur. Quibus sane doctorum hominum, quos ad id delegeram, industria, et iudicio clarae memoriae Gulielmi cardinalis Sirleti {quem propter excellentem doctrinam, et multiplicem linguarum peritiam, in locis obscurioribus mihi consulendum proposueram) persaepe examinatis, et cum vestro Vaticanae bibliothecae {cui me benignitas vestra nuper praefecit) exemplari diligenter collatis; intelleximus, cum ex ipsa collatione, tum e sacrorum veterum scriptorum consensione, Vaticanum codicem non solum vetustate, verum etiam bonitate caeteris anteire; quodque caput est, ad ipsam, quam quaerebamus, Septuaginta interpretationem, si non toto libro, maiori certe ex parte, quam proxime accedere.
Et il explique comment la congrégation s'est déterminée à prendre pour base de l'édition le Vaticanus : « Exemplar ipsum
DE PAUL m A PAUL V 89
de verbo ad verbum repraesentandum ».
Suit la Praefatio ad lectorem : elle n'est point signée , mais on sait qu ' elle fut rédigée par Fulvio Orsini '. Elle est d'ailleurs très inférieure à la lettre de Carafa.
Après avoir énuméré les recensions anciennes de la Bible grecque, vanté les Septante et reconnu l'utilité qu'il y avait à les éditer dans leur pureté primitive, il arrive enfin à nous donner quelques indications sur la méthode des nouveaux éditeurs :
. . . [Antonius cardinalis Carafa^ delectum TtS
habuit doctissimorum hominum, qui domi suae 1^
statis diebus exemplaria manuscripta, quae per- «-
multa undique conquisierat, conf errent; et ex Us i-**
optimas quasque lectiones eligerent : quibus deinde . Z cum codice Vaticanae bibliothecae saepe ac dili-
genter comparatis, intellectum est eum codicem *l
omnium qui extant longe optimum esse, ac II
I. Sinon par Pierre Morin. Voyez sur ce point controverse robservation de M. de Nolhac, Fulvio Orsiniy p. 5o.
operae pretium fore si ad dus fidem nova haec editio pararetur.
Suit la description du Vaticanus, et l'indication des manuscrits dont on s'est servi subsidiairement :
... Alii duo, qui ad eius vetustatem proximi quidem, sed longo proximi intervallo accedunt, unus Venetus ex bibliotheca Bessarionis cardinalis, et is quoque grandioribus litteris scriptus ; alter, qui ex Magna Graecia advectus, nunc est Carafae cardinalis, qui liber cum Vaticano codice ita in omnibus consentit, ut credi possit ex eodem archetypo descriptus esse, Praeter hos, magno etiam usui fuerunt libri ex Medicea bibliotheca Florentiae collati,., »
Quelques détails sur ces divers manuscrits. Le manuscrit de Bessarion est identifié avec le Marcianus i , Quant aux libri ex Medicea bibliotheca Florentiae collatiy ce sont des collations faites à Florence,
car lés manuscrits de Florence ne vinrent pas à Rome. Ces collations, je les retrouve dans la collection de Carafa. Les VV. G, 1242 et 1244 renferment la collation d*un ms. des Prophètes (Mediceus X, 8) sur l'édition aldine. Page i3i du F. G. 1244, on lit : « Hi sunt XII minores prophetae qui in hoc Mediceo, hoc ordine servato, leguntur. Sequuntur nunc in eodem quattuor maiores, quorum varietates, novo initio sumpto,vobis dabo. Interea hasce vos perpendetis ac diligenter examinabitis ». Le tome second du F. G, 1241 contient la collation sur l'édition d'Anvers du Pentateuque, d'après un « vêtus codex mediceus » (Mediceus V, 38).
Bien plus important est le manuscrit ex Magna Graecia advectus. Mais j'«n ai parlé ailleurs avec un développement qui me dispense d'y revenir ici '.
Ce furent là les ressources fournies par