‹ La végétation de la Bretagne: Étudiée dans ses rapports avec l'atmosphère et avec le solChapitre 13 sur 28 · ME RER · texte numérisé non relu

ME RER

un obstacle absolu à leur développement. Quel n’est pas l’'étonnement du botaniste, en voyant, en certains points privilégiés, ces plantes s’'avancer à l'intérieur! Les Roccella sont les espèces quis’éloignent le moins du littoral. Elles nous indiquent donc, probablement, la limite où l’air marin conserve toutes ses qualités. On n’a pas rencontré le Roccella Phycopsis, dans la région qui nous intéresse, à plus de 5 kilomètres de la grande mer. Cette plante existe, dans ces conditions, sur les murs de la cathédrale de Dol{r), alors que la mer s’est retirée depuis plusieurs siècles de l’ancienne baie de Dol pour être remplacée par des cultures qui s'étendent jusqu’au Vivier-sur-Mer, à une forte lieue au nord de Dol. Mais les autres espèces citées peuvent, dans de bonnes conditions, être trouvées à une très grande distance de la mer. C’est ainsi que Cochlearia danica existe, dans les Montagnes-Noires, à Locronan, sur des ruines, à 10 kilomètres de l'Océan et au moins à 16 kilomètres de la rivière marine de Quimper. Physcia Aquila s’avance encore plus loin à l’intérieur ; non seulement on le voit à la Roche-du-Theil, près de Redon, qui est, somme toute, au fond d’une anse profonde de 7 lieues, mais encore il se montre dans la haute vallée du Steïr et de l'Odet ; il se trouve, bien plus loin de la mer, sur les rochers des montagnes d’Aré à Saint-Cadou et près de

la Chapelle de Saint-Herbot. Borrera flavicans qui s’ob-

*(x) C'est à M. le chanoine Hodée, de Rennes, qu'est due cette intéressante constatation.

Page 1