SCÈNE IX
Les Mêmes, AMÉLIE, rentrant.
AMÉLIE
Voilà, mon père !
SCHLICK, regardant Amélie.
En effet , dix-sept ans, jeune et jolie... (Regardant le proscrit.) Vingt-six à vingt-huit ans, yeux bleus, cheveux noirs, teint pâle,, bouche moyenne, dents blanches, quant à la taille, je n’en saurais juger... mais si monsieur était debout, je parierais qu’il est de cinq pieds quatre pouces, et ce sera, ma foi , un joli couple.
Que dit-il? mais c’est le signalement de tout-à-l’heure.
LE PROSCRIT, à part.
Il m’a reconnu !
SCHLICK
Ma foi, ma belle demoiselle, puisque je tiens à la main un verre de si bon vin, je ne saurais résister... à votre santé: à celle du cousin Newmann et à votre bonheur en ménage.
AMÉLIE
A la santé de mon cousin Newmann , à mon bonheur en ménage... je ne comprends pas, monsieur Schlick...
LE PASTEUR
Oh ! malheureuse!
. LE PROSCRIT, se levant.
Monsieur, il est inutile de dissimuler plus longtemps , je suis celui que vous cherchez.
SCHLICK, le faisant asseoir.
Taisez- vous donc ! (A voix basse.) Je me rappelle que j’ai été Français, et je bois à la santé du cousin Newmann fiancé de la belle Amélie, pas autre chose. (Haut.) A la santé du cousin Newmann... (iis boivent tous.)
LE PASTEUR
Monsieur Schlick, vous êtes un brave homme !
SCHLICK
Taisez-vous donc !... je voulais simplement vous prouver que je n’étais pas un imbécile, comme on dit de l’autre côté du J «liin.
AMÉLIE
Oh ! monsieur Schlick, que de remerciements !
SCHLICK
Taisez-vous donc! et une autre fois comprenez mieux.... vous n’aurez pas toujours affaireau bonhomme Schlick! (Haut.) Maintenant, je vais dire aux camarades que là où je croyais trouver un proscrit, je n’ai trouvé qu’un liancé... (Bas.) Seulement, je lui conseille d’aller faire les noces ailleurs.... En attendant, cachez monsieur où vous voudrez, peu importe... mais cachez-le, et qu’il ne sorte pas que tout mon monde ne soit couché... bonsoir, monsieur le Pasteur, bonsoir mademoiselle Amélie, bonsoir cousin Newmann.