‹ La Vendée en 1793Chapitre 26 sur 49 · I,A VEN DÉ R · texte numérisé non relu

I,A VEN DÉ R

toute hâte vers Saint-Malo, « où le gouvernement britannique préparait un débarquement (de Beauchamp). » Et en elfet, M. Crétineau-Joly qui; à la pàge 225, a repoussé avec indignation, au nom du parti royaliste, le reproche de s’être appuyé jamais' sur l’étranger, « accusation dont la fausseté est matériellement démontrée, » nous peint à la page 305 les Vendéens dans l’attente d’un débarquement de troupes anglaises, annoncé par un émigré breton, Saint-Hilaire. Talmont, au contraire, voulait que l’on s’avançât vers ce qu’il appelait ses États de Laval , espérant y vqir grandir son importance personnelle à la hauteur de ses prétentions que par malheur rien ne justifiait. Pour donner, autant que possible, satisfaction^ à ces désirs contradictoires , on marcha vers la Manche, mais en passant par Laval.

La rive droite de la Loiro est patriote , aussi n’est-co que grâce à l'emploi de contraintes violentes que l’on recrute des alliés à Varades, Ancenis etOudon, en attendant les alliés volontaires que va bientôt leur fournir Laval. Après s’être emparés en courant de Candé et de Ségré, les Vendéens pé- , nètrent à Chàteau-Gonthier, où ils exterminent tous ceux qu’un patriotisme ardent désigne à leur fureur. Treize municipaux de la ville sont fusillés (1). Le noble Bernard de Marigny, qui commandait l’artillerie, exécute de sa main sur la place

(11 Po Boancliamp, t. II, p. 13.

EM Hfl.1

publique le curé constitutionnel, ainsi que le juge de paix, que l’on avait arraché de $pn domicile où il se tenait caché. « Les insurgés applaudissent à cette justice militaire (1). » — ■ « Il fit encore quelques autres exécutions, semblables, ». ajoute- madaîne de La Rochejaquelin (2).

Avant de suivre les rebelles à Laval, il convient de faire connaître les auxiliaires redoutables qui les y rejoignirent, et qui, avec leur nom, donnèrent surtout à cette guerre fatale, son caraotère de brigandage impie et sacrilège.

Le pays du Maine n’est pas sans avoir quelque ressemblance avec la Vendée. Sol et habitants, tout y était sauvage, inculte et arriéré. « Le paysan, dit un apologiste do' la Chouannerie (3), vivant presque toujours seul-, n’ayant point avec les autres de ces relations de tous les jours qui modifient et adoucissent le caractère, montre dans toutes ses manières une véritable sauvagerie. Il tient obstinément à ses usages, et prend d’avance en aversion tout ce qui est inusité. Aussi son premier abord ne prévient-il pas en sa faveur (p. 20). v

Le second n’était pas de nature à prévenir beaucoup plus que le premier, s’il faut en croire le proverbe qui assure qu’ww Manceau vaut un Normand

(1) Crétineau-Joly, 1. 1, p. 310.

(2) Mémoires, p. 256.

(3) Lettres sur l'origine de la Chouannerie, par Duchemin Descepeaux. 2 vol. in-8°. 1825.

L’ouvrage, dédié au roi, eut l’honneur d’être édité à lJraprimerie royale. .

Page 1