‹ La Vendée en 1793 (volume 2)Chapitre 17 sur 57 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

JLETI I I

La Vendée est une petite rivière lente, paresseuse, qui prend sa source à SainUMartin-des-Fontaines» passe à rileraienault, puis au nord de Fontenay et se joiiity au^-dessus de Marans, à la Sévre Niortaise, qui, elle-même, se jette dans la mer, en face de la

pointe d AiguiUoD*

ËUa donne son nom à un département du littoral

et ce département donne le sien à toute la perre ^ La Vendée rebelle ou militaire se divise en haute et basse, à l'est et à Touest de la Sëvre nantaise.

Chaque section est subdivisée en différ eûtes branches.

La Haute-Vendée renferme d'abord cette portion

de TAnjou qui va du Layon à la Sèvre et de la Loire

* Ce département avait six districts : Fontenay, la Châtaigneraje» HoDUigu, ChaUans, lesSablea-d*01onfie> la Rocbe-sur-Yon.

au Tboiiet ' ; ensuite daos le Uaut-Poitou, les environs de ChàtiUoii et de Biessuire; jusqu'à Sainl- Laurent-sur-Sèvrei Mouchamp, et Puybelliard, Lacaillére, la Chàtaigneraye, Pouzauges K

La Basse-Veodée renferme, du Lay a la Loire et de la Sèvre à la mer ; 1*^ Le pays du centre et les villes et bouigs de Mortagne, Tiffiiuges, Glisson, Montaigu, Saint-Fulgeat, les Herbiers^ le territoire compris dans ce circuit ^.

2^ Le pays de Loroux, de Vallet^ de Verthoo, de Haute et Basse-Goulaine, et tout ce coin de Bretagoe entre la Sèvre et la Loire ^.

3^ Le Marais, les Marches, le pays de Retz, le tout s'étendant depuis la Roche-sur-Yon et Mareuil, jusqu'aux ports des Sables, de Paimbœuf, de Nantes

Je voudrais bien tout ensemble être rapide et clair,

Le pays en général est morcelé par petites closeries, petites métairies, petits domaines ^ par champs multipliés entourés de haies, de fossés, de talus qui sont des forteresses.

* Les districis de Sami-Florent, CboUei, YUiien, partie de ceux d*Aii|^ ^ de Siattur.

* Les districts de Châilllon et de Bressuîre, partie de ceux de Thoaan ei de Parihenay, dans les Deiu-Sèfies; 1» district de la Ckâuûgneraye

dans la Vendée.

> Portion des districts de Clisson, de Montaiga et de la Roche-sur- Yon.

4 Pot lion des districts de Clisson de N ulles.

5 Dans Ie& districts de Nantes, Painibœui, Machecoul, la Aoche-sur- Yen, Cballans. les Sables.

Il est couvert de taillis, de futaies, de garennes, de

goiicHs, d'ajoncs, de buissons, qui cachcut les toits, les tours, les granges.

Il a des chemins creux, de vraies fondrières.

Il est coupé ruisseaux, de tlatjuesd*eaii, de mares, et ce n'est pas sans raison qu'on Ta nommé le^oca^e.

A Test et au midi il y a des plaines : la plaine de Fontenay, la plaine d'Airvauit, la plaine de Doué, la plaine SaintrLaurent

A r ouest sont des marais : le Marais mouillé, du cAtè de Luçon, et le Marais breton^ du côté de Cballans, de Machecoul, de ^ou, de Palluau où le caractère de la guerre fut le plus atroce.

Après le pays, les chefs. Ils ont vonln de la célé'

britè : qu'ils en aient et qu'on sache les noms de ceux qui doués d'intelligence, de courage, de force, ont tout employé contre leur patrie.

Je classe Tétat militaire vendéen par régions, de mars à mai.

Les recrues de Tétat-major s'indiqueront à leur place.

Quant aux particularités sur chaque homme, je

prie de recourir aux biographies.

HAUTE-VBNDÉE.

Division Angevine.

Bonchamp, considéré comme le général de la division, garde la Loire et occupe Saint-Florent, Mont-

jean, Chalonnes.

Cathelioeau est à Ghemillé et iallais, et dans las

Mauges*.

D*Elbée, à Beaupréau et ChoUet et dans tout le Bas-Anjou, entre la Moyne, TEvre et la DWatte

Stofflet, àVihiers, Coron, Vezins^.

Duhouxd'Hauterive et son cousin le chevalier Duhoux, à Saint*Lambert-du-Lattay«

Forêt, à Chanzeaux

Des Sorinièresy à JAoïé, entre Layon et Loire.

le dis le point central des opérations de chacun et le territoire qui dépendait de lui. Ces circaoâcr^iions se modifiaient par le sort des batailles.

Dans l'armée d'Anjou figui eiit ensuite, et viennent s'y rallier comme ofîiciers, commandants, capitaines, chefs de paroisses, MM. de Fleuriot^ de Scépeaux^,

' Les Manges vont de Sainl-Florent î» Jallais. Elles dépendaient de Tabbé de Saiot-Fioreai. Lûs géograpti^s ie& éieadeot trop sur leur»

caries,

« Blordier dit que dans la conju!-aiion roplisle, d*£lb4te eut en Ânjou le rôle de La Rouerie en Bretagne.

Non. D'Klbée entra de bonne heure dans la ton(édération, comme Lescure, mais ni Kun ni raulre n'eurent, dans le principe, Timportance qu'on leur prèt«.

s Garde-chasse de Maulévrier, il SYaii la réputation du meilleur tireur des deux profînees du Poitou et d^Anjou. Les chasseurs, en ce pays, étaient de temps immémorial très>renommés. Ils rempoitaîent

sur le reste de la France. Il faut lire leurs prouesses dans les chroniques et les livres de vénerie* Les gardes-chasse, les piqueurs, n'étaient pas de petits personnages. Hs étaient considérés des seigneurs, craints des paysans. Stofflet était connu à dix lieues à la ronde ; et quand 11 leva Tétendard de la révolte, il fut suivi» dans le jour, des liouiuies déterminés de vingt paroisses.

* îl avaii -nivi à Coblentz M. de Chanzeaux, comme domestique. 11 venait de reuirer, et il se mit tout de suite à tuer des gendarmes.

' M. César de Scépeaux avait une sœur et deux frères.

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les deux Martin de la Pomeraye S Soyer ^, Tonnelet%

deBoisy*, Langreoière.

J'aurais dû commencer par les premiers qui, avec

Cathelineau, menèrent au combat, les révoltés : Perdriau, voiturier de la Poitevinière.

Gadi, médecin de Saint-Laurent de la Plaine.

Cadi jeune, marchand.

Pischeri, marcbauJ de Baupréau.

Amaury, épicier à Jallais.

Lûiseau, de Trémentine.

Avril, du May.

Broneau, du May.

Ce dernier, liruueau, dit Sùc-Sous, se fit maître canonnier dès la première bataille» celle de Jallais, où fut prise la bouche à feu qu'un noramale Missionnaire,

Une pièce prise à Vihiers, et venue du château de Richelieu, fut nommée Marie-Jeanne.

La sœur éuîl femme de M. de Bonchamp. Sod roman vendéen a été rédigé par Bl"* de Genlis.

J'ai vu oeuedame à Angers, quand elle était veuve. Tai appris à faire des armes avec les deux jeunes de Soépeaui : Alexandre et Henri.

César quitta la Vendée en 94, eut un grand commandement dans la Chouannerie, fil sa paix on avec Hoofie, et ne manqua jamais à f^a parole. H servil sous 1 Kiupercur ei se Ut remarquer» notammeol dans la campagne de 1814, conlre les Alliés;.

Henri fut capitaine dans les vélites de la Garde Impériale ^ se battit Lien, et fui tué en Espagne.

Alexandre fui, sous la Restauration, cupiiatne dans la garde royale.

> M"* Martin suivit ses frères , durant toute la guerre. Elle était , aurla fin de sa vie, curieuse à entendre.

* Son frère fut évéque de Lnçon. Son neveu est encore grand-vicaire de ce diocèse.

> n éudt chanoine*régulier à Angers, quand édau la révolution.

* PaiUe de santé, blessé ^ ta bataille de Cbollet, et plus tard fusillé k Noirrooutiers.

Ces noms de Miss^mnaitt et de IIÊarie-Jeanne firent grand bi uit dans les premiers mois.

Après la mort tragique deBruneau^, rartillerie,qui s* accrut promptemeot, futdirigée par Herbauld, jeune Loudunois qui avait éludié pour ôtre prêtre, mais qui montra une grande aptitude pour la guerre.

Le commandement supérieur de cette arme passa» dans la Vendée angevine, à M. de Perrault, quand cet ex-officier de la marine royale fut venu rejoindre les Brigands (fin de mai).

M. de Dommaigné commandait la cavalerie de r Anjou dans la Haute-Vendée.

Lefrcbe& de Tinsurrection dans les Deux-Sèvres, furent, en 92, Z)6li(mc^, maire deBressuire, et quatre

gentilshommes : Baudry-d*Asson^ de Richeteau, de Feu, de Calais.

Ces trois derniers furent pris, conduits à Thouars et fusillés.

Baudry-d*Asson se sauva, et nous le retrouverons

dans la Basse- Vendée. 11 pénia sur un champ de bataille*.

De Louche fut arrêté à Nantes, et guillotiné» En avril 1793, Heni'i deLarocheja(|ueleiiiqui avnit son château de la Durbélière en Saint- Aubin de Baubigné, se mit à la téte des paysans de cette paroisse

et de6 paroisses voisines; il marcha contre les Au-

* Blordier lui fait ^a^iitt uue bauille avec de Royrand. Mais à la place de Baodry, il faut lire Sapinaud.

Division Poitevine.

* Voyez plus luiu quelques mots là-dessus.

biers', t't s'en empara sur Quélineau qui occupait celte commune avec assez de troupes , mais peu sûres ou du moins peu confiantes dans leur gé* néral.

Henri avait vingt ans. U avait été officier dans la garde constitutionnelle du roi, et prenait, dans les

Brigands, le titre de lieutenant-colonel^ qui était celui que dans les troupes républicaines on affectait aux commandants des bataillons de volontaires.

Lescure, son ami, marié à mademoiselle de Donissan, avait vingt^cinq ans. Inquiété au cbàteau de Clisson, en Boesmé*, emmené ii Bressiiire comme suspect, laissé là par la générosité imprudente de Quétineau ^, il ne tarda pas à rejoindre Larocbejaquelein et à prendre le commaudement de Varmée du Poitou.

A leur exemple, marchèrent IfM. de Donissan, de

Beauvuilier, de Marigny.

Donissan avait cinquante ans. U avait le grade de maréchal de camp dans les armées de Louis XV ; il devint^ chez les Vendéens» le gouverneur du pays conquit*

Beauvollier atné avait trente ans. U dirigea rartitene, puis fut trésorier-général ^

^ Blordier dit fautivement les Herbiers.

> Ne pas coDfondM avec le Clisson du comté Nantais*

* Bloidierdit que Leseure et Marigny furent délivrés par Larocbejaquelein. Non. Ils restèrent libres quand les Républicains évaluèrent la ville.

* Il avaii servi (de force) dans la gendarmerie naiionale et avait déserté. Son frère, beaucoup plus jeune que lui, le suivit bientôt.

Hangny était o£Bcier dans la marine royale et chevalier de Saint«Lociis au 10 aoAt ; il avait trente-six

aus, et suivit la fortune de M. de Lescure. Quand Beauvollier fut trésorier, Marigny prit le commande* mentde rartillerie. Mais il signait aussi : commandant eu chef des armées catholiques et royales. 11 Gt en cette qualité une très-belle proclamation aux habitants de Niort, et aiiicha la clémence; mais ses actes ue furent guère conformes à ses paroles^.

Après eux, venaient les deux Des Ëssars, dont le plus jeune, Vabbé^ se fit dans la guerre appeler le chevalier.

Forestier, garçon de vingt-cinq ans, qui, favori de Larochejaquolein et son aide-de-camp, son bras droit, commandait la cavalerie poitevine.

Enfin, sous divers titres et coiimiaiidemcnts parurent dans Tarmée de Haut-Poitou MM. de Bouillé- Loritz, Villeneuve-du-Cazeau, de Hargnes , de Brochin, Baudry-du-Plessy. de la Fargue, Sainte- Hermine ^

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