III
Si le rapprochement a lieu plus Yolontiers entre les
divisions de chefs et de Brigands, c'est dans les deux sections de la Haute- Vendée : on s entend là un peu
mieux ; mats encore chacun prétend-il, pour sa bande, au litre de grande armée,
La grande armée d'Ânjou et la grande armée du Poitou ont chacune de quinze à vingt mille combattants, quand le temps presse et que tout est sur pied.
Gharette a quinze à vingt mille hommes aussi ^ peut-être vingt-cinq mille, quand toutes les petites fractioDs de la Basse-Vendée consentent à se joindre à lui pour quelque expédition à tous profitable*
Le défaut d^ensemble et tant de jalousies secrètes ou flagrantes, malgré une force totale de soixante mille hommesy force qui tendàs'augmenter par des paroisses entières qui viennent d^outre-Loire (Bretagne, Anjou, Maine), malgrédestriompheséclatautsetde beaux faits d'armes , n'annoncent aux clairvoyants qu'une fin sinistre.
Bonchamp , Donissan , d'Ëlbée , en examinant la voie dans laquelle on s'engage, ne doutent pas de l'issue.
Ils combattent pourtant, victimes dévouées!
. J'ai donné un aperçu de la macbme militaire des Vendéens ; je fais de même pour leurs essais informes d'administration.
Ils veulent organiser et no peuvent; rien ne vit dans leurs mains, tout meurt.
A la place des districts , des municipalités et de toutes les autorités républicaines, ils créent dans les communes, sous l'inspiration du clergé, des conseil^
royalistes, des comiiés in-ovisoires^ qui, eu atleudaul le refour au pur ancien régime, gouvernent et jugent mais qui ne soûl ni bien reconnus ni respectés par les chefs de bande.
Le noble se sert de la voix du prédicateur sans aimer le prêtre.
Le prêtre se sert de Tépée du capitaine sans estimer le noble.
il y a de bous et de méchants comités ; il y eu a qui protègent, d'autres qui tuent.
Dans la Haute- Vendée, ils valent sans comparaison mieux que dans la Basse.
Mais ne vous fiez à aucun ; ils sont poussés au mal par le vent de la hame (juc souOk le sacerdoce.
Ils mettent en arrestation les patriotes, les fonc tionnaires, les officiers de garde nationale, tous les partisans des lois nouvelles, et ils décident de leur sort sans appel, sans remise.
La France républicaine arrête aussi et juge les royalistes; mais laFrance est le peuple, et la Vendée est la révolte. La France est la règle, et la Vendée est rexception.
Partout je crains la rigueur, même sous le manteau de la loi, de la volonté générale ; mais combien
ne la redoulé-jc pas davantage quand elle est la compagne avouée de Tiniquiié î
Dans la Vendée angevine 9 deux prêtres se distinguent entre cent autres : le premier, l'abbé Bernier,
TOilB I. ^
par son esprit de domination et de propagande ; le second, l'abbé Barbotin, vicaire de Saml-Georges du Puy de la Garde, par son ioiagioaiion de cannibale.
Tous deux suivent Stofflet. lis forment son conseil et le poussent à d'atroces résolutions qui ne sont que trop à lui-même dans sa nature*.
Quand d'Elbée et Boncfaamp apparaissent » les scènes s'adoucissent; mais avant eux et même encore après, il y en eul de cruelles.