I. XI
Servanteaude L'Eschîissene était noble et patriote*. Il avait son château dans la commune de liiullière. Il en commandait la garde nationale* Il y avait fait,
ainsi qu'à Laugcron, à Cugand cl dans d'autres communes, planter l'arbre de la liberté.
• Bonin , menuisier <ie Tidauges, qui élail lomhé crihlt^ de balles, resta sous les morts ; mais il n'élail pas ihorl. Il véculd'tiei bes deux jours, el regagna sa maison, où il guérit.
t Les ami» de la CoosUiuiion avaieDi cr^ un chtb ambulant dans ta Vendéo. Ue L*Esi-liafiserie en élatt le srcréiaïro.
Guerry de Tiffaiiges s'acharua contre lui. 11 le dési-
goaà la haine des paysans et des prêtres, et tiL si bien qu'eu mars 93 , les paroisses, se soulevant coutre la réquisition^ passèrent au château de L'Ëschasserie et tuèrent Sei vaiiteau à coups de tubil Uiés en pleine poitrine, à bout portant.
Que devint ce Guerry? je vais tout de suite vous le dire : il fut commissionné par d'Elbée» Sapinaud, Berrardy pour négocier des renforts à l'étranger ^
Parti de Tiffauges il s'en alla à Noirmou tiers trouver son cousin le chevalier de la Fortinière, et il y était encore quand Tlle fut surprise par Beysser. Il fut
arrêté et envoyé à Nantes avec tous les papiers qu'on avait saisis dans sa chambre.
t RÉQUISITION. — Au nom des années catholiques et royales des fia& ÂDjou et Poitou conib.iit.iut puur le rétablisiemeol de la foi chrétienne et de la munarcliie fraiu.aise, salut.
Prions M. le comnoandanl au premier port d'Angleterre de vouloir s*intér«sier aitpfès des pniannces anglaises pour nous procurer, dans le plus court déhi, des munitions de gnerre et des forées imposantes de troupes de ligne pour parTenîr aui fins que nous nous proposons.
Depuis un mois nous sommes en état de contre-révolution* Nos années, conduites par la Divinité et soutenues par nos valeureux habitants des campagnes, ont déjà conquis, au nom du roi, les Bas Anjou et Poitou et le pays de Reta^ 06 régnerait la tranquillité si nos viUes capitales ne tenaient h un maudit esprit de révolution , que nous serions en étal de réduire si nous avions de la poudre promptoment.
Nous vous engageons, en conséquence, d'employer toute la céienié qu'exige le plus pressant besoin et serons pour la vie vos fidèles alliés.
Les commandants des armées catholiques et royales d*Aojott et Poitou, D*ELBÊB, BERRARD, SAPINAUD.
.4tt quartier-général de SaitUrFutgent, le 8 avril 1793.
Ces papiers qu'a publiés H. Fîllon montraient
combien il était coupable. Sa vie dans le Bocage était bien connue. Le renom en vivait encore lorsque j'y passai il y a trois ans. Il avait allumé, attisé, entretenu le feu et poussé les paysans aveugles à toutes les fureurs. Il fut mis à Nantes à la prison des Saintes Cîaireg, le même jour que Rorthais-des-Chataigners, Auberl de la Terni, les deux religieuses Bévier, mesdames de Tinguy y de Rorthais et la femme Taeonnet.
Gnerry voulut s'évader avec ses draps , maïs il se brisa les os. On le transféra au lioujlay : « Là, « écrivait-on, il a été bien mal, mais il n'en mourra (( pas. 11 préfère apparemment la guillotine. Je ne <c conçois pas pourquoi on ue s'occupe pas de son « procès, n
Il y avait, dans les deux partis, hâte de tuer. Guerry donc fut jugé, condamné, exéC4|é. Mais son supplice et des milliers de supplices ne firent qu'ajouter à l'horreur de cette affreuse guerre.
Le comité de Port-Saînt-Père avait pour membres
Geudron, Maisouueuve, Horeau, Gibot, Surin, qui étaient aussi chefs militaires.
Le comité de La Motbe-Acfaard se composait de Joly père, Joly fils, l'Espinasseau, Ruthaiid, Duchaffault, Boilay, Duboys, de Buor, du Fief, Pineau, La Voyerie.
Le comité de Challans avait pour membres Letenneur, de Cloudy» Baumier, Béthuis, Barbotais,
Doussin, «le Scudio, de Soullans, de Régnier, M'*'' Robert, M"* Hauclerc, M'"**lmbert. LesfemtiiesélaieDt à plus ardentes que le.s houiiues. Il y en eut de prises et de fusillées.
Le comité de la Roche-sur-Yon était composé de Dupies6is> Pcuiiard, Huchaud, l^éroteau.
Le comité de PaUuau se formait de Louis Savia, Asselin, Rousseau ^ Tardy, Gîlardeau, Groleau, Cbimar.
Le comité de Roche-Serviére comptait parmi ses membres Lebeau, Guittet, Chaignon, Gaboriaux, BrissoD.
Le comité de Boui|;neura pour président Thomas «le Saint-Marc ci ensuite Pierre Boulât. Parmi les
iiieuibres ou compte eu tôle Louis Guérin, commandant, F. Garnier, Alusseau.
Le comité de Légé avait pour chef Gouraud de la liHyiiiLTe. Mais Cbarette qui avait là son quartiergénéral ne lui laissait que peu d'afTaires.
La liste de ces conseils serait sans fin. Elle serait curieuse, mais difficile à compléter. Qui interroger? Les papiers sont brûlés; les témoins morts.
Coinbieti d'hooirnes, alors enfoncés dans le parti royaliste, ont ouvert les yeux et sont devenus de cbauds patriotes!
Et combien de patriotes se sont refroidis ! Gagnés parl'Ëmpire et les Restaurations, devenus riches, importants, ils ont abandonné les voies de la République.
Us y reviendront!
Par intérêt» par peur !
Les demandes du comité de Challans fureut nettes et franches :
1* Maintien de la religion catholique, apostolique
et romaine.
2 ' Point de prêtres assermentés.
3" Point de réquisition pour les frontières.
4" Puiiil de patentes.
ô* Libre exercice de tous les arts et métiers.
6'' Point de vexations contre les enfants ou parents
d'émigrés.
T Application fidèle de la devise : Liberté, Égalité, Fraternité.
C'était une iayon de petite République dans la grande.
Les formules de Paris étaient adoptées par les
chefs principaux de la Basse-Vendée. Charette mettait en tète de ses lettres : Frères et «m»ts^ et terminait par Sahtt et fraternité.
C'était nous qui, selon lui, étions les insurgés; sa cause était la bonne, et jamais il ne parlait du bra\'e chef de bataillon Viéland, qu'il avait souvent k combattre, jamais des gardes nationales, des Nantais, des Bleus, qu'en disant d'eux : Ces brigamU-là»
Il n'aimait ni les comités ni les commissaires. S'il en toléra un moment rexistence, ce fut quand ils fonctionnèrent sous sa diredioe, et même dans ces cas-là il ne les souffrait guère.
S'il forma quelquefois des commissions militaires.
comme à la Roche-sur-Ton, à Ghallans, à Légé, ce ne fut que pour les chasser presque aussitôt, de peur de leurs observiUions ou de leur cootrôle»
Sa loi fut le caprice, et sa justice le sabre.
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A MoDlaigu, les membres du comité étaieot
La Roche-Saint-Ândré , Chabot de la Coulandre, Richard, i roitier. Bigot. Les paysans qui s étaient emparés de la ville voulaient y faire main-basse sur les patriotes. Ils se mirent k massacrer des gens qui s'étaient rendus, qui s'étaient iié^à des paroles dix fois jurées*
La Roche-Saint-Aïuhé eut une peine extrême à mettre un terme à ces boucheries.
Saint-André était fort royaliste, mais fort humain, très-contraire aux lois de la Convention, mais trèspeu disposé à suivre les mouvements impétueux de la féroce population qui s'était autour de lui soulevée.
A Montaigu , il sauva plus de cent prisonniers. Les dames Goupilleau lui durent la vie. Ses petites filles me l ont dit. .
Il fut moins heureux à MaobecouL
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Les comités secondaires versaient le trop plein de
leurs prisons au comité central de MachecouL
Les prisonniers arrivaient à pied^ à cheval et par charretées. Leur jugement allait vite. Il n'y avait pas
de jugement. Pris, condamné. Pas un ne réchappa'
pendant six semaines !
On liait et Ton fusillait deux à deux, le père et le fils^ le mari et la femme. Plus de six cents périrent î
J'ai vu le champ des morts. Ce sont là les martyrs, ceux de la liberté !
Le président de ce comité de bourreaux était Souchu K
Les membres étaient :
Decouëtus, — Louis Potier, — McolUèrc, — Jean Péraud, — Le chevalier de Keating, — ^I^atour, — ^Rousseau, — Plantier, — ^Jean Guilloteaa, -^Herland-des- Brosses, — J. B. La Heu,— Bâtard, — Fleury, — Archambaud.
Que ces noms ne périssent point, que le royalisme à ces hommes érige des bustes, et que le peuple les ait en exécration!
Ce toi le sang de Macheconl qui monta au cerveau de le Convention etnous valut le décret du Idmars: « Tout insurgé pris les armes à la main sera puni de « mort I »
J'anticipe un peu pour en finir avec les comités.
< Sonebu était un grand faiacar de proclimitions. Void la première phrase de celle qa*il fit afficher en mars 93 : « Le peuple dn pa^fa de Relx et tieni adjacents, raaaenUilé de luî- « même en corps de nation, dans la ville de Macheconl, poor arrêter « le brigandage, secouer le joug de la tyrannie et reconquérir tes « droits et ses propriétés dont il a été dépouillé par la force et la « violeoce des Brigands qui ont usurpé l'autorité légitime... •
ËQ tuai et eu juiu, deux coQseils supérieurs furent établis pour la direction des coDseils de paroisses.
L*id^e do leur création vint à Beruier, qui en devait être ràme.
Que dis-je, l*ftme ! Bemier D*en avait pas. Il ètail dur, égoïste, sanguinaire. H avait de Tesprit, de l'iDstructioUy de l'audace* 11 s'appuya de d'Ëlbée ^t . de Marigoy, et fit organiser ces conseils qui siégèrent d'abord à Moitagne, puis à Châttllon, mais qui sousde grands noms ne furent que des pétaudières. Ils se mêlaient de tout et n'avançaient à rien. L*an> le Conseil-d' Etat, eut la préteutiou d être à la fois législatif f administratif , judiciaire , et de faire la contro^rtie de la Convention, du Comité de Salai Public, et plus tard du Tribunal révolutionnaire.
Quelle parodie l
I/autre, le Conseil ecclésiastique, espèce de concile permanent, ne fut que précaire> impotent, risible : oi les curés n'obéissaient à ce conclave, ni les généraux n'obéissaient à ce parlement.
On voulut ilatler les comités deparoisseeu prenant dans leur sein des hommes influents pour en faire des membres des conseils supérieurs, mais cela ne réussit point. Les comités se moquèrent de cette centralisation envahisseuse, et se disloquèrent quand ils ne purent pas rester libres.
Fillon a donné la composition des deux conseils; il porte à vingt->trois le nombre des membres du premier, à cinq celui de l' au li t'. Passe pour le concile qui, sur le papier» put être formé de l'évéqued'Agra,
du curé Bernier, du doyen Briu, du bénédictin Jagault, du prieur Doussin ; mais du conseil d'Elal, je ne nomlierai que les membres qui, d'après ce que j'ai su de l'un d'eux, y prirent séance :
Ij évèque d'Agra, président.
Michel des Essars, si^coml président.
Bemier, curé de Saint-Laud.
Body, avocat d'Ânj^ers^.
Boutillior, de Mortagne.
Bourasseau, de Choiiet.
Duhoux d'Hauterive.
Larochefoucauld, picLie.
Le Maiguan, de Saumur.
Lenoir, de Saumur*.
Thomas de Saint-Philhort de Grandiieu.
Paillou, do la Flocélière.
Brin, doyen de Saint^Laurent-sur-Sévre.
Michelin, de Cbamptoceaux.
Barré, de Saint-Florcnt-le-Vieil.
Gendron, de Port-Saint-Père.
Duplessis, de la liot he-sur-Yon.
Carrière avocat de Fouteuay, procureur du roi.
Beauvollier, trésorier.
Jagault, secrétaire-général.
Dupaty, secrétaire.
EXTRAITS DKS REGiSTRES. ~ PRINCJPAi;! ACTES.
1" Formaliou de sièges royiiux de justice puur le
' C'est de lai que je ueiis mes note^i, * Ancien oHicier tles carabiniers.