‹ La Vendée en 1793 (volume 2)Chapitre 23 sur 57 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

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Aprèsde longs préliminaii es. j'entre en campagne, ^ious savons le nom des cbets des deux armées* Nous savons les postes occupés par les bataiiloDs et

les bandes, au 1" mai. Manœuvrons uiainteuant avec ces troupes que guident le drapeau tricolore^ le drapeau blanc; et avec de vieux souvenirs traçons

uue histoire neuve, pleine de vérité et de vie.

Sotin , qui devint ministre de la police, était en

93 cuuitnissaire civil près Taruiée d expédition de iBeysser.

Il écrit de Paimboeuf aux administrateurs du

département de la Luire Inférieure, le i'" niai.

« Nous avons fait uue tournée dans le pays de 0 Retz. Miridon, Sainl-Glldas. la Plaine^ Pornic»

« Saint-Père, ont été visités. Partout où étaietil les

a prêtres assermentés, la population était tranquille; <« mais là où les prêtres n'ont pas prêté le serment, <c les tètes sont renversées.

« Dans les églises des réfractaires nous avons pris « les croix et les bannières ; nous avons fermé les « portes. On ne préohe là (jue haine au tricolore, et « ce n*est pas la peine de favoriser nos ennemis. Je <c sais bien qu'on dit que persécution fait guerre. « Mais la guerre est toute venue, et à moins de céder, <( k moins de mettre les pouces, k moins de renoncer « à la république, à moins de crier vive le Roi, vive « le Pape, vive Notre-Seigneur, il n'y a pas moyen « de ramener ces gens-ci.

« Je n'ai pas varié dans mes idées. J'ai vu tout de « suite l'état des choses et quelles mesures étaient à «f prendre : ou laisser ce pays sans y entrer et lui « permettre de se gouverner à sa mode ; ou bien, si « Ton y pénètre, le réduire par la fermeté, car il n'y H a pas d'espoir de le soumettre par la douceur.

« Les chrétiens, pour s'établir dans la Gaule, bri- <t sèrent les idoles. Ce qu'ils firent contre les païens, « rendez-le-leur. Le temps est venu. Brisez tout ce « qui résiste, si vous voulez ici faire régner vos lois.

<f J'ai enlevé des sacristies rebelles tout ce que j'ai « pu : chapes, ciboires, calices, bénitiers, goupil- «t Ions, encensoirs. Beysser a donné une des chaînes (c d'argent au tambour-major du bataillon nantais, " pour sa canne; je vous envoie le reste : faites « fondre. »

général Tuucq écrit de Varades» le 1*" mai, au

général Monou à Angers :

«t J*ai passé la Loire avec cent hommes résolusi et 4t DousavoDs chassé le poste de BrigaodsdeMontglône.

Je suis descendu au Marilais. L'église est renom- M mée, il y avait là une Vierge qui faisait des sienneis; « je Tai prise el mise en terre. Un vieux prêtre est «< venu, qui voulait faire du bruit. Je lui ai dit : « Tais-toi f au je te fusille, il n*aplus bronché* Tous <f les hommes de cet endroit sont avec Boncbamp; •< on ne trouve que des femuies dans les maisuus. La if femme de Bonchamp était ià ; on me Ta dit : je l'ai <( cherchée, maîselle s'est dérobée h nos investigations, « et l uu de mes capitaines, Loiselet, un Parisien, « grand fureteur, a appris que cette Brigande ûeffée « était cachée dans un arbre; mais lequel? — Tirez

« sur tous y et vous l aurez,

4t Le conseil était sûr, mais je ne l'ai pas suivi. t Tirer sur des arbres pour avoir une misérable

« femme, même celle d'uu chef, c'eût été ridicule. « Un vieux soldat ne s'arrange pas de ces choses. « Qu'elle et toutes les femmes restent et se sauvent, «je ne demaude pas mieux; je voudrais qu'il y eût « dix fois plus de femmes avec les Brigands, ils en « sont embarrassés et ne savent qu'en faire : ce sera « leur perte. Notre avantage sur eux, c'est de n'avoir « pas de guenons que nous traînions à notre suite. c( J'ai soin de chasser toute femme qui s'approche de u mes pelotons. On m'a cité un fermier du Ménil qui « était dangereux. Je suis allé pour le prendre, il était

« déniché ; j'ai pris son père et je vous Kenvoie. G e^t « lafamiUedes Marlin, qui luflueot dans le pays, ser- « vent lescorrespondaDGes, eotretioiDeot le mauvais

« esprit et font plus de mal à eux seuls qu'un batail- « Ion. Vous le jugerez. »

Au boa de cette lettre, le général Menou écrivit : « Ce père Martin s'est réclamé du citoyen Restaut. « qui a répondu de lui : je le lui ai remis. Je fais la « guerre aux scélérats, non aux aveugles. >

L'adjudant-général Talot part le 1'' mai du château desPouts^de-Cé, et fait une battue dont il rend compte par une lettre datée de Thouars :

« J'ai la conviction qu*il se trame quelque chose M chez les Brigands. Bouchamp veut kire uu coup, « mais lequel f Je veillerai de mon mieux , c*est tout « ce que je puis faire.

«Bonchamp a passé par ici. On disait qu'il était a mécontent, qu'il se plaignait des Anglais ; et puis « d'autres ajoutaient qu'il voulait passer lamer. Mais « ce sont des feintes.

« Les Anglais promettent plus quMls ne donnent : « ils font leur métier d'ennemis de la France. Que « veulent-ils? la ruine des deux partis.

« le n'ai rencontré à Vihiers, au lieu de Brigands , « que des femmes pleurant, mourant de faim, déso- € lées.

« J'ai tourné autour de Brissac ; je croyais attraper

< Dommaigné et sa bande , mais je n'ai trouvé qu'un «c temps et des chemins de diable, t J'ai passé par dix châteaux, ceux entre autres

a d'Argoiiiic et de Joué où les maîtres sont absents a ettoulendôlabre. Il faudraiioccuper tous ces points- « là Go qui encourage reiinemi, c'est de ue voir point « de troupes. Je cours et me montre partout ; mais ou « me reconnatt, on reconnatt mes hommes^ toujours

« les mônieii, coninic des conipai ses de théâtre : oola «(.finirait par faire plus de mai que de bien.

« Des troupes et des postes partout, des munitions, *t de la vlgilauee, une ardeur incessante, du cœur : et < danaunmois il n'y aura pi us de Vendée; vous le savez « comme moi. Parlez , agissez, je vous seconderai. »

Gauvilliers écrit d'Ingrande, le 3 mai :

« J'ai visité tous les postes de mou commandement « depuis la . Pointe jusqu'à Ingrande. Tout va bien. « On avait dilque les Biigandsavaienl passé la Loire au « Cellier, au-dessous d'Oudou. 11 n'en est rien . Ce sont (c des paysans qui de la rive droite étaientallés rejoin* « die V armée chrétienne et qui rentrent dans leurs n foyers.

« Le bataillon de Ségré est développé sur la rive

«droite du fleuve; il fait des patrouilles de jour et «de nuit; il aide les barques canonutères qui sont « envoyées de Nantes pour protéger la navigation.

«Charlery, à la tôle d'un bataillon d'Angers, passe « àSaint-Floreut,dontlesBrigandssontmaitres, mais « qu'ils n*oecupent pas. Il trouve la citoyenne Guéri- « nière qui lui remet les registres du district. Tout est <c au repos.

« Tuucq fait aussi des courses dans ce canton. Nos

« postes se lient. »

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