I. XX 1 I
Les Brigands se portent sur Thouars tous les chefs y sont; leurs meilleures troupes les suiveutUattaque est vigoureuse y et Quétineau, qui commande les patriotes , ne tarde pas à s'avouer vaincu. C'est un répubiicaiu, brave de sa personne , mais sans expérience, et d'une irrésolution qui cause sa perte. Parti lit Niort, il a approvisionné Bressuire et puis l'a laissé prendre. 11 se laisse de mèmesurpreudreauxÂubiers. Retiré à Thouars, il y fait de mauvaises dispositions , et plus tard il paiera de sa tête de continuelles fautes.
Les acteurs vont parler, écoutez-les.
SlAaotiiB d« PK AT, chef de baiatUoa du Var >.
a Nous étions à Thouars cinq bataillons :
« 1. Celui du Var;
« % Celui de la Nièvre ;
« 3. Celui des Deux-Sèvres;
a 4. Celui des Marseillais ;
« S. Les chasseurs du Midi; « puis quelques geiular nK s. et enfin la garde natio- « uale de Thouars et des environs. Nous avions des « cavaliers pris dans dix régiments : chasseurs, hus- « sards, dragons, venant des dépôts, mal montés et <i surtout mai inspirés, sans sûreté aucune.
« A six heures du matin , le 5 mai , les Brigands
i Savary l'appelle Peu el le lait cliei' du haiaillon des Marseillais. Haïs la pièce que je donne me vient du cabinet d'un liomme qui n*avait (\nfi de Faulhenlique el de Tofficiel.
« parureut. Ils étaient une multitude et couraieol « la campagne. A la lète des bandes, les chefs cara- « colaient avec leurs panaches blancs; on apercevait «des prêtres y on voyait des (emmes qui couraient « dans les rangs. Des chants de Litanies et des cris « de mort arrivaient jusqu'à nous.
« L'attaque eut lieu par le pont de Yrines; nous « avions là un poste» mais trop faible. Quétineau me « donna l'ordre de m'y porter avec mon bataillon. Il « donna le même ordre au balaillon de la Nièvre. Le « feu commença nourri , terrible. Nous ftmes des «retranchements, et le jour se passa en fusillade « soutenue.
« A cinq heures du soir, affaibli par le combat et
« les hommes tués ou blessés, ayant à contenir un « ennemi qui ne semblait pas disposé à lâcher prise, «je demandai du renfort. Que m*envoya*t-on? de « prétendues gardes nationales, des paysans , qui au « lieude se battre prirent la fuite. Je tombai sur eux, « avecmesofficier8,k coups de sabre, pour les rallier: « ce fut inutilement.
« Les Brigands ont des paysans aussi , mais fana- « tiques, décidés, intrépides. Les nôtres sont indiffé- «rents, dénués de sens, mous. Ils seraient plutôt « contre nous que pour nous* C'était imbécillité ou « trahison que de nous en envoyer. La suite le fit « voir.
« Nous avions du canon qui nous secondait bien ; « mais l'ennemi en avait aussi, en plus grand nombre
a et qui Ut taire le nôtre. 11 fallut battre en retraite et
« rentrer dans la ville; notre cavalerie y rentra avant a Dûus. Je voulus voir Quétineau} il viut à moi et « me dit : Tenez ferme. U était bien tompst
« Il fit sortir le bataillon des Deux-Sévres par la a porte de Moutieuil; les Marseillais suivirent ce mou- « vement, les gendarmes de mAme i etil y eut un c< instant où les Brigands furent repoussès jusqu'au « moulin; mais ils revinrent, se précipitèrent, cou- « pèreot le pont au bas du ohâteau, firent brëcbe par
a lapuricdc l'aris, ecrucrciU la pkcc, abiiuèruiit nos « troupes par une mitraillade bieu dirigée, et se « répandirent dans toutes les rues avec une impé-
« tuosité qui fit perdre à Quélineau toute espétt rance»
« Pour arrêter Teffusion do sang^ et d'accoird sans
doulo avec le district, Quétmcau ordonna d'ar- « borer le drapeau blanc Un citoyen fit un drapeau « et le porta sur les mura. Les Marseillais, l'ayant « rencontré, saisirent la guenille infâme et la déchi- « rèrent. Les chasseurs du Midi (Nimesy Narbonne, « Garcassonne ] se mirent h crier : Vive la Répuu blique! mais Quétineau accourut, s'empara du « drapeau etie plaça lui-même sur la tour principale, « pour empêcher le massacre , qui allait être « générai.
« Je certifie le présent Mémoire sincère et véri- « table.
« A Sawtiur, le S moi 1793.
« FRAI, Commandant du Var. »
Les Vendéens étaient au nombre de quinze à vingt
mille; il ioui lôtc marchaient Lescurc , d*Elbée, CaUieiineau, Stofflet» fioQiss&D.Marigoy, Boucliaiup, l^ochejaqueleia.
Ce dernier montra ce qu'on devait attendre de lui; s* il ne dirigea pas toute Tattaque» il s'y porta du moins ayec une intrépidité qui donna Texemple à toutes les bandes.
Il élait le plus jeune des chefs, peut-être de toute l'armée; mais le coup-d*œil, Tépée, ràme^ tout était d'un génie destiné à de grandes choses.
Il était au pont de Vrinesi il était à la muraille, à la porte de Montreuil , le premier il entra par la brôcht^ il la ptnie de Paris, et les paysans le suivaient en criant : « Vive monsieur Henril c'est « le bon Dieu qui est son mattre et le nôtre , les « Bleus sont perdus! »
liXlLIII
On se battit à Tbouars de six heures du matin à sept heures du soir. Plus de douze cents hommes des deux parts furent tués ou blessés. La garnison fut désarmée et renvoyée après qu^on lui eut coupé les cheveux d'un côté de la tête : a Si vous revenez, on « Yousreconnattraet vousserez fusillés* «C'estcequ'on dit aux soldats ainsi demi-rasés. On ne garda queles Marseillais et on en emmena deux ou trois cents qui s'étaient trop bien battus, qui avaient retardé la prise de la ville et qui étaient exécrés pour une expédition faite par eux. en avril, à Bressuire.
On prétendit qu'ils avaient fusillé une douzaine de paysans, pris sans raison dans leurs fermes*
Les Marseillais ne niaieut pas l'extH utlou, mais ils affirmaient que les rebelles avaient été pris les armes
k la iiiaiii et jugés par une commission militaire, eu vertu des décrets.
1^ décrets ! belle excuse près des Brigands !
Ces Llistinctions, je l'avoue, étaient affreuses. Dans cette guerre» les régies mêmes étaient hors de toute règle.
Nous vivions dans l'excès.
et moi qui écris ^ je marche sur la corde raide entre deux abîmes.
Je hais la révolte, j'aime la révolution, pu liurreiir du sang, et je ne sais souvent qui condamuer et qui absoudre.
Quoi iju il en soit, les Marseillais furent exceptés de la capitulation ^ On ne sut jamais ce qu'ils étaient devenus*.
1 Dans le Guide du Voyageur, à rariicte Humars, on dit qu'ils se firent tous tuer à la bataille. Tallien dit la même chose. Ha version est diifêrenie, et je la crois plus sûre. Elle arrive du reste au môme résultat. Les Marseillais, ou ceux qu'on désignait sous ce nom, furent tous
viclimes de leur dévouement à la patrie.
* Un (iûcuinenl in'arrive à l'inslrml. il donne des lumières sur la colère inexorable, toute cnihoUque et sacerdotale, qui frappe les prisonniers réservés de Thouars.
DSCLAIATIOX DE M. CiriLLEHEAU :
« Depuis quelques jours, les administrations départementales de la
« V endée, de Maine-et-Loire et des Deux-Sèvres, avaient fait diriger
« sur la ville de Niort cent cinquante à deux cents prêtres non asser-
« mi'nl(''v, qui avaient éh' déposés au fur et à mesure de leur arrivée
« dans la graude salle basse du donjon, appelée V Infirmerie. Eu ma
« qualité de procureur de la commune , la surveillance des prisons
« m*étant confiée , je n'avais rien négligé pour adoucir leur misère,
« et je leur avais fait fournir les matelas et les vivres nécessaires.
Plusieurs de nos hussards et de nos dragons s'engagèrent dans les rebelles.
Le commandant Prat se sauva déguisé en garçon de ferma.
On vil arriver des bourgades et des villes voisines
0 Sur ces entrefaiies, arrivèrent des compagnies Franches du Midi, « une entre autres de Montauban, composée de jeunes avocats, mé- « decins, itis de négociants, qui avaient généreuiemeat el bravement « quitté leur pays et lenn fanrillea poor venir cootrilmer à la paeifi-
• cation de la Vendée, lorsque nous étions au plus fort de Tinsurrec- « tion. Ces jeunes gens n*étatent h Niort que de la veille» lorsqu'ils « apprirent que le donjon recélait un grand nombre de réfractaires « de la Vendée et autres lieux. Exaltés au dernier point, ils se por* « tèrenl en ms^^o sur la platf-formc du château, en faco «In donjon, « alors entouré d'un vallon profond, et auquel on ne pouvait arriverque « par un pont de bois fort étroit, qui avait au moins trente mètres de « long. Bcndus sur cette plaie-forme, les jeunes gens s'écrièront qu'il « (allalL leur livrer les prêtres, cause de la guerre de la VeuUée, des « troubles de la France el de leur déplacement à eux, qui étaient « obligés d'abandonner leur pays et leurs aillûres.
« Un officier municipal» 11. Rouget, qui était ce jour^là de garde à « la maison commune, instruit de ce qui se passait» accourut aussitôt. « n y avait déjà cinq ou six minutes qu*il était occupé à parlementer « avec ces jeunes gens» connus sous le nom générique de MarseiHa4$, « lorsque j'arrivai ^ la mairie, .le ne pris que le temps de ceindre mon « érharpe, et je courus au secours de notre collégn<».
« Je priais, j'insistais, mais tous nos eflorts ôl in ni vain«;, et nous « ne détournions pas la troupe exaspérée de .son t uneste projet, lorsque « M. le docteur G uillemeau , mou oncle, maire à celle époque, nous « rejoignit. Les Montalbauais menaçaient toujours, mais ils n'avaa> « paient point, lorsque, las de notre opiniâtre opposition à leur livrer « le passage de la tour, quelques-uns d*entra oui pointèrent dans la « direction du pont une petite pièce de canon de quatre livres de
• balles, qu*ils avaient amenée aveceux» en jurant qtt*ils enfonceraient « la porte de Tinfirmerie qui était à l*exlTéroité du pont, en faee»etoti « se trouvaient les deux cents prêtres.
« Ce fut alors que le docteur Guilleuicaii, maire, qui les avait long- « temps pérorésdans leur idiome qu'il parlait bien, ce fut alors, dis-je, « (\\\e M. Guillemeau, M. Rouget cl moi, nous nous plaçâmes au « iiitli II du pont, en disant h ces forcenés que leurs boulets atiein-
TUHE I. S
des paysans et des nobles. Insuccès gagne les cœurs.
On fit des officiers de ceux qui étaient de ijiualUé et qui avaioiit de l'argent.
De la Ville-Baugé,— Piet de Beaurepaire,— Herbauld, — Sanglier, — De Langerie,— PUIpin,— Du Breuil, — Du Itérât,— De Beauvollier, — De la MarsonnièrC; — De Mondyon, — Renou, — MontauUj — Langottiëre.
Il y en avait de quinze ans, de vingt ans, de quarante et cinquante. Tout était reçu avec des transports d'allégresse ; tout était encouragement alors, et Ton
courait à la mort comme à la noce.
Boire, manger, brûler les archives, ce fut tout ce que fit à Thouars Tannée catholique. Elle aurait bien
• draieni les tii:itji.iinils du peuple avaoi d^arriver aux malheureui « qu'ils voulalcot assassiner.
« L'idée de tirer sur des magistrats revêtus de Técharpe tricolore « arrèu sttbiteiiieiit it m^n de celvi qui tenait la mèche aUumée et « voulait mettre le feu au canon. Tout fat sauvé.
« Nos jewies gens, plus exaltés que cruels, forent encore détournés « de leurs funestes intentions par le commandant de la place qnî, « instruit de ce qui se passait, fit battre la générale. Tous ces Méri- « dionaux coururent au point de réunion qui leur avait été assigné» et « l'on profita de leur absence pour prt^ndre do nouvelles mesures de « sûreté, en cas d'aliaque. Heureuseuieal elles ne lureni p iim néces- « ?;iires. Dès le soir même, les compagnies Franches parurent pour « Fouienay, et dans la nuit on expédia, sur des cliariots couverts, « pour Brouage, tous les prêtres qui nous avaient causé de si vives « inquiétudes.
< Certifié sincère et véritable.
. {Niort 14} 19 aiyril 1851.)
« GUILLEMEAU.
« Ancien médecin militaire. »
touitt piller, elle aurait bien voulu faire uh Mauvais parti aux loiictionnaires, aux chefs niilitaires, à QuétÏDeau, à tous : Stofflet oe demandait pas mieax que d'entrer dans cette voie; mais Lescnre, et les autres calmèrent leurs gens, et Ton s'en tint aux prisonniers narseillais : ils paj^renl pour tons.
Dans un coin, sous un habit de garde national et dans un des batailions venant de Poitiers, se trouva «n prêtre qui se dit évéque. Ce fut Guyot de Folleville, qui se fit reconnattre ou non, mais qu'on admit pour ce qu il voulut être, et dont on se servit si souvent dans la suite sous ce nom à*évéque ïTAgra, qui frappait le paysan-.
Des vierges, des mitres, des crucifix, des miracles, c'était ce qu'il fallait au Vendéen ; plus il y avait d'incroyable, plus il croyait.
La Convention frémit et s'indignà en apprenant cette nouvelle : <x Les ^igands sont à Thouars! »
Le retentissement fut immense.
De là date vraiment la guerre de la Vendée.
Tout ce qui précède n'est que prologue.
Lecointe Puyraveau dénonça Quétineau comme un traître qui avait crié : Vive Louis XVli l vive la Reine 1 vive Jésus-Christ !
(I Ce Quétineau cherchait à faire passer dans le « cœur des soldats le poison de F^ristocratie dont il « était infecté, en associant au cri des vils esclaves « des tyrans celui des prêtres sanguinaires qu'il était « chargé de combattre.
u Cornaient se fait-il qu'il ne se soit pas trouvé un a brave qui lui ait plongé son glaive dans le sein? »
Tallien, qui pii^sidaiLà Tours un comité de défense, écrivit que Quétiueau était uu perilde^ un lâche, un agent de Dumouriez.
Le fait estqiie cegéiieial, dans lo premier moment, pour sauver la ville et même la garuisou d'un massacre problable, cria tout ce qn^on voulut, mais sansi quitter sa cocarde, sans renier la République; et, loin de là, quand Lescure, qu'il avait sauvé à Bressuire on ne l'emmenant pas, quand Marigny, Bonchamp, Laroche] aquelein, lui dirent : « Restez avec nous, a VOUS conserverez votre grade, ou, même sans ser*- « vir, vous serez respecté, et vous ne courrez pas le
« risque de périr sur l'échafaud ; » quand mille instances lui furent faites, il répondit obstinément : « Non, Messieurs, je suis républicain. Ëchangez-moi « contre dix des vôtres; je veux me constituer pria sonmer à Saumur, je demanderai des juges; vous « attesterez que j'ai tenu vingt-quatre heures, malgré « l'infériorité do mes forces, et que je ne me suis « rendu qu'après l'assaut, lorsqu'il n'y avait plus « moyen de résister. »
On le laissait dire.
« Je paraîtrai, s'il le i'aut, à la barre de la Conven- « tion nationale. On ne peut sacrifler un homme
« comme moi, plein de patriotisme ! »
£t il parlait sur ce ton, au milieu des Brigands, auprès de StofiQet dont il commençait à échauffer les
oreilles, quand Lescure, lui remetlaut un traité en
forme de passeport, lui dit : « Partez, vous êtes libre, c et de plus vous êtes fou ! »
Arrivé à Saumur, Quétineaa d'abord eut la ville pour prison. Le représentant Carra l'écouta et le protégea. Mais cela ne suffit point. Sur des ordres venus d'eu hauty le général fut mis au château, et la semaine. n*était point passée qu'il partit pour Paris entre deux gendarmes, sur un mandat d'amener de Fouquier-Tinville ^.
li XX Y 1
Tours est dans les transes. La municipalité écrit à
la Convention pour avoir des hommes et des armes.
Après avoir pris Bressuire, Thouars, Montreuil, les Brigands marchent sur Chinon. Le directoire d'Indre-et-Loire se porte en iivant et veul péni' tout entier plutôt que de fléchir, il appelle à lui tous les patriotes*
Mais que fait I ouJuii ? Cette ville ouvre ses portes, abat son arbre de liberté, et brûle la cocarde nationale.
La Convention, environnée de périls, s'aigrit de plus en plus* La Montagne veut qu'on tire dans Paris le canon d'alarme. Il faut faire une adresse aux déparlements et suspendre toutes les affaires civiles : qu'on forme des bataillons, qu'on enrôle les dômes-
1 On disait: le général Quéiîmau; mais it ne signait que : le commandant. Dans one leUra aux administrateura de Haine-et-Loire, lettre datée do 22 mai, et que j*ai dénuée dans le 4« Tolume de mes Fofonfalir.^, Qii6tioeau déclare qu*à la nouvelle de mise en jugement, co fut lui qui se constitua prisonnier au château de Saumur.
tiques et les garçons de café, qu'on ferme les spee^ tacles.
<c Oui, dit Vergniaudi mais sâus fermer immédiatement les théâtres, sans brûler de poudre. Pourquoi redoubler l'alarme par le bruilT Ne peut-on agir sûrement, quoiq^ueavec ordre? Que Paris soit calme : il y a loin eneore d'iei 4 la Vendée, et le patriptisme des départements suffit pour mettre à la raison tous nos ennemis. »
« Qu'au contraire, Paris se lève, dit Robespierre, car c'est lui qu'on assiège. La conspiration est audedans et au-dehors. Les Brigands ne sont pas les plus à craindre ; arrèlons.Ies suspects l »
Marat insiste pour qu'on tire le canon, qu'on prenne des mesures, qu'on déclare que la Convention ne peut sauver la patrie î
« Elle la sauvera, dit Buzot, bi vous n'entravez pa^ sa marche. »
Choudieu Tinterrompt : c Qu'on fasse venir trente
mille fusils de Maubeuge.»
Tbunot ; «Qu'on empêche la circulation des journaux empreints et entachés de modéjrantisme, qui. empoisonnent les départements. >
Bentaboile : < Il y a dans Paris six mille voitures de kxe : je propose d'envoyer dedans et de faire partir pour la Vendée, en poste, toutes les troupes dispa* niblcs. »
Le Comité de Salut Public, saisi de ces motions, les
examine, les pèse, formule des arrêtés qui portent partout Tactivité^ la vie»
no —
Le président annonce, en levant la séance, que le
10 mai la Convention quittera le Manège et siégera au Palais National, les ci-devaut Tuileries,
Sauterre et Rossignol son t dépêchés dans la Yeudée,
Santerre commande tous les bataillons de nouvelle levée. Chaque homme reçoit cinq cents francs en <wstgnats pour entrée en campagne: « Je pars avec quinze Cl mille hommes, dit-il, j*en aurai bient6l cent mille, € car je connais les Parisiens, ils m'aiment; ceux « des faubourgs, les vrais, ils me suivront; nousaurons € avec nous quatre-vingts pièces de canon, et dans un 4c mois nous amènerons pieds et poings liés tous les c< chefs de hordes! »
Hossignol commandait la gendarmerie de Paris, la 35* division, formée des vainqueurs de la Bastille. Il part pour l'Ouest avec la promesse d'être général en chef avant six semaines.
La route se fait en chantant la Marseillaise. Point de discipHne, ou ne sait ce que c'est, on est libre; on va se battre contre des Brigands, les tuer, c'est tout ce qu'il faut, il n'y a pas besoin pour cela de grande tactique; on n'y fera pas de céréniouie.
Orléans, Blois» Tours, sont plutôt effrayées que rassurées par ces troupes, qui ne font heureusement que passer dans leurs murs, et qui^ à Saumur, sont réparties en différentes colonnes et vont sur le Thouet, sur la Dive., On en garde dans la ville le moins qu'on peut*
— 4sa —
Mauvais chevaux, mécbaots hommes, tout cela mal équipé, mal conduit : o'est du gibier pour les
rebelles.
Nos gardes nationales valent cent fois mieux.
Six hommes par compagnie sont détachés des bataillons de volontaires de Tannée du Nord , et se
réunissent à Orléaus pour aller dans la Vendée.
Charles Hesse, un ci-devant prince, un général soi-disant républicain, organise par bataillonsde neuf compagnies tous ces volontaires détachés.
C'est ce qu'on nomme les batailkm de la formation d'Orléam.
Ils prennent des numéros de 1 à 20. Le premier bataillon de Maine^^t-Loire, enfermé à Valenciennes, qu'assiègent les Autrichiens, a fourni son contingent a cette formation. Delaage, Guitet, Lemonnier, en font partie*.
Les renforts venus tant de Paris que de la frontière
* Delaage, adjudnni-major du balaillmi, fat bientôt élevé au grade d'adjudant-géiiéral , et fit loyalement la guerre contre les Vendéens. Il se maria, quitta le service un nioineni , mais ii le reprit sousTErajiire, se disiuigua dans les jurandes baiailles, et mourat sous Louîs- Pliilippe, après avoir, sous la Restauration ^ commandé on départenient comme maréchal-de-camp.
GHitet, fait pfismnier àllonagne, est relàehé par r ordre de d*Aiitîchamp; il entre comme pharmacien dans les hôpitaux mUitaîres* revient à Angers, est nommé capitaine de colonne mobile contre les Cboaaos, commandant des gardes urbaines, pois de la garde nationale, membre du conseil municipal, et toi^ours inébranlable dans son pa* triotisme,
Lemonnicr passe aux royalistes.
— Mi —
s'ÎDCorporent dans les brigades qui enveloppent U contrée qu'iufei>lc la rébellion.
Le 7 mai, les Brigands quittent Thouars et se portent sur Airvault et Partbenay; ils menacent Niort et Poitiers» voulant se rabattre ensuite sur La Rochelle.
A Airvauity une de leurs colonnes éprouve un échec et perd des canon$.
Mais d'autres colonnes, le 9 mai, entrent à Partbenay sans coup férir. Le général Sandos, Gascon qui bavarde beaucoup, a pris la Tuite et s*est retiré à Saint-Maixent; les autorités Font suivi. La population est patriote et fort inquiète. Une prockunation est afiichée pour rassurer les habitants doeiks et mena* cer les clukisles : « Si vous portez les armes contre < la religion et le roi, nous saurons vous châtier ! » Cette pièce est signée :
DeLarochejaquelein, — D'Elbée, — Cathelineai^, — De Beauvollier, — D' Armaillé» — La Bouère, ^ Des Essars, — Langlois,— Cailleau, — De Marsanges.
Tous les jours de nouveaux noms. Le parti se propage. Beaucoup de déserteurs grossissent ses rangs sans peut-être ajouter à sa force.
Les déserteurs n'ont pas le feu des paysans; ils ont plus de vices ; ils ont moins de fanatisme et moins de moralité : ils changent le caractère de la guerre.