CHAPITRE TROISIÈME
Barr^re (lisait : « Une taut dans uq pays d'égalité a ai capitale politique ni capitale des arts. »
C'était frapper Paris de réprobation. C'était flatter renvic des départements. C'était marcher dans les voies du fédéralisme et de la Gironde.
Comment Bariùre conciliait-il cette maxime avec sa profession de foi pour l'unité et l'indivisibilité delà République?
Paris, centre obligé, ne détruit pas le tout; elle est le lien des partis, elle en serre le laisceau.
Paris est Tàme, le cœur^ la tète.
Coupez la tôle de l' homme, et vous n'aurez plus qu'un cadavre. Otez Paris, et la France se dissout, se décompose, meurt.
11 m'était impossible de n'être pas pour la Gironde
taul qu'elle a eu le sentiment républicain, pur, vif, profond. Elle avaitle talent, TélévatioD, le courage : et je radmtrais, je Taimaîs.
Mais je 1 abaudouue quaudelle quitte le droit chemin de Tunité française, quand elle hésite au moment du péril et qu^etle ajoute, par son hérésie funeste, aux maux de toute nature qui dévorent la patrie.
Ëlle nie le projet de morcellement et de partage; mais dans ses querelles avec la Montagne , elle eu appelle aux départements, et ils entendent sa voix. Il y en a qui s'arment. H y a des hommes influents qui se lèvent et marchent contre la Convention. L'étranger s'en réjouit. Les royalistes espèrent et redoublent d'audace. Rien que ces démonstrations rendent la Gironde criminelle. Elle Test au premier chef, par les discours qu'elle tient, les prétextes qu'elle donne , les actes qu'elle liait. Son sort est affreux et c'est un déchirement épouvantable. Mais le Midi et l'Ouest crient : Vive le Roi I Les Allemands et les émigrés crient : MoH à la Béj[mblique / Il y va de nos lois nouvelles, il y va de rindépendance, et le parti qui sert la France dans sa révolution mi toujours le mien.
Si la Gironde ne voulait î)as de la République, il ne fallait pas condamner le Roi.
Si elle veut la République, il ne faut pas, en temps de guerre, de guerre étrangère, de guerre civile, que par ses discussions, ses jalousies, ses fausses mesures, elle Tavorise le despotisme, le fanatisme et tous les fauteurs du régime abattu.
Il o'y a pas de milieu : Il faut tout vouloir ou ue rien vouloir»
Or, je vem la République, je veux le drapeau tricolore; donc je suiscoutre les drapeaux verts» blaocs^ noirs; cooire Pilnitzet GoblenU, contre le pape et ses bulles, contre les rois et leurs armées , contre la Vendée et ses bandes, contrôla Gironde qui déiruii elle-même son œuvre, contre tout ce qui enfin s'at«taque à mes autels et renverse mes dieux !
i.xxx:vii
Je prends de la Montagne ce que j'ai pris de la Giroude: la République.
Il est de mode à présent de dire que le bien public n*a pas de drapeau ; c^est un sophisme, et nous ne vivoDs que desophismes : MM. Guizot^ Broglie, Molé, Thiers, Berryer, sont des sophistes.
Falloux et Montalembert vont plusdroit au but. Ils veuleot le treizième siècle; moi je veux le dix-neuvième, et le peuple est pour moi: ma cause est belle !
Mon drapeau est vainqueur, et, malgré le pape, l'Aulriche et Tautocrate, il flotte sur le Tibre!
Partout où est le drapeau tricolore est l'esprit français, et cet espriUk c'est la vérité et la liberté rayonnantes!
Je sors du Musée d'exposition et j'ai été frappé de
trois an (les pages qui s*y trouvent :
V EnrôlemerU de^ VoUmtaires en par Yincbon.
Le Souper dei Girondins en 93 , par Philippoteau,
La Conciergerie en 94, par Muller.
J'ai passé de T enthousiasme à la douleur ; mais je le déclare^ j'ai été plus vivement impressionné par le premier ouvrage que par les deux autres.
Eu 92, le monde se régénère ei la jeunesse partout prend la téte des nations ; c est elle qui veut, qui exécute^ qui force; elle raisoune et se bat. Les résistances partielles qu'on lui oppose sont vaines.
£n 93 et 94, aux grandes scènes de sagesse, de valeur^ d'humanité, il s'en mêle d'effroyables et que je connais bien. Il y a des pertes qui navrent et des hommes qui tombent qu'on voudrait racheter au prix de son sang*
Mais en dépit de tout , l'idée qui sort des pages brûlantes du peintre, du poëte, de rhistorien, ces pages sont favorables à la révolution.
La révolution est tellement juste, absolue, nécessaire qu'elle avance victorieuse au milieu des batailles, des ëchafauds, des ruines, pour se couronner enfin de lauriers et de palmes, quand le feu sera éteint, la raison entendue, la paix jurée.
Mais nous sommes encore dans le fort des crises. La Gironde ne veut pas marcher, dit- elle, avec les
royalistes. Les royalistes ont horreur d'un parti qui a trempé si avant dans la mort du roi. Malgré ces causes d'antipathies, les deux camps se prêtent un appui visible , ils emploient les mêmes moyens , sèment de faux bruits, empêchent les soldats de courir sur les rebelles, exagèrent la force de ceux-ci, le
petit nombre de ceux-là; ils présentent la France, comme soulevée à jamais contre la Convention, et
provoquent de toutes parts les manifestations et les adresses.
Cent villes se compromettent : Angers, Nantes,
RenneS; Alençon, Caen, Évreux, ont leurs fédéralistes parmi les administrateurs, les généraux, les juges. Les hommes les plus généreux se querellent, se tiraillent, se brouillent à mort.
Le 23 mai, une section de Paris, celle de la Fraternité j acquiert la certitude (af&rme-t-elle ) d'un complot qui menace vingt-deux députés, ceux de la Gironde; elle paraît à la barre, et après Texposé des faits, Torateur conjure l'assemblée de ne pas souffrir plus longtemps qui l'impunité enhardisse les conspirateurs ; « Plus de mesures timides; elles accroissent « Taudacedes factieux, elles vous aviliraient et vous « perdraient vous-mêmes. Songez qu'il ne peut y « avoir de transaction entre le bon et le mauvais • génie de la République. Il faut que Tun triomphe « et que l'autre soit abattu. Législateurs, nous no « ferons point de nouveaux serments, mais nous « tiendrons ceux que nous avons faits. Nous sauve- « rons la révolution en la tcnniiiant et en la pur- « géant des scélérats qui la souillent. »
Viger d'Ângers, homme d*esprît,. marié récemment à une jolie et riche héritière, auteur d'écrits sur Téconomie politique, et nommé suppléant aux représentants du peuple, entre à l'assemblée le mai, et déjà le 23 il est très-avancé dans la Gironde. C'est
lui qui, le 24 mai, faitlerapporisor la pétition qu'on
vient lie lire. Il conclut dans le sens de la section, el demande l'arrestation de ceux qui conspirent : le décret est rendu; mais encore quelques jours, et
cette arme tournera contre ceux qui TafiQlèrent.
Au début des guerres de la réTolution, les armées
prirent le nom du Nord, de la Belgique, des Ârdeunes^ de la Moselle, du Rhin, des Alpes, d'ItaUe, et Ton vit se succéder au commandement Rochambeau, Ûilion, Beurnonvilie , Lukuer, Lafayette, Dumouriez^ Miranda, Gustine, Biron, Hontesquiou, Kellermanu, Anselme.
Berruyer commandait 1 armée de réserve qui aux premiers temps gardait le Centre, VOuest , le Midi.
Les divisions s'étendaient ou se resserraient sur les frontières du Nord et de 1 Est ou l'on se battait, selon les succès ou les revers.
Les ennemis croissant, le nombre des troupes et des généraux fut augmenté. Il fallut songer à avoir une armée spéciale pour les Pyrénées, contre l'Espagne; une autre dans r Anjou et le Poitou, contre les rebelles.
Plus on avançait, mieux on se dessinait : le talent
et le courage ne suffisaient pas, U lallait ropinion. Avant la mort du roi,, il y avait des ménagements, des tergiversations, des réticences; après, ce fut d'autres périls, d'autres devoirs, d'autres chefs. L'échafaud du 21 janvier trancha tout.
Ce fut la borne entre deux mondes.
Ce fut le sceau de la révolution et, comme toujours^ la consécration dans le sacrifice !
Voyez tout de suite quel mouveaieut violent est imprimé! comme tout se précipite I comme les idées changent ou plutAt se révèlent ! Les grands noms offusquent, accompagnés qu'ils son t de grandes ambitions. On renouvelle l'ostracisme; on éloigne qui brille; on veut que l'abnégation se joigne au mérite.
Les généraux fuient, trahissent, cessent d'inspirer de la confiance : on remplace et od réorganise tout. C'est Camot qu'on charge de ce travail, mais il s'occupe surtout de la guerre étrangère. Prieur ( de laCôte-d'Or) est son second, et c'est lui qui règle ce qui concerne les troupes destinées à réprimer les révoltes intérieures.
Carnot a la haute main. Prieur fait le détail, influe sur le persounel, dirige la correspondance.
C'est alors que sont créées au Midi les armées des Pyrénées-Orientales, des Pyrénées-Occidentales, et que Dugommier s'immortalise.
A l'Ouest, l'armée de réserve se divise en trois sections :
L'armée des côtes de La Aocheiie.
L'armée des cAtes de Brest.
L'armée des eûtes de Cherbourg.
On recrute partout, on espère partout.
L'armée frimçaise sous le roi n'était pas de cent mille hommes. L'infanterie était mal équipée et mal armée, \e» arsenaux étaient vides, les places déman-
T<MU t. Il
telées, rartillerie en désordre, la cavalerie nuHe, sauf les régiments de luxe qui avaient de jolis chevaux.
Où passait rargent du peuple? aux pbisirs des
princes!
Dumouriez remonta un peu Tarmée pour la &ire servir & ses projets; mais en fuyant il livra aux Autri*
chiens vingt-cinq mille hommes, viiigl mille fusils, et regretta bien de ne pas leur livrer de même nos chevaux et noa canons.
Gamot répare tout.
Les fournisseurs y voleurs et dilapidateurs sont forcés de rendre gorge.
Les magasins sont remplis, nos soldats mangent. Cent soixante places de guerre sont en moins de trois mois mises en état de défense. Quand on pense
que, tout l'hiver, celles du Nord sont restées avec deux mille hommes à peine pour les garder 1
Enfin tout sort des ruines !
L'artilleiic est agile et s'est vite formée. L'infanterie, plus vite encore. On l'exerce tous les jours et ce qu'elle n'a pas en instruction, elle y supplée par
le cœur, l'élan, le patriotisme.
La pavalerie va aux manœuvres trois fois la semaine; elle est plus faible : non pas qu'elle ait moins de courage; mais le cheval est plus difficile à dresser, à manier, à rompre. H faudra tout Tété pour qu'elle puisse prétendre à lutter aux frontières contre la cavalerie ennemie.
Nous n'avons dans l'Ouest que de la cavcJerie
légère : dragons , chasseurs, hussards. On remploie en reconaaissances » en correspondances et en escortes, et nous perdons beaucoup de ces braves
geus, qui sont tués par les papans embusqués et les gardes-chasses.
Le commandement des trois armées qui plus par-* ticuliôrement ici nous iutéi esseut est dans les maius de Biron, de Ganclaux, de Félix Wi|Bpfen.
Biron a sous ses ordresParméedes côtes de La Ro* chelle et les départements de la Charente-Inférieure, des Deui-Sèvres, d'Indre-et-Loire , de Maine-et- Loire, de la Yendée*.
Son quartier-général est à la La Rochelle.
Les généraux Menou et Duhoux ont le commandement particulier des troupes de Tonrs et d'Ângers et de leurs districts.
Ganclaux a sous ses ordres Tarmée des côtes de Brest et les cinq départements de la cinleyant Bretagne : Finistère, Morbihan, Côtes-du-Nonl, Ille-et- Vilaine , Loire-Inférieure ; son quartier-général est a Nantes.
Wimpfen a sous ses ordres l'armée des côtes de Cherbourg et les départements du Calvados et de la Manche.
Son quartier-général est à Cherbourg.
Toute cette organisation est admirable : on duuit
1 KeUennaii avait élé désigné pour commaiider les efttes 4e La Roe1ie1l«» nai» il n'y est pas jtm et on renvoie aux Alpes.
un échiquier. Tout a sa case ; pas un mouvement qui ne soit combiné avec un autre.
Si tout le monde avait Tesprit de Garnot, son dévouement y son calme^ et cette chaleur pourtant intérieure et profonde que rien ne peut éteindre, la France serait bientôt délivrée de ses ennemis.
La Convention a délégué de ses membres dans les départements et près de toutes les armées.
Carpentier, Bouvet, Laplanchesout k Caen, Cherbourg, Saint-LÔ, Avranches.
Merlin, Gilet, Gavaignac, Turreau, Prieur de la Marne se divisent les départements de la Bretagne.
Auguis, les Goupilleau, Bourdon de TOise vont de Niort à La Rochelle, à Fontenay jusqu'aux Sables. . Carra, Delaunay (Pierre-Marie) , Choudieu, Julien (de Toulouse), Tallien , Bourbotte, Richard (de La Flèche) forment à Saumur une commission que ce dernier préside, et qui le 22 niai fait une proclamation qu'on publie avec grand appareil dans toutes les rues d'Angers.
Le» RApfésenUntA da Peuple eiiToyés lurès rarmée des c6tei de U Rochéne, aux citejens de la YÎUe d* Angeis.
< Citoyens,
c Les rebelles qui dévastent votre territoire et qui fc veulent détruire la République n'ont plus que c quelques instants pour exercer leurs brigandages; « la République tout entière s'avance contre eux;
« des forces considérables arrivent tous les jours • « ils vout eiitin être écrasés.
(c Od nous dit que quelques-uns d'entre eux se . « réunissent sur Chemillé et Saint-Lambert. Ils vous « connaissent, ils ne vous approcheront pas; copentf dant nous savons que le passage de la Loire est « leur dernière ressource : il faut la leur ôtcr. Nous 0 vous taisons passer des troupes» sous peu de jours « elles seront prés de vous; jusque-Ik, veillez sur les « traîtres. Nous nous reposons avecéonfiance survous- « mêmes du som de votre défense^ nous sommes sûrs M que s'ilsavaient Taudace d'attaquer le poste hnpor- « tant qui couvre votre ville, vous leur montreriez « encore une fois ce que valent les amis et les dém Censeurs de la liberté.
« Au nom de la République^ nous confions à votre « patriotisme et à votre courage le soin de défendre « le poste des Ponts-de-Cé et la rive droite de la <{ Loire, jusqu'à ce que les troupes que nous y faisons a passer soient arrivées.
€ La présente proclamation sera lue par les corps «t administratifs à la garde nationale extraordinaire- « ment assemblée. »
Le rappel fut battu , la garde nationale se réunit au Champ-de-Mars, et T acte des représentwits fut reçu par elle aux cris de : Vive la République!
La vallée de la Loire a une lieue de large. Lo fleuve a trois bras principaux flanqués de deux
moindres, Tun qui se grossit de TAuthioD , l'autre qui preud le uom de Louet.
On passe cette valléeet le fleuve sur desfiles de pouts dont on fait remonter l'origine jusqu'aux Romains.
lÀy une population de trois à quatre mille àoies se divise en trois seotions :
Celle de Saint-Aubin à Test.
Celle de Tlsle avec le château au centre.
Celle de Saipt-Manrille à l'ouest.
Saint-Aubin etVIsIe forment une paroisse ;'Saint- Maurille, une autre. Le tout ne fait qu'une commune qui prend le nom des Ponts^le^Cé.
y Isle et Saint-Aubin passent pour patriotes ; mais Saint- Mauriiie penche pour les royalistes.
Au-delà du Louet sont les buttes d'Ërigné sur lesquelles tournent six moulins à vent. Ces moulins sont des forts où s'établissent les avant-postes de la garnison d'Angers et des Ponts-de^Cé.
Généralement nos troupes s'y sont maintenues; mais plus d'une fois pourtant les Brigands les ont repousséesy et quoique à différentes reprises on ait coupé les arches, ils se sont emparés de Saint* Maurille, de Tlsie même, du Château, de Saint- Aubin et se sont jetés sur Angers par les triples chemins de Sainte-Gemme , l'Image-de-MomSi Saint-Augustin.
Angers a été dans de grandes alarmes, on a fermé les boutiques, on s'est porté en colonnes serrées audevant de l'ennemi qui, s'arrêtant tout-à-coup, n'a encore osé venir jusqu'au pied des remparts.
XCIf
Voilà l'état d'Angers^ voyoDS les euviruns.
Gauviliiers écrit aux administrateurs de Maine-et- Loire :
« Saint-Georges, fo24 mai i793.
« Je ne sais ce qui se passe à Paris^ en Norman- (V die, en Bretagne. On a intercepté des courriers
« qui voulaient pénétrer dans la Vendée. Ce sont des a paysans coiffés de bonnets à deux Jaces, chaussés « de sabots, qui montent de petits chevaux sans « selle et sans bride qui vont comme le vent, et € portent les dépêches cousues dans leurs hielUi* f On n'aie papier qu'en tuant l'homme. Ce sont des 8 correspondances de jour et de nuit. J'aii ûtesou- « vent, je fusille, mais je ne vois pas tout. 11 y a bien « des faux frères. Sur quoi compter?
<i Je n'ai avec moi dans ce moment que deux cents « gardes à pied d'Ângers et vingt-cinq cavaliers de « la Saribe. Que faire avec cette poignée d'hommes « pour empêcher les Bris^ands de passer la Loire « s'ils en ont envie. Ils sont maîtres à Saint-Florent, f au Mesnil, à Montjean, à Ghalonnes» à Roche- « fort, à Mantloa, à Denée. Ils tirent sur nos baril ques canonnières et nous tuent beaucoup de < monde.
« Au nom du salut public, envoyez-moi des « troupes.
« Poit-serîpAim.— Je reçois votre billet du 23. Je
« vois, citoyens administrateurs, quels efforts vous « faites, et je crois que si ma position estdifiicile ce
c n'est pas votre faute; mais rappelez-vousiiieu que « si la Convention ne nous secourt pa^ promptement,
« nous serons taillés en pièces par des forces dix fois « plus nombreuses que les nôtres. »
LcmideGAUVILLIERS.
« Datée de La AiotUere, ie 25 mai 1793.
« Citoyens administrateurs, j*ai marché de Saint- 4t Georges sut Champtocé avec ce que j'ai pu réunir c du batailioB dl^ngers, les cavaliers de la Sarthe, « les gendarmes et deux canons. Tai fortifié ce poste n d'où l'on peut secourir Ingrande et l'île de Chaa lonnes, où le bataillon de Gourdon avec de braves « Angevins est cantonné.
« Le bataillon que j'avais k Champtocé est resté « tout le jour en bataille en face de Tennemi. Ta! A pris la cavalerie et les gendarmes et m*en- suis venu « à Ingrande où j'ai trouvé tout en ordre, mais « inquiet aussi; car l'ennemiy en face, est nombreux,|et i( il y adans nos rangsdes rumeurs sourdes, des non- « velles de Paris qui circulent, desopiuious contraste tantes qui sont du plus fâcheux effet.
« J'ai beau dire : PoirU de discussion , pmtU de « querelles, les Brigands sont là, ne pensez qu'à les a vaincre : on secoue l'oreille et cela ne dit rien de 8 bon.
t< J ai amené le bataillon d'Indre-et-Loire à la c Riottière. Il yadedans^m'assure-t-on^ des Gironcc dins, des Montagnards, qui se cachent de moi et
a qui sont toujours prêts k croiser les uns contre
« les autres la baïonnette. 0 citoyens! qu'un coma mandant est à plaindre d'avoir à mener tant de « braves camarades qui ne veulent obéir qu'à leur
'« idée!
tt J'étais à logrande au moment de la foire : c'est <i un spectacle à décrire. Les paysans étaient nom-
« breux. Il y en avait de cinq et six lieues à la ronde,
et ne croyez pas qu'ils se montrent hostiles. Non, « ils sont doux et liants. Ils ont ri avec nous, bu avec « nos soldats, et Ton ne s'imaginerait pas qu'il y a « dans chacun d'eux un complice secret des Brigands.
« Pour les contenir, les effrayer, leur ôter le goût « de s'armer, j'ai fait faire à nos troupes des évolua tions qui ont été fort bien exécutées. Les paysans « ouvraient de grands yeux et semblaient dire : //
neferaitpas bon se frotter à ces gens-là ; mais le fana- « tisme est plus fort que la peur, ets'il vientunprôtre
il n'aura qu'à dire un mot pour lancer tous ces tt bouviers-là contre uous, comme des loups-cerft viers.
c II m'est venu de Ségré, par Candé, des patrouil-
« les à cheval qui nous ont affirmé" que sur leur « parcours tout était tranquille ^ « Le feu couve sous la cendre. »
* Cette cavalerie de Ségré avait été autorisée par un arrêté du département. Elle prenait le nom de Gendarmerie volontaires et se composait de trente des jeunes gens les plus riches du pa)s :
Banoelm jeone, capitaine; Gaillaumé, lieutenant; Rabault de Terquin, sous-Ueutenaot ; filolUU, maréchal de-logis; Desgrées» brigadier} GosDard atoé, brigadier; Cocnard jeune, Hondebine afoé, Bcriro» atné» Monnier, Champroux le jeuDC» EsnankFresnais, Uorel
BilliideGAimLUnS.
Saint-Georges, 26 mat.
« Je reotre au cantonnement et je tronre un nou- « yeau batatHon d'Angers plein de patriotisme et « d'éuergie. La ville est inépuisable. Elle donne un a bel exemple. Merci de ces renforts* Comptez sur tt moi, comptez sur Yiot, €k>urdon et tous nos amis, € qui ne dorment guère.
« A rioatant (10 heures du soir), je reçois des « représentanis Choudieu et Richard Tayis de sept « cents hommes qu'ils m'euvoient de Saumur, le « long de la Loire.
< Vive la République! »
JL € I I I
LimB deLETE&MB SAULNIBR à Bodard, nédedii àParô.
« Angm^^Û moi
« Les soldats que vous nous envoyez vendent « leurs armes. On leur donne à Paris des fusils qui « ne serviront qu'aux Brigands. Ils vendent leurs a muoitious, leurs habits, jusqu'à leur pain. 11 y a « des dame» et des prêtres qui font ce commerce, fx Le directoire du département a pris un arrêté « sévère contre ces dilapidations, ces lâchetés, ces « manœuvres. Mais on brave tout.
Il Pour gêner les espions, entraver les comploa leurs, éviter les abus de toutes sortes, la munici-
le, jeune , Isaac, Maisonneuve, Monlreuil, Toudouzt?, Rabault jeune, Baudouin tih, Guiliot j« une, Duclos, Poitevin, Rousseau aîné, Rousseau jeune, Borie le jeune, Bcllouis aîné, BodÎDÎer, Jatlol ahié, Jalkil jeune, Roussîer jeune.
« palité a ordonné que chaque citoyen ou citoyenne
« eût une carte de .s^)re/J individuelle. Marchands ou « magistrats, ouvriers, gens de Saiot-Laud pour m Tendre leurs légumes, tous ont leur carte et la « montrent à la première réquisition des commis- « saires de police : c*est un ennui, mais on ne sait « comment faire pour distinguer les patriotes des
« aristocrales et des Bri^^inds.
f Une bien mauvaise nouvelle est celle qui nous « arrive : Les rebelles battus le 16 danà la plaine de « la Pissotte près Fontenay sout revenus en force. « Ils étaient commandés par Lescure, Larocbeja- « quelein, d*Ëlbée, Bonchamp, Baugé, Donissan,
« Dommaigné. L'évèque d'Agra leur a donné l'abso- « lu lion et ils se sont précipités sur nos troupes, a Chalbos les a reçus avec résolution. Il avait près de « lui les eunfipagnies franches de Montpellier, de Bora deaux et de Toulouse, qui se sont fait hacher. Nou- « vyon et Dayat ont chargé avec intrépidité , et « d'abord nous avons eu l'avantage; mais notre cava- « lerie s'est effrayée « les gendarmes ont pris la fuite « et une déroute complète s'en est suivie ^.
f Fontenay est au pouvoir des Brigands. Nos solt dats ont commencé par piller lacaisse, les Brigands « achèvent; ils brûlent, dévastent , n'épargnant « que les blessés de l'hôpital. Ils ont des milliers a de prisonniers, mais, ne sachant qu'en faire, « ils les renvoient en leur coupant les cheveux
' Le TepféMBUiit Garoier (de Sainles), qui smistait à U baiailk, maM|iia d*élre pris.
t comme à Thouars. Us gardeot cinq cents otages ^ € Le vicaire Barbotin, lecoDseil de StofBet, s'est
u trouvé à la prise de Fonteoay ; il était déguisé et « armé. Eairé des premiers dans la ville, il s'est « porté à la maison d'un de ses anciens bienfaiteurs , « le citoyen du Clousy, qui, ayaut voulu lui iairo « quelques remontrances , a eu le crâne fendu d* un
• coup de sabre que lui a lancé le prêtre'.
« Heorcusement, les grenadiers de la Convention « arrivent; ils vont £ure le noyau d*un corps qui» « reprenant l'ofTensive, vengera l'affront cruel qu'ont « reçu nos armes.
« De toutes parts les patriotes sont obligés dequit- V ter le pays que ravagent les Brigands* Tous nos « petits bourgs des environs d'Angers , ainsi que la a ville elle-même* sont pleins de réfugiés; il faut € des logements, du pain, des secours de toute
• espèce, pour ces familles qui laissent et perdent « tout derrière elles. Le département prend des < arrêtés; mais les fonds!
« Va voiries membres des Comités de Salut Public, « de Sûreté générale, et montre-leur ma lettre qui, c pour n'être pas officielle, n'est pas moins sûre.
« Befîroy, qui commande la légion de la l later- « nitéet qui est en cantonnement aux Vercbés, s'est « avancé sur Nueil et Passavant ; il a repoussé les
^ Ce fut à Fonienay, le i6 nai, i|ae foi Oâl le règlemeol des conseils
stt|>érîeors de l'armée clirtHienne el royale.
* Barhotin a pour icolyie uo abbé isluart Ferrey, qui ne vaul pas mieui <}ue lui.
a Brigands, mais il s'en est rcvuuu avec ua coup de ff pique dans la cuisse.
Il II est un peu Tieux pour une telle guerre.
0 Lescure , fier du succès de ses bandes, fait faire f la liste des individus qui ne combattent point, afin « de leur faire payer de fortes contributions.
« Il a ordoimé à tous les curés qui avaient prêté € serment de se rétracter et de prendre des autorisar ff tiens de VèYèque d*Agra* 11 leur donne^ jusqu'au a 2 juin; passé ce jour, les opposants feront mis en «prison et jugés.
« On m'apprend que Condé a envoyé à Jersey et à « Guernesey tous les Bretons qu'il avait dans son « armée, aân qu'ils débarquent sur la côte Irançaise « à la première occasion et se forment en bandes conc» trc nos troupes.
s Vois Carnot, Prieur , tous les iuûuentSi et aideci nous, ami, à nous tirer de peine.
Les Officiers municipaux Ue ialniont aux Administrateurs du distriet des Sables.
c Taknont, V mai 4793, Ton il <fo B^pMquB.
a Citoyens et Frères,
a Cessez vos doutes, la perfidie est à son comble, c une troupe innombrable de Brigands désole Foute- € nay. Des traîtres parmi les habitants et la pusiilap- € nimité des troupes ont ouvert les portes aux rebelles, tt qui ont été reçus à bras ouverts: artillerie, muni- « tiens, toutest livré. Deux braves républicaines ont
« dénoncé au citoyen Fèvre riofftme trahison des
» Fontenaisiens. Un billet de sortie a clé délivré en « ces termes : « Laissez passer deux femmes de Mou- « zeille pour se rendre chez elles.