‹ La Vendée en 1793 (volume 2)Chapitre 3 sur 57 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

Le divin par l'homme ^ I

D*autres recueilsi>nt paru : ceux de MM. Guépin, Filloo, BaDcelin, Blordier ; \ingt autres du même genre, des spécialités, des localités, des rapports, des carnets, des journaux, des liasses ; j'ai tout lu avidement et je cherche eDCore.

Guépiu dit Nantes, et Blordier dit Angers. Tous deux sortis de la révolution, mais d'une date différente etjd'écoles diverses. L'un plus hardi que Tautre. Guépin toujours fidèle et plein d*élévation, Blordier se trompant parfois sur les faits généraux, sur les iioms de lieux et d'hommes et ne s'émancipant guère. L'un apAtre d'une mâle philosophie que rien n'arrête, Tautre docile oi^ane d'une modération indéfiniment concessionnaire.

Suivez Guépin pour le mouvement de la réforme en Bretagne; ne suivez pas Blordier dans ses aper^ çus de la Vendée, il s'y égare souvent ; mais tenezle pour curieux, quoique incomplet, dans tout ce qui concerne le vieux temps de sa ville natale.

Bancelin foit des révélations précieuses sur Ségré et tout ce district; et quantà Fillon, qui écrit de Fontenay avec des documents empruntés aux Goupilleau, il jette des clartés toutes nouvelles sur les massacres de Machecoul. sur les relations et le caractère de Souchu et de Charette, sur les négociations des

< « U D*j ft qu'une chose de droit divin ou plutAt de draîl humain : « U Uberté.» (Ton^oël» 9 juillet 4851 .)

rebelles avec l'Espagne et l'Angleterre, sur les comités de l'iasurrectioni la contrainte dont il fallait user pour soulever les paroisses, la tiédeur fréquente (les soldais catholiques, les malentendus des chefs et les partialités du livre de Baraule ^ \

Et que dire encore de neuft

Oue dire? mais tout est neuf! le sujet a nulle laces, il est inépuisable, i'ai des matériaux à moi, j'ai des souvenirs, j'ai des ciroonstaitees et des appréciations particulières sur tous les faits: je ne veux rien perdre.

Et ap>^s moi, et après nous, le génie viendra.

Et alors il se fera sur l'Ouest un travail immense.

Et le mystérieux ébranlement de cette vaste contrée ; ce choc des convictions^ des croyances, des doutes; ces sarcasmes lancés dans le sanctuaire, ces risées de l'autel ctdes cérémonies, et cette aversion profonde pour un vocabulaire abominable et impie; ces étincelles ou ces obscurités, ce mépris ou cette passion des rites antiques, ces masses d'élèves de Rousseau et de Voltaire qui se précipitent sur l'ignorance, et ces populations accroupies quise cramponnent au moyen-âgCy et ces prêtres qui sifiSent comme des serpents du milieu des broussailles, et ces nuées de femmes qui s'envolent sur leurs traces; ce dégoût de la vie dans les plus jeunes, cette soif du sang dans les plus timides, ce désordre efîrénédans les plus chastes; ces serments, ces parjures; ces deux cocardes, qui,

* Lisez, Usez cet intéressaol ouvrage publié par Fillon en 4847, chez Robucbon. H n*a que cent pages, mais il est plus ulik* k consulter que les plus épais volumes.

comme deux étoiles ^ guident des légions iragabondes

et iunuuibrables; tout ce carnage et ce bruit et ce monde ému jusqu^en ^ entrailles^ et toutes ces phases, ces crises, ces évolutions de la société bu- ^maine auront leur Bible et leur Iliade, leur muse» leur Homère, Hérodote ou Tacite, Hugo, Lamartine* Michelet, qui s'empareront de ces épopées, de ces fastes, et feront vibrer les cordes de cette musique d'une terre devenue un temple!

C'est toi que j'attends, 6 Muse, c'est toi que j appelle.

Chante et pleure cette Vendée que j'ai tant parcourue, que j*ai tant aimée, que j'ai sauvée peul-ètre de quelque entraînement funeste et d'une rechute I

Lieux désolés et chers ! où tant de généreux patriotes tombèrent sous le fer aiguisé par les prêtres; où tant de braves paysans furent les victimes du cru eiiix et de la Vierge, qu'on tendait sous leurs pas comme des traquenards I

Pas un sillon que le sang n'ait engraissé, pas un écho qui ne redise la plainte, pas une pierre qui ne recouvre une tète, un bras, un corps brisé.

Qui fouillera ces cendres, (iiii secouera cette pous^ siére, qui interrogera ces ossements blanchis et en tirera des leçons pour les âges fulurst

0 Muse de la révolution , viens et couvre Ue la voix les cris renaissants du fanatisme!

CUAPlTllIi DEUXIÈME.

Je ne doune ici qu'un épisode , une moitié do guerre. Je ne traite que d^uneannée, Tannée Tameuse,

l'année 93, qui vit le soulèveoient général des Vendéens, la prise de Thouars, la prise de Saumur, roccupation d'Angers, Téchec de Nantes et une halte aussitôt pendant le débat des grands partis de la GonTention.

Puis le rcvcil, qui vint luix rugissemeiils des îiaiiiei> du dehors, et ce déchaînement royaliste, ces trahisons qui causèrent la terreur; et les hostililés prenant un caractère de frénésie ; les bataillons et les hordes grossissant, se heurtantj se prenant aux cheveux, se mordant, se tordant, se traînant par lambeaux dans le feu et la poudre.

Et les républicains chassant de leurs bois sacrés les catholiques.

El les Brigands, désespérés, pleurant, maudissant le sort; mais qui, fuyant péte-mèle, se retournent, se hérissent y se dressent comme des lions, étonnent le vtiliiqneur, rarrétent, le repoussent, lui dispulenl sa proie» lui font l&cher prise ;

Et sont encore dix fois battants, battus; échouent à Graiidville , triomphent à Aotrain et à Dol , s'épuisent devant Angers où la fatalité les ramène, et s'en vont, par Le Mans et Laval, écharpés, rompus, s'anéantir à Saveuay, dont le sac est leur tombe.

Voilà mon livre : Hommes de sang, femmes vio<lées, maisons en ruines.

Tous les droits de l'humanité méconnus, la morale oubliée, et des titres qu'on se fait de Voi^îe infime.

Parmi ces lâchetés, il y eut de rhéroisme, il y eut de Tatteudrissement, des traits sublimes, des fêtes.

J'ai dansé sur la mort. J'étais des farandoles autour de l'arbre, autour des arbres, car il y en avait deux : Liberté , fraternité.

Où soat-ils? où sont-elles?

Tant de sacritices faits ont-ils été perdus?

Oh! non, j'en jure!

Je n'écris pas de sang-lroid. Il fa ulque vous m*excusiez. Pas un souvenir qui sorte de ma pensée; et souvent, durant jour, durant la nuit, je sens eu moi un grand trouble.

Aux cris de rage succédaient les chants de miséricorde .

0 voix saintes, mais rares!

La bonté n'était pas la vertu dominante, c'était le

courage. Lsapilié, en ce tenips*là, s'exila de la terre. La peur la tua. L'instinct de couservâtioo rendait abject. Ou reniait sa sœur^ od dénonçait son frère , et je sens mes yeux qui se remplissent de larmes,

Ou bien, ce qui était pis, on s'amusait du meurtre» on s y habituait/ on s'en &iaait un besoin, on respirait doucement Vodeur do la bataille, et Ton était alors inexorable 1

La Vendée eut ses germes bien haut et bien loin. Elle vint de Pilnitz et de Cobleotz plus que des Tui* leries. Galonné en fit le plan. Les princes y eurent plus de part que le roi. Ils pensaient plus à eux qu'à lui ; plus au tr6ne qu'au frère.

Les princes regardaient le roi comme englouti , sou fils comme mort. Ils se partageaient leurs dèpouines et s'établissaient sur leurs cadavres.

Vilains elresî que nous avons vus et souflerts à Paris, vingt ans plus tard, bien fardés et déjetés» bien afCeimés, bien faux.

Et la France, lasse de guerre, de despotisme et de tout» les écouta un jour, et ne fui payée de sa longanimité ou de sa faiblesse que par des déceptions et des outrages.

ZI il

Mais Louis XVI n'était pas éti auger aux complots. Il soupçonnait , bésitait , laissait faire.

La reine prévit et apprit la révolte. Elle vit chez

la princesse deLamballe, où étaient ses rendez- vous, tous les hommes influents , et approuva tout ce qui

se faisait et se ferait 4 Paris, dans le filidi , dans

rOuest, par le noble el le prêtre, et par le bourgeois, cette race hybride ^ la plus rétrograde et la plus enragée.

Le bourgeois, plus près da peuple, craignait plus le peuple et s'affligeait plus de son contact; il n'avait nulle idée grande, morale^ généreuse, et n'atait pour guides que sou avarice et sa vanité.

C'était cette vanité qu'on caressait^ qu'on exploitait et dont on se faisait une arme contre TAssemblée ûatioQcaie, la Conventiou et le peuple.

Le roi et la reine se débattaient contre les votes, les exigences , les formes, qui étaient pour eux do l'hébreu 9 qui leur liaient les bras, la langue et le cœur.

Que ne s'étaieut-ils évadés par Yarennes!

Mais le roi était aussi lourd que la reine leste. Il mangeait, dormait et n*aUait point; il eut la porte ouverte et ne passa point, et d'un coup-d*œil la reine sonda l'abîme I

Restés et garrottés » ils prirent des secours où ils purent.

Ces deux têtes couronnées (hélas! découronnées

par la main de fer du sort ! ), sur le môme oreiller, de retour aux Tuileries, que se disaient-elles?

Ijq mari et la femme, en causant la nuit, seuls, ne concevaient de sceptre, de diadcuic et de ré^ne, que ceux de Lonis-le-Graud.

Mais ils étaient trop petits.

Les heures fuyaient pour tous et no s'arrêtaient que pour eux.

Dans leur esprit, toujours, la royauté et la France c'était un.

La France était à eux ; ils eu étaient les délices et les maîtres.

Ils avaientsoeé ce leurre avec le lait.

Hais de plus neufs et de oiieux avertis eurent-ils d'autres idéast

Le trône donne lu Yertiu:e.

Napoléon eut des idées pareilles à celles de Trianon. 11 voulait le pouvoir sans bornes. L'Univers pour lui tut tio[j étroit, et nous, comme s'il nous eût ensorcelés, nous le suixiraesl

Louis^Philippe , instruit par tant de voyages et de misères, après Valmy et Jemuiapes tant vantés, après le supplice de son père, l'exil des siens, après la chute de la branche atnée et tant de promesses faites à rHôtel-de- Ville, où arriva-t-il? au gouvernement personnel, sans garanties et sans contrôle.

Et Guizot, à Lisieux, s'en fit le ministre !

JLV

Pour un roi, le code unique, c'est, quoi? sa volonté.

Ne sortez pas de là , et ne vous abusez plus.

Si vous aviez , encore une fois, pour je ne sais combien de mois, la monarchie, vous l'auriez toute semblable à la hideuse figure qu'abattirent nos pères.

Dig'itizec i

Vous auriez autour d'elle des nobles, des prorogatives, des exempiiuus, et tout Tattiraii obligé dece pouvoir exorbitaut : L'artûtraire.

Vous auriez le clergé catholique , intolérant par nature et par nécessité, et le jésuite confesseur et rofficialité, rinquisition, ladlute.

Tout priucipi3 va droit à ses plus exirèuies conséquences.

Que pr6cbait<K>n dans la Vendée ou à Jalèzt La

royauté gothique, la Saïute-Ampoule!

Je tiens de M. Lalné , ministre, qu'en un moment d'angoisse le roi le fit appeler, le roi Charles X :

— «Qu'y a-t-il à faire?

— « Sire j rentrer dans la ligne constitutionnelle.

— « Je ne demande pas mieux , form^ le cabinet.

— «11 n'y a pas à balancer : Gérard, Périer,

€ Uffitte.

— «Quels noms!

— « Ceux que donne l'opinion et qui sauvent.

— a Les miens sont : De Bruges, d*Escars et « Vitroiles.

— « Sire , souffirez que je me retire, i»

Ëtonnez-Yous donc des Ordonnances !

Louis XV dégradé retombait sur Louis XVI ; la

Dubarry sur Marie-Antoinelte.

De Claude à Messaline !

Chaque trait fut uo poignard.

Dans les réunions intimes, la reine i a vissa il; pour ceux qu'elle aimait, c'élaii une fée; pour ceux qu'elle haïssait, une louve.

Ses amants TaQicbèreut, à Texception d*UQ seul, un étranger.

Ses amies la trahiroBt, à Texeeption d'une seule qu'elle dédaignait, et qui revint d'Âugleterre mourir pour elle.

Légère et impérieuse , la reine avait plus Je génie et plus de cœur que le roi et les princes.

Le roi l'adorait, et tantôt il se fiatropàelle, tantôt trop peu.

Et que fit-il par elle de décisif! RieUr

Si tout s*enlrave par elle, rien ne ya par elle.

Je vois ce qu'elle veut, ce qu'elle dit , et non ce qu'elle exécute.

Elle gémit et murmure partout, plie partout.

La voilà à Paris et la voilà au Temple, eu cbemiu pour réchafaud.

Plus femme que reine!

Moins hautame que dévouée !

Digne de pitié 1

XTI II

La cour était débauchée et joueuse. Le roi souffrait de ces mœurs, mais plus par dévotion que par raison.

Des pressentiments qui le séparaient de ce moude-ci le jetaient vers l'autre.

Les prêtres ne le dominèrent pas autaut qu'on le rrut.

Dig'itizec i

Il était plus prêtre qu'eux.

Il croyait !

Ils oiarchaieiit avec lui etseperdaieui. Uavaiides scrupules qu'ils entretenaient. Dissimulé comme eux, il jurait des lois qu'il fraudait. Jouet des lutrigues, plastron des quolibets » pivot de tous les contraires,

il clicrchail des acllicients, des champions, des complices et en achetait. On savait le tarif.

U trouvait plutôt des agents que des supports dans les hommes à prétentions ou naissantes ou déçues qui faisaient de leur àme une marchandise.

JK I X

Turin, Fribourg, Coblenlz, La Haye, Londres, Jersey , furent des foyers de conspiration contre la France.

La Rouerie, en Bretagne, ourdit des trames qui s'étendirent sur les neuf évéchés comme des traînées de poudre.

Lézardiëres* organisa sourdement dans le Poitoudes Compagnies royales dont les chefs, postulant et acceptant les grades supérieurs dans les gardes ndliuiiales, enserraient tout ainsi et savaient ion t.

Un de ses agents, le sénéchal de Tififanges, Guerry de la Fortin ière, a tenu registre de cette confédération.

On engageait la noblesse à ne pas émigrer, a demeurer dans le Bocage, à se préparer.

> Sa fiUe « fait quatre Tolnines sur rhisioire politique de la Frauce.

Le Poitou ! ce pays decalviuisuic et de novaieurs ! qui fatiguait Charles IX , Henri III et Louis XIU de ses convulsions , ce thé&tre des rigueurs de Guise et de Richelieu , n'avait obtenu grâce qu'en léchant la dalle des églises et cédant aux pratiques de la plus extra vagiin le superstition.

Toujours ardent, brusque, enthousiaste p il se livrait au catéchisme avec remportement qu'il avait mis à la bugueuoterie; briseur d* images, il ne vivait que d'imuges et repoussait le progrès au dix-* huitième siècle comme il Tayait invoqué au seizième.

Le seul mot de révolution le fit frissonner. Ses premiers symptAmes d'opposition aux lois nouvelles remontaient k 89, et sa députation noble et aicbinoble aux Etats-Généraux protesta aigrement contre toute coDoessioD, tout mélange d'ordres, toute fusion d'uilérêts, tout accord dMdées et toute réforme.

Trois curés de Poitou firent autrement, firent mieux ; ils prêchèrent d'exemple et s^unirent au tiers. • Mais ce fut un éclair. Ils n'entraînèrent pas le haut clergé, pas les gentilshommes, pas le pays; ils eurent sur les campagnes trop peu irempire, on les hua au retour, ett dès 91 il y eut des rumeurs graves* dès 92 des troubles sérieux à Bressiiire. On y tua des révoltés, on y pendit des patriotes.

Les Prussiens entraient en Champagne et les royalistes se levaient dans rOnest.

C'est cette coïncidence, cette connivence, qu'il ne faut pas perdre de vue. Les royalistes la nient, elle

les gène, mais les preuves en sont partout. J*y revien*

drai.

La Prusse avait sou roi philosophe, comme un roi

est philosophe : en vers, par lettres et aux soupers de Posidam*.

Frédéric 11 était philosophe comme Catherine II :

des billeLs-doux échangés, des procédés galants entre eux et Diderot, d'Alembert, Voltaire; jolis passetemps dont nul n'était dupe.

Une grande partie de nos religiounaires proscrits avaient trouvé unasile sur la Sprée. l^uis XIV, en les chassant , comme en rasant Port-Royal , avait prolongé d'un siècle Tagonie des races royales.

Sans lui, il y aurait longtemps que nous serions eu république.

Les pnuces sont des pieux qui embarrassent tout.

Le généralissime Brunswick , grand zélateur du Vicaire Savoyard, n'en venait pas moins répriiiicr nos velléités d'affrartchissemetU ^ et ses manifestes étaient d'une étrange insolence.

A cette insulte faite étourdiment àla nation, toutes nos milices citoyennes furent en alerte. Angers , dés ce temps-là, fournit ses bataillons les plus dévoués. Les uns coururent au Nord et s'y couvrirent de gloire; les autres se jetèrent sur la révolte, et Ton crut un moment qu'ils l'avaient étouffée.

Mais le terrain gagné dans la première campagne

t Le royaume de Prosse a la forme d'un scorpîoD, étendaDÎT^arioui ses paues.

fut perdu dans la seconde. La Prusse fit la paix,

rAulriche fit la guerre La Veudée surexcitée releva sa crête. Le roi avait payé de ta vie sou appel à l'étranger ; et ce coup terrib1e> frappé avec réflexion, avec câlnie, dans une assemblée de gens de bien, * rélite de la France, sans qu'aucun de ceux qui Font porté en ait eu la conscience troublée, n'en rendait au dehors la monarchie que plus roguCi plus hargneuse, plus ftpre.

Loin de désespérer, les princes n*en machinèrent qu'avec plus d'activité, de souplesse et de ruse.

La coalition redoubla d'efforts pour nous réduire , et le 24 février (date prophétique î) un décret rendu par la Convention nationale, vraiment nationale! appela aux frontières trois cent mille hommes pour soutenir les volontaires , la ligne , garnir les places fortes, purger le territoire de la présence de Tennemi, exterminer l'armée de Gondé.

Aux frontières!

Ce cri fut la terreur des jeunes gars du Poitou, de TAnjou, des Hauges.

La terreur des mères.

La joie des prêtres!

Les prêtres rirent dans leur barbe et comprirent tout de suite la situation.

Vos fils, dirent-ils aux mères, seront débauchés, perdus, damnés.

Vos fils, dirent-ils aux pères, ne reviendront

jamais* Plus de charrue, plus de labours, plus de

fermes.

Vos liis senriroDt ceux qui ont tué le roi, ceux qui renieot le bon Dieu.

Miséricorde ! h»

Les gars devaieut se marier, adieu la noce. Adiéu le ctocber^ la ftte du saint, les pàques ; adieu les filles, adieu les mesurées, les vendanges, les habitii- * des. 11 faut quitter le bonnet, labielleS les sabots; et de libre qu'on était se faire soldat.

Soldat de la République!

C'est bon à Paris, au Nord, partout; mais ici, non.

Ce n'est pas qu on ne sacbe le danger de la résistance.

Les troupes viendront el les gardes nationales. £b bien, on verrai

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