XXII I
« Allons, enfants de la patrie! a /
C'est le chaut du diable. Ou u'a de patrie que ^n village* Ou ne connaît pas la France, on ne veut* pas . d'Angers, on ne veut pas de Nantes, on n'ira pas au \ district: ouest buté!
Et ce mouvement d'égoïsme et cet instinct de l'Ouest se montrent du môme coup, avec une égale force dans toutes les paroisses, dans toutes les métairies, dans toutes les âmes.
Quelle occasion pour les prêtres, les nobles, Téoii-
^ iiiej^, veste du Vendéen.
gratKMii d aUiser des colères qui bouillounaut pour leur cause I
Car leur cause à eux, c est eux!
Leur patrie^ c'est eux 1
. Ils ayaient couvé cette antipathie* Ils attendaient
le moulent, et le voilà venu. Ils s'étaient ménagé ces auxiliaires, et ilss'en emparent vite; ils n'ont pas Tair d'avoir rien provoqué, ils se font prier, forcer, enlever. Ils n'ont pas fomenté la guerre civile, ils n'ont eu garde^ Elle est venue les contraindre. Il y est allé pour eux de la charité, de l'honneur. Devaient-ils abandonner leurs paysans, leurs voisins, leurs paroissiens » leurs frèresT ils s'en seraient fait scrupule. Ils ont marché à la voix de la religion, de la. royauté, \ de la famille.
0 les bons prôtresl
0 les preux chevaliers !
La générosité se Joint au courage 1
Illusion l illusion!
Car il y eut des nobles qui s'abusèrent. J'en vis de
bien en peine. Restés dans leurs communes, ils y recevaient des quenouilles de Gobientz et des camouflets journaliers de la part d'anciens valets ou de muni cipaux malotrus et ivrognes.
Ils payaient la faute de quinze siècles d'abus.
Ils se jetaienl dans nos liras, et nous les protégions, nous les aimions. Ils étaient patriotes comme nous, et avec plus de mérite; mais ils n'en avaient pas moins à passer des heures cruelles.