‹ La Vendée en 1793 (volume 2)Chapitre 36 sur 57 · CHAPITRE SIXCËME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXCËME

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Les Brigands oe demeurent pas à Angers plus d'une

semaine. Au lieu de garder le château, ils l'abaudonnent; ils paraissent et disparaissent; ils brûlent des drapeaux, bràlent de» registres, effacent des inscriptions et croient que c'est toiil. Ils s'en vont avec des charrettes chargées de vieux canons, de vieuiL fusils, de vieux sabres. Ils font quelques recrues dans la noblesse et dans la haute bourgeoisie, pas dix dans le peuple*. Ce Couet et ce Romain dont je parlais tout

' J*ai dit que des oamers avaient pris des mains des beUes marquises et comtesses la cocarde blancbe ft rapparitîon des Brigands, mais ib ne se tinrent pas pottr cela engagés dans la rébellioo. fis restèrent à Angers, reprirent la cocarde tricolore quand revinroit nos troupes, et plusieurs d'entre eux, notamment GifT'ard et Cornilleau (comme je le sais de Berlhe, qui en était bien informé ), firent bonne figure en décembre, lors du siège, dans les rangs de la garde nationale.

Digiii^ca by Cooglc

à l'heure, ils prirent k Angers la cocarde blanche, ils ceigQireut l'écharpe, mirent à leur chapeau le plumet, et les voilà chefs et Brigafids'daiis râcine ^

Uarmée reprend sa procession; comment nommer autrement ces^ files qui s'en vont le long du fleuve et des cheminsv chantant des psaumes? On dit la messe, on se bat. Tout dans le paysan est brute , inculte , fauve; tout dans le soldat de Paris est orgie, licence, pillage. Le Brigand qui vous fait prisonnier et qui vous lue vous dit, auparavant, de vous mettre à genoux et de recommander votre âme à Dieu ; il y met des retards et des façons qui aigrissent le Aial etdouMetttleS tortures de l'agonie. Le Parisien viole la femme , la fille, tue le mari sans rien entendre. L'un est impassible et Tautre inexorable comme le Destin.

Les Brigands vont, disent-ils, s'emparer de iSantes !

Il s'opère alors un phénomène* Tous les postes de la Loire, sur la rive droite, étaient républicains; tous les postes, sur la rive gauche, étaient royalistes. C'est le contraire^ présent ; les* partis chatigent de rive.

Dès que l'armée catholique sortd' Angers, le 24juin, à midi, par un soleil brûlant, ets' avance par Laroche^ Serrant^ Saint^Georges , tous nos bataillons pâssentà Denéeclàiluchefort, où ils trouvent Talotquis'yétait retiré en quittant les Ponts-de-Cé.

Le commandant Gourdon passe de Laleo à Gha-

' Le jeune Couct, hc.iu comme uncltérubin, au directe dâmés^ mm» ïf. verrons périr bientôt.

M. de Romain vil encore. Il a écrit trois volumes de mémoires diflus cl curieux.

loDDes; Tabary, d'ingrande à Montjean; Tuncq, de Varades à Montglôîie.

Le général Coustard, qui, uieuacé de mort paries bataillons de Paris, n'a voulu à aucun prix conserver un commandement dans Tarm^'e du Lion-d'Angers, se retire sur Nantes avec une simple escorte du de dragons, et c'est lui qui, dans sa retraite, prescrit les niuuvenients que je viens de décrire.

La route ainsi ouverte au\ Brigands, tout se replie devant eux, et le long du chemin, qu'ils font lentement et en s'arrètant à tous les bourgs et villages, uue seule commune entre à flots daus leurs raugs, c'est celle de Hontrelais. Là sont des mines de charbon de terre, et tous les ouvriers prennent les armes , suivent Cathelineau, laissant leurs femmes à la merci des haines et des vengeances républicaines.

Sur la rive droite , on abat tous les arbres de la Liberté; sur la rive gauche, on renverse toutes les croix.

C'est le 27 juin que les Brigands dépassent Oudou, et, franchissant TËrdre, enveloppent, quoique à distance encore, la ville de Nantes, où depuis dix jours atil uaieut des renforts de Rennes, de Blin, de Redon, de Savenay, de Vanues.

Canclaux et Beysser commandent à Nantes , l*un comme général en chef, l'autre comme chargé spécialement de la défense de la place. Coustard s'offre à eux comme auxiliaire. L'esprit de la troupe et des gardes nationales est excellent. On distribue de l'eaude-vie , on distribue des cartouches ; on chsisse les

Digiti<^ea

femmes qui encombraieni les rangs et Ton charge les armes.

Les Brigands se distribuent les points d'attaque dans la journée du 28, sur les routes d'Angers, de Rennes, de Vannes, sans se bâter, sans trop se montrer» afin de donner à Gharette, qu'ils ont fait avertir, le temps d'arriTer du Marais avec ses bandes.

Il vient, en effet, avec Lyrot, fond sur les Sori-

nières , au delà des ponts, et le 29, avant le jour, Tafibire commence.

Lettre df Jsah-Michel BEYSSER, commandant temporaire de la ville et château de Nantes, aux Représentante du Peuple près Tarmée des côtes de Brest.

« La ville, depuis longtemps menacée par lesBri- « gands, aessuyé le 29 juin une attaque qui a dû faire « connaître aux citoyens quels ennemis ils ont àcom* a battre, et apprendre auxennemis combien la valeur « éclairée des soldats républicains remporte sur la < fureur brutale d'une troupe de bandits, dignessalel- € lites des prêtres et des tyrans.

tCet événement est trop important dans les € circonstances actuelles pour que je n'en rende «pas un compte détaillé aux Représentants du « peuple.

« La prise de Nort par les Brigands avait déterminé « la levée du raiTip de Saint-Georges-lez-Nantes. Ce « camp, dont le flanc gauche se trouvait découvert et

« dont les ouvrages n'étaient pas achetés , n'oflbait « plus à la ville qu'un faible rempart.

« Cette position cependant était essentielie, tant a pour la sûreté de la place que pour la facilité des « comiDuuicdtious : aussi le général en chef voulait-il « à toute force s'en emparer. 11 avait réuni les nieila leures troupes , et à Ventrée de la nuit, le 28 , il « devait se mettre en marche ; mais les nouvelles qu'il « reçut le contraignirent à différer. Il renonça au « camp, fit rentrer les tentes et ordonna à ses bâtait- < Ions de bivouaquer aux postes avancés, en dehoi's c« des barrières.

« Telle était la situation des choses lorsque le 29, c à deux heures et demie du matin, de fréquentes « décharges d'artillerie annoncèrent l'arrivée des Bri* 0 gands.

€ Un rassemblement considérable de paysans s'était « formé dès la surveille dans la lande de Raogon. « Cinquante à soixante cavaliei*s ennemis s'étaient € avancés jusqu'au pont Rousseau et avaient insulté € nos avant -postes; quelques-uns même avaient osé « sommer le faubourg de la Sorinière de se souuieUre c à l'armée catholique et de mettre bas les armes. Je « crus devoir faire occuper ce faubourg par nos trou- € peSy jele lis garder le 28 jusqu'il lanuit par le bataillon c desCôtes-du-Nord; mais l'inutilité de ce poste pour « la défense de la place et Fincivisme de la plupart « de ceux qui T habitent me déterminèrent k l'abanc donner.

€ Je fis rentrer cette troupe dès le soir même, après

« avoir invité ceux des habitants qui aimeot la patrie tf et la liberté à se retirer dans la ville avec leur Gaunille

€ et leurs etiets.

« Ce fut par là que commença l'attaque. Les Bri- « gands de la lande de Ratigon se portèrent en foule

< à la Sonuièi e avec trois pièces de canon et leurs € pierriers.

« Savais fait déjà quelques préparatifs pour la mise « cil état et la défense du pont Uousscau. Une pièce « de 16, que j*avais fait placer dans la prairie d' Auril^ € lac, enfilait le faubourg. On avait abattu par mon c ordre les arbres qui pouvaient protéger ou cacher c des ennemis et nuire au jeu de nos pièces; enfin^ les € postes nombreux étaient établis dans les lieux les c plus exposés à l'attaque ou les plus favorables à la

< défense*

« L'artillerie desennemis, servie avecla plus grande € agilité, ne nous causait néanmoins aucun dommage; € elle tirait vite, mais mal. Je recommandai à lanAtre € de ménager son feu, qui fut dirigé avec beaucoup « d'babileté et de succès. Trois fois le drapeau blanc € fut renversé, et un grand nombre^ de Brigands mor- € dit la poussière.

€ Tandis que je battais ainsi le village et faubourg c des Sorinières, les rebelles des camps dg Créoti et 4 de la Croix -Moriceau attaquaient le poste de Saintc Jacques avec quelques pièces d'artillerie.

d L'adjudant-gènéral Boisguyon, à qui j'avais con- « fié ce poste, le défendit avec courage et intelligence.

< Malgré le nombre des assaillants et le feu continuel

Digiti^ea by Cgogle

c de leur artillerie^ il les couiiat toute la journée. Son c adjoint Lacaze eut un cheval tué sous lui. Un grand € nombre de volontaires postés dans les jardins et eu

< première ligne combattit avec une valeur digne € d'éloges. Le bataillon des Cétes-du-Nord soutint sa € réputation, et c'est tout dire.

« Les ennemin se présentèrent sur ces deux points « avec tant de vigueur que tout notre monde jugeait c que cette attaque était la principale. J'en avais moic même la pensée lorsque le citoyen Gillet, représenc tant du peuple, me donna l'avis de l'arrivée d'une c nouvelle armée de Brigands qui se portait sur la c route de Rennes*

€ J'y courus après avoir donné les ordres itéces* c saires pour soutenir le nouveau clioc et animer de c plus en plus le courage des troupes.

€ Cette colonne ennemie n'avait pas moins de qua** € torze à quinze mille hommes qu'on voyait défiler c avec une artillerie formidable ; elle était quand je c la vis à demi-portée de canon des barrières. Elle c plaça ses canons sur uneéminence au milieu du grand c chemin et dans les champs voisins. Une forte bande c se jeta sur la gauche entre deux moulins, tandis c que plusieurs divisions se portaient sur les routes de € Vannes et de Paris, et que de forts pelotons s'avanc çaient à la faveur des blés et des haies, s'emparant « des maisons et tirant sur les troupes que j'avais « envoyées à leur rencontre.

€ G' était l'armée qui venait de Saumur et d'Angers,

< et quiy victorieuse et exaltée, voulait aussi prendn

€ Nantes à la volée ; mais elle apprit bientôt à ses

« dépens que sa nouvelle expédition ne serait pas si « commodément menée à fin par elle que les deux « autres.

« Nos bataillons marchèrent Livec la plus grando a fermeté.Lecanon desennemis, toujours précipitant « ses coups, ne lesralentit point dansleurmouvement. « Notreartillerie,dingéeparradjudant général BiUy, « répondit à celle des Brigands avec la plus grande « vivacité. Les meilleurspointeurs vendéens tombé- « rent successivement auprès de leurs pièces, quatre a de celles-ci furent démontées, un de leurs caissons « fut brisé et un de leurs canons tomba en notre € pouvoir. Enfin après une canonnade de dix-huit « heures et un feu de mousqueterie qui ne fut pas € suspendu un seul instantdurant lajournée,le com- « bat finit, les rebelles se dispersèrent, et nos troupes c passèrent la nuit au bivouac, chacun à son poste.

ce Voilà pour la rive droite de la Loire. Sur la rive « gauche, au-delà des ponts de la Madeleine, nos solu dats des postes de Saint-Jacques et du pont Rous- <i seau flrent plusieurs sorties et mirent le feu à des a maisons qui servaient de bastion aux Brigands.

« La nuit du 29 au 30 juin s'est passée sans événe* « ments. Mais au pointdu jour, le 30, la canonnadea « repris au pont Rousseau, comme àSt-Jacques,où les « rebelles ont encore fait des démonstrations. Us ont <t étélàcomme ici repoussés avec d'énormespertes^

* Charette attaquait par le pont Rousseau et Lyrot de la Patouillère par Saint-Jacques.

« Les routes de Rennes et de Vannes étaientlibres;

< les BrigaDdsse sont ralliés sur la route d'Angers et « de Paris : ils ont eu la une batterie de dm\ pièces tf^de canon, et ils ont fait mine de vouloir reprendre € l'assaut; mais une sortie vigoureuse de dos braves « troupes les a forcés promptennciil à la retraite. Les

< chasseurs de la Charente se sont conduits avec leur a valeur ordinaire ; ils leur ont tué une cinquantaine a d'hommes et ils leur ont pris un de leurs canons.

« Alors tout fut dit, nous étions délivrés de la prête sence de ces scélérats, et pourtant je ne voulais

épargner aucune des mesures qu'indiquait la prucc dence. Je donnai Tordre de brûler^ jusqu'à deux « cent cinquante toises de la ville, les maisons et « granges qui pouvaient offrir à Tennemi des redoutes « ou asiles ; de couper les arbres, de rabattre les fossés c derrière les talus desquels il pourrait s'embusquer, « et de faire en un mot tous les ouvrages propres à « mettre la place à Tabri de toute insulte.

f Les troupes ont montré dans cette journée autant « de courage que de zélé. Toutes méritent des louan-

ges. Ëlles ont rivalisé d'ardeur, animées qu'elles « étaient par la présence et l'exempledu général Can- « ciaux, qui, durant toute Taction, est demeuré aux « postes les plus avancés, y dirigeant le feu et les atta- « ques. OflBciers cl soldats se sont montrés digues « d'eux-mêmes etdiguesde la cause dont ils sont les « défenseurs.

« Je dois une mention particulière de la conduite c admirabledui09* régiment. Ce corps, qui depuis le

c oommencemenlde la révolution n'a cessé de com-

« battre pour la Liberté, et qui en a été le martyr en « Amérique, s'est signalé liier comme le plus géné-

< reux soutien de la ville de Nantes, pendant les dix* « huit heures consécutives qu'a duré Timminent clan- « ger. Il n'a cessé de combattre aux postes les plus « périlleux, et partout où il a combattu » Tennemi « a été terrassé.

< Le zélé trop vif des volontaires a causé quelques

< malheurs. La hauteur des blés et l'épaisseur des c haies ne permettant pas toujours de se reconnaître, « il y a eu plusieurs victimes de l'ardeur peu réflé- 4t chie deces jeunes guerriers. C'est une perte cruelle « dont la patrie aura peine à se consoler, et une leçon « bien forte pour les volontaires. Apprendront-ilsenfin 4f à attendre le commandement de leurs chefs, et à ne a pas se livrer à une impétuosité souvent funeste, € lors même que les motifs en sont les plus purs.

€ L'attaque de Nantes, qui a coûté à rennemi un 4f nombre d'hommes qu'on ne saurait encore éva- « luer,maisquiesttrès-considérable)produirapourla M sûretéde cette place reflétleplusheureux.ElIe re- <c lèvera le courage des habitants, qui ont combattu « hier comme on combat pour sa vie et ses propriétés ; « elle contribuera à détromper les habitants des « campagnes, à leur faire bien voir ce qu'ont de fal- « lacieux les promesses du fanatisme; elle jettera € l'épouvante parmi les Brigands, et réunira tous les « bonscitoyens sous l'étendard desloiset delaliberté.

H Pour moi, citoyens représentants^ je ne négli-

« gérai rieu pour la sûreté d'une pla(ie duut la con- « servatioD est si essentielle pour le maintien de la « République. Tant qu'elle me sera confiée» on ne a l'aura qu'avec ma vie.

« la Liberté ou la Mort est et sera toujours le plus « sacré de mes serments.

- J.M. BEYSSEU..

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On se défiait de Beysser; on ne lui disait pas tout.

On l'accusait de cruauté, de partialité, de colère dans le commandemeut ; on l'accusait surtout de fédéralisme ; on ne l'avait chargé que provisoirement de la défense de Nantes. Mais il s'en acquitta de manière à mériter le commandement détioitif.

Je reviendrai à ces accusations. Il ne s'agit pas aujourd'hui de politique, mais de guerre. Beysser a veillé surtout aux postes qu'attaquait Cbarette. Coustard est sur la route de Vannes et guide les postes des Dervallières, de Gigan, du Bois-Launay, des Capucins^ de Chésiue. Caudaux s'est réservé les barrières du nord et de Test, celles qu'attaquent les Brigands vainqueurs depuis un mois, et qui tombent sur nos troupes comme une avalanche.

Le feu est terrible sur la route de Renni^. Les Brigands s'élancent avec une résolution croissante, ils se souvieunentdeTbouarset de Saumur; et comme si rien désormais ne pouvait leur résister, ils crient aux Nantais, en leur envoyant leur première volée de canon : « Nous ne ferons de vous qu'une bon- « chée I »

Digiii^ca

Lechantre, Lemesle, Cossin, qui étaient grenadiers dans la garde nationale, me Tont dit vingt fois.

On entendait le Gloria in eœcelsi» que les prêtres entonnaient derrière les colonnes. Enivrés de chants et de pondre, les Brigands firent dans toute la matinée de rapides progrès. Ils débusquèrent les vedettes, ies postes avancés. Il fallut rentrer dans les palissades. Alors on se prit au collet, aux cheveux. On se lardait à coups de baïonnettes.

La ville de Nantes est grande, elle n'est pas fortifiée, il n'y a que des murs de jardin , des redoutes improvisées. Les Brigands ont bientôt deviné les endroits faibles. Ils y sont, ils y affluent, ils sont aux débouchés des chemins, des rues, des ruelles. Ils enfoncent les portes à coups de barres de fer, de leviers, de cognées, de crosses de tusils : c'est là rheure suprême ; Ganclaux est debout au milieu des canonniers, des grenadiers, des volontaires, desoiBciers, des représentants; il a Tœil à tout ; il commande, il espère; il craint ce qu'il faut craindre : un dernier effort (le l'ennemi qui va luut enlever! Mais quel cri se fait entendre ? Cathelineau est blessé/ 0 ciel I quel coup de foudre éclate sur les rangs ennemis : Caihelineau eBi rnort! On s'avance, un recule, on pleure, on s'embrasse. Les Brigands mollissent, les patriotes se dressent; les chefs royalistes se réunissent, se serrent ; ils veulent arrêter, raffermir, rallier leurs gens : Cathelineau est blessé! Cathelineau est mort I ces rumeurs s'étendent et ruinent l'entreprise. Il faut savoir ce que c'est que l'armée chrétienne, toute de foi, de

stupeur, d^inspiration et de ûëvre. Il n'y a rien là des raisonnements connus. C'est un instinct secret que suivent les masses, qu'aucun chef ne gouverne. C'est Gaihelineau qui a fait décider V assaut de Nantes; c^est lui qui doit vaincre, et c'est lui qui est frappé. Le doigt de Dieu est là. C'est un avertissement, un ordre, une punition peut-être! 11 faut renoncer à Nantes et rentrer chez nous ! Catheliiieau est mort! Tout fuit à ces paroles, il n*y a plus de héros, il n'y a plus de Vendéens, il n'y a plus rien de possible. Il faut sonner la retraite, et c'est ce que Beysser a dit déjà, mais en termes militaires. J'écris en homme du pays, qui ai causé avec Coustard, qui ai reçu les déclarations des gardes nationaux qui étaient aux barrières et celles des Brigands mêmes, de d'Autichamp, de Scépeauz, des paysans, des marchands que j'ai connus tous dans la paix, dans la guerre, et qui ne m'ont rien caché.

Nantes illumine, Nantes fait des repas civiques sur les quais, depuis Richebourg jusqu'au Sauilat. Un immense cri de Vive la République! court sur la Loire, et cette ivresse qu'on témoigne de toutes parts dit assez lapeui qui léguait hideuse dans toutes les âmes.

L'armée catholique se replie sur Nort, sur Mauves,

surOudon. Caudaux u'a pas assez de forces pour la suivre. Elle prend des bateaux et rentre librement dans la Vendée, haletante, ayant bien débuté, mal fini, et n'ayant pas pu, n ayant pas su, en dehors du Bocage et de ses genêts, garder de conquête.

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