XXI
Le 25 juin, ians l'aprés dtner, Larochejaquelein,
qui avait tenu hou lant qu'il avait pu, s'en alla aussi.
Il prît par Thouars et y coucha. Il traînait à sa suite des canons; mais n'ayant point d'hommes pour les servir, il les jeta dans le Thouet. Ensuite il continaa sa route par AroailloDi où il savait qu'était le rassemblement de Lescure.
En sortant de Saumur , Lescure, vers le i 5 juin , avait appelé à lui les paysans de toute cette partie du Poitou, et il avait dirigé sa marche sur Parthenay ^«
Cette ville, bravant les menaces de la proclamation royale du mois de mai , s'était armée contre les Brigands, et ceux-ci, venant de nouveau à s'en rendre mattres , mais voyant qu'ils ne s'y pouvaient maintenir, y mirent tout au pillage.
Ne pouvant châtier, comme ils l'avaient dit, les administrateurs, puisque ceux-ci s'étaient enfuis à Saint - Maixent, ils prirent leurs femmes , leurs enfants, leurs pères, et les envoyèrent captifs k Ghâtillon.
Ce fut Lescure qui ordonna cette exécution.
Barante ne le dit pas dans son livre ; il s*en garde.
1 ORORB DE GUERRE.
Clisson (m Boëmié), le 20;um 4793.
Au nom de la Religion catholique el du Roi il est recommaBdé aux habitants de la paroisse de Vernoux de se rendre, dans le plus grand nombre et avec le plus d'armes posnble à Parthenay, le 24 juin 4793*
à 9 heures du matin.
C'est le dernier coup qui nous resic :i (i ;<pper pour la iranquillil^ du pays : ainsi nous ne douions pas que tout le monde ne s'y porte avec le plus grand zèle. »
Lescure, — de la MARbONNiÉRb, — »e Mondiok, — Le chev. de BEâoiirAiRB.
C'est Birou y vous ue Toubliez pas, qui commaade en chef Tannée des c6tes de La Rochelle. Son quartier-général est à Niort.
L'armée a trois centres : Tours, Niort , les Sables.
Les commandants particuliers de ces divisiuii^ bont Duhoux, Chaibos, Boulard.
La force générale est de quarante mille hommes , sur une ligne de soixante lieues.
On annonce les promotions suivantes :
Joly, Chabot , Descloseaui , chefs de bataillon , sont taits généraux.
Burac et Beffroy, chefs de brigade, sont nommés généraux de brigade.
Dugerrier et Hanique sont chargés du commandement de Tartillerie, l'un en premier, Tautre en second, dans la division de Duhonx.
Sont faits adjudants-généraux :
Charlery, chef de la légion de Ségré ;
Maillefer, capitaine des gendarmes de Paris;
Felztamer, aide-de-camp de Labarolière ;
Grammont, commandant du bataillon des Corde- Hers de Paris ;
Jomard, adjoint d' état-major ;
Turreau , chef du bataillon de 1 Eure.
Canuel, adjoint aux adjudants-généraux est, sur la recommandation de Meuou , fait générai de bri-^ gade.
DIVISION UK TOUHj».
L'ariné6 républicaine battue à Saumur les 9 et 10 juin, et Tannée chassée d'Angers le 13, se sont
repliées et coucentrées sur Tours, dans uu camp près de la ville, ayant le Plessis pour pivot*
Duhoux est à Tours, mais blessé, ne paraissant pas; et quand on se remet en route pour rentrer à Saumur après le départ des Brigands» c'est le plus ancien des généraux de division, Labaroliàre, qui prend la direction de ce mouvement.
Menou commande Tavant-garde, forte de quatre mille hommes, dont la moitié de ligne. Il a sous ses ordres les généraux de brigade Fabrefonds, Dutruy, Barbazan, Gauvilliers, les adjudants-généraux Gbibert, Talot, Muller, Boivin.
Santerre commande la première section, composée de cinq bataillons de Paris et forte de quatre à cinq mille hommes; il a pour lieutenant les adjudants-géuéraux Viot et Cadey.
Joly commande la seconde section, forte de dix-sept cents hommes dont cinq cents de ligne; il est secondé par Fadjudantrgénéral CafiQn.
Chabot commande la troisième section, composée de deux nulle cinq cents hommes dont six cents de ligne. Carpentier (raucieu prêtre) est son adjudantgénéral.
La cavalerie piéscnte un effectif de seize cents hommes : 8 et 9" de hussards, 16' et Vr de dragons, 24^ de chasseurs, et les gendarmes volontaires de la
iMayenne.
Digiti-^ea by GoOglc
L'artillerie a cinq cents hommes et trente pièces
de tout calibre sur affûts.
Environ quinze mille hommes pour cette armée de Toun.
Chalbos /général de Tarmée de Niort, a sous ses ordres Westermann et dix-huit mille hommes dont
seize cents d'infanterie et deux nulle de cavalerie.
Ghalbos est à Niort, Westermann à SaintrMaixent, en marche sur Parthenay.
MViaOM OBI SABLM.
Boulard, générai de brigade plein de valeur et de
capacité, a six mille hommes au plus de troupes de toutes armes : ciuq mille fantassins; le reste en cavalerie et artillerie*
Sandos, avec quelques bataillons, occupe Luyou et Foutenay.
Un homme qui n'a laissé que d'affireux souvenirs
daus l'Ouest, Roiisin, giaiid espion de Paris sous le nom tantôt de commissaire national , tantôt d'adjoint du ministre de la guerre, dénonce Biron, tourmente Boulard par lui et ses agents (GrammoQt et Parrain), et les porte à donner leur démission.
La démission de Biron est refusée par le ministre* La démission de Boulard est refusée par Biron. Ronsin est tancé par le Comité de Salut Public ,
mais maintenu à Saumur en observation, et nommé
général.
Digiii^ca byi^OOgle
Biroii, qui est dans son lilà Niort a?ecla goutte,
dicte une lettre qui semble douce en ce temps de rudesse.
Le GéDèral en chef de l'armée de^ côtps de La HocheUe aux Généraui. commaodaiiu des dtvi&ioas.
« Chers camarades,
c Je porte à la connaissance de l'armée la nouvelle c que j*ai reçue cette nuit d'une vicloire complète « remportée sur les rebelles par nos frères de Tar- « mée des côtes de Brest. Cette nouvelle me parvient c par un brave courrier qui a traversé tout le pays « insurgé comme une flèche.
€ Nantes était assiégée de toutes parts. Nantes est
€ sauvée*
< Gathelinean et plusieurs chefs ont été tués.
c Les patriotes reprennent partout l'offensive et € les Brigands fuient dans toutes les directions ; c'est « & nous de contribuer à leur destruction totale.
« Nos armes ont élé heureuses dans les dernières « semaines. Le succès a partout couronné nos efforts. € Mais voici le moment de redoubler de zèle et de V courage.
€ Chers camarades, frappez, mais ne frappez que K les coupables. Frappez les hommes armés, les pré-
€ très indignes qui excitent au meurUe; point de c pitié pour eux. Sitôt pris, sitôt fusillés; mais épar- < gnez les vieillards, les femmes. C'est une guerre
a affreuse, une guerre civile, ne l aggravez pas par
« d'inuiiles rigueurs» .N^augmentez pas le nombre de
« nos ennemis par des exécutions mal justifiées.
t Aux hommes qui se reudeiit et qui déposent les « armes, ouvrez les bras^ et qu'à l'avenir ils soient, € tant qu'ils seront fidèles, traités en frères.
« Ce pays veut des prêtres, ne lui en refusons pas;
< tolérons, protégeons ceux qui se soumettent aux « lois, et ne fermons les églises qu'aux ministres (( infâmes qui ne prècheut que la discorde et le € sang.
« Je vous ai, chers camarades, donné mes instruc- « tiens à chacun en particulier; je vous les écris à <( tous en général afin de me bien faire entendre, de € tracer la ligne exacte à suivre et de ne vous laisser, c( comme il est juste, que la responsabilité de Texé- « cution.
« Cette exécution doit-être ponctuelle, prompte, et «je compte sur vous pour y mettre vos soins.
« Point d'excès, point de repos, secours aux pa* € triotes, respect pour les communes paisibles, iiidul-
< gence aux égarés qui se jettent dans le sein de la « République, inflexibilité pour les fanatiques incor- « riizihles, et mort sans quartier aux irréconciliables « ennemis du drapeau de la liberté.
<x Fait au quartier-général de Niort le 2 juillet € 1793, l'an II de la République une et indivisible.
c Le général en chef,