‹ La Vendée en 1793 (volume 2)Chapitre 51 sur 57 · C I.XI I I · texte numérisé non relu

C I.XI I I

Les Brigands chantent à Vihiers le Glona in ecccelsis. Ils ont repris la ville le iS, et c'est là ce qui les a ramenés si vite aux Ponts-de-Cé.

C'est d'Auticbampqui, se détachant de leur grande arméOt vient attaquer Beaulieu, les buttes d'Êrigné, Meurs.

Les vainqueurs de Martigné sont en déroute. Le drapeau tricolore fuit devant le drapeau blanc. Une

nuit atout changé. Jamais guerre ne fut plus féconde en péripéties. Les armées fondent comme la neige. On ne saurait dire où sont Labarolière, Barbazan,

Bertiiier, Santerre.

Ni Lescure ni Laroche] aquelein n'étaient à cette

bataille de Vihiers. Us étaient k ChoUet, à rassembler du monde. Bonchamp était à se faire guérir d'une blessure.

C'est Bernier, l'abbé et curé et possédé, qui se servant de leur nom a gagné la bataille, car c'est lui qui en Tabsence des grands excite les petits, en Vab-*

s^nce des chefs stimule leurs lieutenants : Piron, Forestier, VilleneuYe, MarsaDge^ Herbauld, Goi-

gnard, et prêchant les paysans, les poussant au combat, les a fait remporter une de leurs plus grandes victoires.

a Oa savait, dit Barante, que Santenc était là, et c( les Yendéeas avaient un vif désir de prendre « l'bomme qui avait présidé au supplice du roi. Ou « voulait l'enchaîner dans une cage de fer. »

Sauterre» poursuivi par Forêt, sauta avec son cheval uo mur de six pieds, et ne dut son salut qa*à sa bète.

Le général, qui écrit le 20 septembre au ministre de la guerre une longue lettre (que donne Savary), ne parle point de cette circonstance, et je me tlgure que notre arrangeur, là comme en bien d'autres endroits, a fait un conte.

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Y^estermann, mandé à Paris et renvoyé à Niort pour être jugé, passe à Sauinur sajis gardes. Il voyage sur parole. 11 a une longue conférence avec Rossignol, qui, sorti de la prison où Biron l'avait mis, est nommé général, et commande dans cette ville.

Deux commissaires nationaux arrivent d'Angers : Lachevardière et Momoro, tous deux membres de la commission militaire formée par les représentants du peuple*

Ils disent à Westermann de se rendre vite à la

commission qui doit renteudre ; ils disent à Rossi-

gnol d'explorer tout le pays sur les routes de Corou et de Doué.

Les commissaires natioDaux sont Dommés k Paris^

les comoiissaires civils sont oomméspar lesadmiaisiratioDs départementales.

Leur délégation est indéfinie. Pourvu qu^ilssoient fermes, ce qu'ils foiil est bien.

Momoro écrit trois lettres. Tune à la municipalité d'Angers, les deux autres au comité révolutionnaire. Il est plus net et plus franc avec le comité qu'avec la municipalité. Il rassure celle-ci» éclaire celui-là.

On nu connaît nos guerres de l'Ouest qu'en ayant sous les yeux toutes ces correspondances.

Lettre de HOMOBO, sdannistrateur et membre du directoire du départemenl de Paris» commissaire Dational à la Muoicipaliié d'Ângers.

« Saumur, tO juilkt 4793, an U,

« Citoyens, nous sommes arrivés k Saumur au

« moment même où Ton nous disait que les ennemis « étaient dans la ville. Nous n'y en avons trouvé « aucun. Au conUairt', quinze cents de nos hommes « sont dans la citadelle, bien fournis de subsistances. « Cinq cents hommes gardent spécialement la ville. il La presque totalité des habitants a rvacué. Néan- « moins, nous sommes sans crainte parce que l'espé- « rance nous soutient. Partie de la municipalité est « ici avec le maire et quelques membres du district. « Nous attendons dix**sept mille hommes de la « Moselle.

« L ennemi est entre Yihiers et Coron. U sait que

rarmée de Niort va Tattaquer, et il se porte de ce

« côté-là. Nous avons lieu de croire que déjà cette , « armée de Niort a eu des succès.

«Les députés ne sont point ici. Nous travaillons « avec la muuicipalilé et le district. Nous retourne- « rons à Angers quand Saumur sera sans inquié- « tude. Nous nous ferons un vrai plaisir de concou- « rir avec vous, citoyens, pour tout ce qui pourra « intéresser la République. »

Lbtibb de MOHORO aa Tribunal révololiooDaire d*Ânger8.

« Saumur, le^O juillet 1793, 2* année de la République françaw « uneetindimsible, et lai'* de la inort du tyran,

<K Citoyens collègues,

« Le citoyen Gérard, envoyé par vous dans cette « ville afin d'avoir des nouvelles directes de ce qui «s'y passe, repart à l'instant. Il vous dira qu'il a « trouvé les boutiques fermées et la ville dans une

« espèce de désolation de ce que l'armée ne s'y est « point ralliée et a pris Chinon et Tours pour son « point de ralliement.

« Cependaul nous avons ici seize cents hommes « qui sont bien résolus de défendre le château. Nous a venons de requérir le général Labarolière d'envoyer « sur-le-champ à Saumur les troupes qu'il a à Cbi- « non et dont il peut disposer.

« Je suis arrivé le premier à Saumur. Je n'y ai « trouvé que le maire, le procureur de la comnuaie « et quelques membres du district. Point d'admiuis- « trations civiles etmilitaires. Touts*est enfui au seul

« vent du retour des Brigands. Au milieu d*une telle « désorganisation vous pouvez juger combien nous « devons avoir de peine pour mettre un peu d'ordre « dans tout cela.

a L'adjoint du ministre de la guerre, liunsin, y est € avec la commission militaire; point de députés. « Pourtant nous espérons encore, et une chose assez « singulière c'est qu'une lettre datée d'hier 19, et « écrite d'Airvautt, district de Loudun, annonce que « les ennemis font rassembler trente personnes par « paroisse pour prendre leur revanche sur l'armée « républicaine» ce qui doit avoir lieu dimanche pro- « chaia. J.e rassciiiblenient se fait en conséquence « du côté des Aubiers. 11 y a doue eu par là pour nous 0 quelque bonne chose s

a Nous attendons des munitions de Tours.

0 Salut fraternel ,

« MOM CRÛ, commisHiire national. >

LBmB de UOMORO* au ComUé révululionnatre.

« Saumw^ i» ^uilUit 1 793, i'^ anme de la République française « une et indivUibht et la mort du tyran.

« Citoyens collègues»

« Je me ferai un devoir de correspondre le plus « souvent qu'il me sera possible avec vous. Je reçois « à rinstant votre invitation républicaine, et j allais

« vous écrire ainsi qu'au général Descloseaux et au c( général Duhoux.

* Les ordres de rassemblement éfaîeni doonéa après ia défaite des Brigands à Martîgné. La revanche fat prise k Vihiers le 18.

€ Notre position à Saumur est toujours la même

« depuis la ilcrouto il' une portion de notre armée, « occasionnée par la lâcheté et la perfidie : c'est-à- « dire que nous sommes sans inquiétude; les forces « nous arrivent de Tours et de Chinon. Nous avons ft des hussards et des dragons au nombre de cent € cinquante pour le service des ordonnances. La « brave 35' division de gendarmerie nationale entre n en ville, avec ses ({uaire pièces de canon, venant « de Chinon, pour se joindre à la 38* que nous avions « déjà. Le château s'approvisionne à force de vivres € et de munilious de guerre. Des dispositions sont (■ faites pour mettre Saumur en état de défense avec « moins de monde et plus de braves gens.

« L'ennemi est toujours éloigné de nous. On le dit « à Ghoilet. Il parait par différents rapports qu'il s'est « mis lui-même en déroute, puisque les objets laissés

par notre armée sur le dernier champ de bataille « n'ont été recueillis par personne et que nous venons « même de faire enlever des caissons aunlessus de « Doué que nos fuyards y avaient laissés.

« Nous sommes allés dimanche avec le général « Rossignol, qui conimande h Saumur, et autres ofK- « ciers et soldats, à Montreuii-Bellay, pour avoir des « nouvelles certaines de l'ennemi. Nous n'en avons a appris aucune d'inquiétante, attendu qu'il en est 0 trés-éloigné. Nous avons seulement trouvé une « espèce de chef de Brigands que trois hussards f< avaieuL arrêté à Thouars, avec deux chevaux, un « fusil et un pistolet, et qu'ils ramenaient à Saumur.

« Nous avons su de lui que les Brigauds étaient k c Ghollet. Ge cbef avait affiché à Thouars, ce jouMà

« môme, le matin, à la porte de ia ci-devant comte munauté de Saint-Laon» une proclamation de Tarit mée catholique, qui défend à tous les individus des a pays conquis par elle d'eu sortir, sous peine de « confiscation de leurs biens etde prison s'ils s'attroua pent.

« Mais quelques heures après que cette proclama- « tion fut affichée, elle fut lacérée.

« Notre armée se trouve, partie à Tours, partie à « Cbinon, partie à Saumur. On procède à la réorga- « nisation. On fera un choix des meilleurs sujets. La « qualité vaut mieux que la quantité.

n Un volontaire d'un de nos bataillons a eu Tau- « dace^ de crier & Chinon, dans les rangs de Parmée : € Vive le Roi, etc. Sur la réquisition du s^énéral La- « barolière, la commission militaire s'y est transpor- « tée et a condamné ce traître à la guillotine : il sera « aujourd'hui mis à mort.

« Lacbevardière est à Tours. H paraît qu'il a eu €t beaucoup de peine, ainsi que les députés. On répand « ici le bruit que quinze mille émigrés veuaut d'An- « gleterre se sont présentés du côté de Paimbœuf» « ont été arrêtés par les Nantais et passés au fil de « Tépée au bout de vingt-quatre heures. Cette nou- « veUe nous parait un peu apocryphe.

* Momoro avait d*abord écrit l'insolence. U a eiTacé çe mot pour pour mettre Tautre.

«t Saumur a accepté la Constitution, Montreuii-

(i Bellay aussi.

« Il nous arrive de nouvelles forces de Tours.

« Nous renvoyons à Chinon soixante-six fuyards « que nous avons arrêtés : ils appartiennent aux « corps qui sont dans cette ville.

« Si vous croyez utile de donner de la publicité k « ma lettre, je vous invite à le faire.

« Je vous donne, en attendant le plaisir de me « réunir k vous, le salut fraternel.

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