ARRÊTÉ DU COMITÉ D£ SÂLUT PUBLIC
26 jaUlet 4793.
« D'après la lecture des dépêches des Représena tants du Peuple près Tarmée des côtes de La Ro- « chelle et des admînbtrateurs d'Indre-et-Loire en <( date des 19, 20, 21 et 23 juillet sur Taffaire de c VihierSy du 18,
« Le comité arrête les mesures suivantes pour « être eiécutéessur-le-champ par le couseil exécutif :
« 1. Il sera procédé à Tépurement de rétai-major « et deis coniniissaiies des L^uerres de l'armée, pour o leur substituer des généraux et des commissaires « d^un patriotisme prononcé.
« 2. Les généraux tiendront la main k Texécution « rigoureuse des lois rendues contre les déserteurs, « les fuyards, les traîtres et ceux qui jettent leurs a armes ou veudetil leurs habits.
' « 3. L'organisation des coiiipagiiies do pionniers « et d'ouvriers sera accélérée; ils seront choisis dans « les communes les plus patriotes.
a 4. Les généraux feront un choix pour tormcr «des corps de tirailleurs et de chasseurs iotré-
« pides.
a 5. Le ministre de la guerre enverra des maliè- « res combustibles pour incendier les bois, les taillis « et les genêts.
(t 6. Les forêts seront abattues^ les repaires des « rebelles seront détruits, les récoltes seront coupées « par les compagnies d'ouvriers pour cUe portées « sur les derrières de l'armée, et les bestiaux seront « saisis*
€ 7. Les femmes, les enfants et les vieillards seront « conduits dans Tintérieur. 11 sera pourvu à leur « subsistance et kleur sûreté, avecious les égards c dus k rhumauité.
c 8. Le ministre de la guerre préparera tous les « approvisionnements d'armes et de munitions de a guerre et de bouche nécessaires pour le mouvec ment général qui aura lieu prochainement contre (« la Vendée.
« 9. Aussitôt que les approvisionnements seront c faits, que Tarmée sera réorganisée et qu'elle sera « prête à march(îr sur la Vendée, les Représentants « du Peuple |^ concerteront avec les administrations « des départements circonvoisîns qui se sont main- « tenus dans les bons principes, poui* faire sonner le c tocsin dans toutes les municipalités environnantes
€ et faire marcher sur les rebelles les citoyens depuis c i àgc de seize ans jusqu'à soixante, c 10. La loi qui expulse les femmes de l'armée
«sera vigoureusement exécutée; les généraux eu c demeurent responsables.
«il. Les Représentants du Peuple et les géné- « raux veilhjroïil k ce ({uc les voitures d'équipages à « la suite de Taroiée soient réduites au moindre nom- « bre possible etnesoieot employées qu'au transport « des eiléts et des matières slrictemcnl néces- « saires*
« 12. Les généraux n'emploterontdésormais^ pour
u mots d'ordre, que des expressions patriotiques et € que les noms des anciens républicains ou des € martyrs de la liberté, et dans aucun cas le nom a d une personne vivante.
< 13. Le présent arrêté sera envoyé sur-le-champ « au conseil exécutif, au ministre de la guerre et
< aux Réprésentanls du Peuple près Farmée des
< côtes de La Rochelle.
- COUTHON, JEAN-BON-SAINT-ANDRÉ, « BARRÈRE, PRIEUR» de la Marne. > « THURIOT.
Le 27 juillet, le représentant du peuple Philippeaux, commissaire national pour les départements du Centre et de l'Ouest, venant du Mans, entre à Angers et adresse une proclamation a tous les citoyens des départements et des districts environnants :
« Citoyens,
« Je viens d'arriver dans la ville d'Angers à la « barbe d'une cohorte de Brigands qui savent faire <K trembler les lâches, mais qui oe font jamais le- « culer de francs républicains.
c< Hier, vers midi, le poste important des Ponts-de- '( Gé, qu'il était si aisé de défendre, a été abaiidoiiué <t à l'armée anti-cbrétienne*
« Les parjures qui ont ainsi compromis la gloire « et le salut de la République ont achevé de se cou- « vrir d'opprobre en faisant dans leur fuite des rap- « ports fabuleux, capables d'inspirer la tcri eur et de t( décourager les braves citoyens qui veulent effacer 0 leur honte.
ff Le mal est grand puisque la République n'a pas « été victorieuse, mais il est réparable si Ton s'em- « presse de venir à son secours. Ce sera pour les a Rrigands un faible avantage que d'avoir envahi « les Ponts^e-Cé, si la ville d' Angers tient ferme « contre leurs efforts.
« Trois ou quatre mille républicains sont dans ses a mursy résolus d'établir au pied des remparts le « sépulcre des Brigands qui oseraient s'en approtf cher. Mais pour rendre la victoire plus prompte et « plus décisive» la patrie vous conjure» citoyens, de a réunir vos forces à celles de vos frères les Angece vins, qui vous attendent avec impatience. Leur ville « est capable de consumer toutes les ressources de « l'ennemi ; venez, venez l'aider en vous sauvant « vous-mêmes.
TOBB 1. i%
« Cette cité est la seule digue qui puisse préserver € Yos contrées de la scélératesse des Brigands. Une
tt fois luuipue, ils se précipiteraient chez vous et y « commettraient mille horreurs.
« La Sarthe fait avancer trois mille hommes. Que « les contrées voisinas suivent sou exemple. Citoyens» « Tousseriez écrasés en détail, Tun après l'autre, « si votre retard k secourir Angers permettait aux « rebelles de subjuguer cette ville.
c £mpresse&-vous de réparer Téchec causé par « la perfidie et la làchuté des misérables qui ont « trahi leurs serments; que ces fuyards ne trouvent « aucun asile chez tous; qu^ils soient désarmés et « conduits en prison comme déserteurs; que ceux € qui s'opposeraient à ces arrestations par la vio- « lence soient repoussés par la force comme ennemis « publics.
c Les Brigands sentiront la différence d'aTOir à a combattre de braTes gens, ou de n'aToir à mettre
a en tuite que de vils poltrons.
« Vous aurez sauvé TOtre patrie, et, couTerts de
a gloire, vous jouirez du bonheur qu'elle réserve « aux hommes libres Ii>