TOME III
Hirel ; sur la troisième, Ville -de-Bidon et Plégnet; sur la quatrième, Carfantin et Combourg ; sur la cinquième, Vieuxville, le Boussacq, les Villarmois, Calonge, Trans et la forêt de Villecartier.
Toutes ces directions sont importantes, elles jouenun grand rôle dans l'histoire des Vendéens. Leui armée s'y développe et s'y replie comme une hydre i cent têtes, comme un serpent à mille anneaux. Laro chejaquelein, Talmont, Stofflel, se partagent le. postes : le premier, qui a le commandement général, se place à la gauche, au levant, et se charge de conduire les bandes qui s'y trouvent; le second, commande la droite, au couchant ; le troisième est au centre ; les capitaines sont à leur suite, l'œil sur eux, attentifs, graves, ayant tous le sentiment d'un extrême danger. Ils voudraient bien qu'on gardât les avenues, mais le paysan mutiné n'écoute ni ordres, ni prières; un dégoût insurmontable s'empare des esprits, on ne veut plus rien , on ne croit plus a rien ; la misère à doublé l'indiscipline. On est las de souffrir et d'obéir. Les chefs sont debout , mais autour d'eux tout dort.
A l'angle d'un mur où l'on a placé une pièce de canon, Larochejaquelein est enveloppé d'une grosse capote, uu bonnet de laine épais s'enfonce sur sa lête. Il interroge en secret la destinée. Tout-à-coup une ombre s'avance :
« — Qui est là?
« — C'est moi , monsieur Henri.
« — Qui, vous?
«—Julienne !
«—Et que venez-vous faire?
« — Madame m'envoie pour savoir où vous êtes.
« — Dites-lui que vous m'avez vu et que je veille. »
Tous font de même ; s'il y a une reconnaissance à faire, ce sont les chefs qui montent à cheval; s'il faut une patrouille, ils la font ; eux seuls se placent en sentinelle, et sont une heure tour-à-tour en faction.
Cependant l'armée républicaine approche.