‹ La Vendée en 1793Chapitre 20 sur 88 · HAMON · texte numérisé non relu

HAMON

GARN1ER (de Saintes), représentant du peuple, au Comité

défensif.

« Le Mans, 4 2 frimaire.

Les mouvements de l'ennemi, citoyens, déterminent le général Chabot, arrivé cette nuit dans nos murs, à concerter des mesures militaires qui tendent à nous porter vers l'ennemi. En conséquence, il va se tenir chez moi une conférence à laquelle vous êtes priés de faire trouver deux de vos membres sitôt la réception de la présente convocation.

« Salut et fraternité,

.< G ARMER, (de Saintes). »

Conférence des Autorités constituées en présence du peuple».

Le citoyen Garnier, représentant du peuple, a appelé les autorités et les citoyens du Mans sous les halles, et là, dans un discours véhément, il a montré le péril des circonstances, l'ennemi accourant du nord, et des conspirateurs se cachant dans l'ombre pour renverser les lois nouvelles.

« Armons-nous, s'est-il écrié, pour étouffer ces infàmescomplots, pour terrasser lesBrigands qui nous menacent, et consolider dans notre pays des institutions fondées, par la force nationale, sur les principes de la raison sublime et de la justice éternelle. »

Le citoyen Potier, maire, a développé avec chaleur les motifs de confiance qui ranimaient. Il a énuméré toutes les preuves de civisme données par la commune qui Ta mis à sa téte pour maintenir non-seulement Tordre, mais assurer aux bons citoyens la jouissance de toutes les libertés, pour garantir l'égalité et faire fleurir les sentiments de fraternité qui sont le gage du vrai bonheur des nations.

Le citoyen Roustel a fait entendre des paroles sévères contre les agents de l'étranger, de l'émigration, du fanatisme papal, qui circulent de nuit et même de jour sous divers déguisements dans les villes et campagnes, et tendent à rompre cette union républicaine qui est l'espoir et le salut de tous. « J'ai pris des me- « sures, a-t-il dit , pour saisir les coupables et les « livrer au tribunal justement inexorable qui veut

1 Cette réunion qui devait avoir lieu chez le représentant se transforma en une assemblée générale où toute l;i ville voulut assisler.

a purger notre sol de ces fauteurs de troubles liber- « ticides et incendiaires. »

Le citoyen Boyer 1 a lu un projet sur l'organisation des écoles publiques, projet plein d'art et de philosophie, et qui sera la source d'une instruction saine, dégagée de toute superstition, franchement naturelle, large, profonde et facilement applicable à toutes les positions, afin que la lumière pénétrant tous les cœurs,

I Michel Boyer, né à Tours, le 5 février 1768, fils de l'organiste des Bénédictins de Marmoulier. Fixé au Mans , comme maître de chapelle à l'abbaye de la Couture, il prend parti dans la révolution, et s'y distingue par son zèle.

Fort habile dans les langues, marié, ayant une jolie femme qui fait la déesse de la Raison et donne l'exemple de toutes les vertus, il est mis à la tête du collège après le départ des oratoriens.

II a fait une pastorale en deux actes sur la victoire remportée à Nantes, au mois de juin 93, par les armes de la République.

Il s'occupe vivement des enseignements moraux à donner au peuple et chante des couplets patriotiques à toutes les fêtes.

Voici une des strophes mises par lui dans la bouche d'un paysan proscrit avant la révolution par son seigneur et maître, et qui est rentré dans sa famille :

J'ai payé cher ma résistance :

Par la plus horrible vengeance ,

J'ai longtemps gémi dans les fers ;

Mais des tourments que j'ai soufferts

Mon âme n'est plus déchirée.

La Liberté si désirée

A renversé l'orgueil des grands

El leurs privilèges barbares ; Elle a détruit ces lois cruelles et bizarres Qui leur asservissaienl et nos bras et nos champs ; La Liberté me rend au lieu de ma naissance:

Je lui dois plus que l'existence

Puisque je lui dois le retour

Dans cet heureux et beau séjour.

il ne se révèle plus en France que de nobles, grandes et libérales idées.

Une musique retentissante s'est fait entendre entre ces discours. La foule battait des mains. La concorde régnait dans cette immense assemblée qui a élé comme un pacte solennel où toutes les âmes se sont confondues pour affermir la République et prédire ses triomphes à venir !

La ville, le soir, a été illuminée.

Les Membres des corps administratifs et commissaires de la Société populaire des Sans-Culottes de la Ferlé- Bernard réunis au Comité de Sûreté, aux divers Membres du Comité défensif de la Sarthe.

Nous vous adressons, citoyens, le commissaire Lemarié, de la commune de Cherré, et un des membres de notre Société populaire, que nous avons nommé commissaire pour être en permanence au Mans, afin de recevoir de vous les renseignements officiels que vous pourrez lui donner relativement au mouvement de la horde armée des Brigands, et pour que nous puissions facilement, par cette voie , concerter les moyens de défense qu'il conviendra d'employer contre les rebelles. Nous attendons de votre patriotisme que vous ne négligerez rien de ce qui pourra concourir au salut public.

« Nous sommes vos frères et amis,

■ HERPIN-MARTIN, président du tribunal ; .< VÉRITÉ, maire ; CHRÉTIEN ; L. PASQUINOT ; « PÉAN; ODILLARD; ACHARD ; DE LU DE ; x PHILIPPE, secrétaire du Comité. •

PROCLAMATION

Le Comilé défensif du Mans aux communes de la Sarthe.

• Les Brigands ont passé à La Flèche; ils n'y sont « plus. Leur arrière-garde en sortait quand arrivait « l'avant- garde de l'armée de Mayence. Les der- « niers pelotons ont été sabrés.

t Les Brigands se portent sur Angers par Durtal. « Le curé d'Oisé et un municipal de Mayet nous a « conflrmés dans ces nouvelles.

« Angers résistera, et s'il en est ainsi, il est pos- « sible que La Flèche et le Mans soient plu > que ja- « mais menacés.

« Nous vous invitons, citoyens, a prendre, quoique « sans précipitation, mais pourtant sans retard, des « mesures propres à seconder notre défense. Nous « comptons, en cas de besoin, sur les ressources de « nos braves de la Sarthe, que nous savons animés « des sentiments de la plus intime fraternité. »

Billet de COUPPEL et CHAUVIN.

• La Flèche, 12 frimaire.

« Nos chasseurs poursuivent les Brigands sur la « route de Durtal avec une telle vivacité, que les « chefs ne peuvent les rallier pour former une arrièreu garde. Un grande nombre a été taillé en pièces. On « avait dit que c'était Danican qui pourchassait les « rebelles; mais ce général s'est de Laval rendu à « Angers par Château-Gontier, et c'est Bouin de Ma- « rigny, qui, ayant pris par Sablé à La Flèche, a fait

« des scélérats de Brigands un si grand carnage.

PROCLAMATION

Le général BOUIN MARIGNY aux citoyens «le La Flèche.

« \2 frimaire.

« Citoyens de la commune de La Flèche, je vous « invite à rentrer dans vos foyers ; les Brigands n'en € sont plus les maîtres : vos frères les en ont chassés.

« Le général de brigade,

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