DEUXIÈME PARTIE
« La horde fanatique entrée au Mans à cinq he ures du soir, a commencé, dès le lendemain matin, à exercer ses brigandages ordinaires : elle a fusillé plusieurs bons citoyens; tout a été cassé, brisé, dévasté dans
1 Sur la rive droite de la Sarthe.
les édiBces publics. Républicains et aristocrates ont été indistinctement dévalisés.
« Les aristocrates ne sauraient plus révoquer en doute lascélératesse des soldats de l'armée chrétienne; ils en sont maintenant convaincus par leur propre expérience.
« Cependant les armées de la République s'avauçaient par la route de La Flèche.
t Le 22, elles atteignirent les Brigands sous les murs de notre ville, et leur cavalerie, qui depuis quelques jours ne cessait de les talonner, les serra de très- près.
« Une affaire très-vive s'engagea. D'abord, nos troupes eurent le dessous. Les Brigands nous repoussèrent tant par la supériorité de leur nombre que par celle de leur position. Nos colonnes se replièrent, et déjà l'ennemi criait victoire; mais le génie de la liberté en voulait décider autrement.
« Nos républicains, loin de s'épouvanter, redoublèrent de courage, et après une première décharge* marchant sur les rebelles la baïonnette en avant, ils les forcèrent à la retraite **
« L'attaque recommença avec chaleur dans la nuit, et, à sept heures du matin, l' avant-garde de l'armée de Mayence, commandée par Westermann, et le corps de notre armée, aux ordres de Rossignol 2 , entrèrent
1 A Pont-Lieue, Talmont, défié par un hussard qui s'attachait à lui à cause de son écharpe de général, lui crie : Je V attends. Il l'attend en effet, et lui fend la téte d'un coup de sabre.
1 Potier fait trop d'honneur à Rossignol ; ce général n'était point là.