MOREAU, JOBARD, LEGRIS, F. COUDREUSE
TIRON, président; MAURIN, LAVOUÉ. »
Letire de ROUSTEL à Burré, administrateur de la Sarthe, présente-
mentàBonnétable.
« Le Mans, 25 frimaire.
<r Les Brigands sont aux abois : nos armées les « poursuivent sans relâche. Un commissaire-général « ordonnateur vient de nous assurer qu'il y en avait « au moins dix mille de tués sur la route de Laval. « Ils sont àprésentà Château-Gontier, où ils n'auront « pas le temps de se reposer.
« Je te préviens qu'un commissaire ordonnateur à « la suite de l'armée s'est présenté au conseil pour « nous demander des grains, de l'avoine et des soute liers. Ce conseil lui a promis de t' avertir de donner « des ordres pour faire revenir ce qui se trouve de « ces objets à ta disposition.
« Donne donc promptement des ordres pour faire « revenir au Mans nos grains, nos souliers, les com- « mis qui ne sont pas nécessaires à la garde des Arec ch ives, le directeur des postes et le payeur général. « Le danger est loin de nous maintenant; je ne croi*
« pas que la horde scélérate revienne au Mans, h « moins que ce ne soit par débris et en déroute. Nous « sommes dans le chaos et dans le désordre; nous « ne savons a qui répondre. Une autre fois, je t'en « dirai plus long et je te le dirai mieux. »
« ROUSTEL, procureur-général syndic *. »
Proclamation de GARNIER (de Saintes).
Alençon, 25 frimaire (15 décembre 93).
« Citoyens des villes et des campagnes,
« Si vous aimez votre patrie, hâtez-vous d'exterminerles débris de ces Brigands qui sont venus jusque dans vos foyers assassiner vos enfants et vos femmes; levez-vous, foncez sur eux avec toutes les armes dont vous pourrez vous munir; que l'indignation étant générale, le mouvement soit subit, et que pas un instant ne soit perdu pour mettre à exécution les mesures que je prescris au nom de la grande loi du salut de la République.
« 1. 11 est enjoint à toutes les municipalités d'appeler aux armes les citoyens pour courir sur les Brigands dispersés qui se répandent dans les campagnes et les ravagent.
« 2. Les communes qui refuseraient de déférer à cet appel seront regardées comme en état de rébellion et traitées cotfime telles.
« 3. Les citoyens qui auront retiré chez eux
4 Ancien clianoioe régulier de Beaulicu.
quelques-uns des Brigands ou favorisé leur évasion, dequelque manière que ce soit, seront traduits devant la Commission révolutionnaire la plus prochaine, pour y être jugés comme complices des rebelles.
« 4. Les officiers municipaux imprimeront, de commune en commune, le mouvement général du soulèvement contre les Brigands, et dans celles où il se trouve des bois, il se fera des battues pour y poursuivre, tant de jour que de nuit, les Brigands qui s y trouveraient réfugiés.
« 5. Les officiers municipaux veilleront également à ce que toutes les subsistances soient dérobées aux recherches des rebelles ; et si de ces scélérats se réunissent en trop grand nombre pour que la commune puisse résister, il est enjoint aux municipaux d'envoyer sur-le-champ des émissaires secrets dans les communes environnantes pour faire sonner le tocsin, et réunir les bons citoyens afin de les amener en armes au secours de la commune envahie. »
Dépctation de Sablé à la Convention nationale.
« Citoyens Représentants,
« La commune de Sablé, chef-lieu de district, au département de la Sarthe, nous a envoyés vers vous pour vous féliciter sur vos travaux et vous inviter à rester a votre poste jusqu'à la paix.
« Tous les habitants de cette commune, réunis aux corps constitués et a la Société populaire, ont solennellement déclaré qu'ils ne reconnaissaient de reli-
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gion que celle de la raison, d'autel que celui de la patrie; qu'ils ne voulaient de culte que celui de la bienfaisance et de l'humanité, et d'évangile que la Constitution républicaine que vous venez de donner au peuple français; en conséquence, ils ont fait fermer le réceptacle de Terreur et du mensonge; ils se proposent d'ériger un temple national, destiné à la propagation des principes de la philosophie et de la raison pure. Ils ont expulsé leurs prêtres, que déjà ils ne considéraient plus que comme les ministres de l'imposture et le fléau le plus redoutable de la société. Ils nous ont chargés de venir déposer sur l'autel de la patrie tous les hochets de la superstition de leur commune et de quelques autres communes environnantes, qui se sont empressées de suivre leur exemple.
n Cette détermination, prise au milieu des dangers dont ils étaient menacés par l'approche des Brigands de la Vendée, n'en fut pas moins spontanée, et le résultat du vœu unanime de tous les citoyens. Ils s'attendaient qu'elle exciterait la rage et provoquerait les forfaits de ces scélérats prêtres à fondre sur eux. Mais ce ne fut pas une raison opposante, ni un motif de retard. Ils auraient conservé la même énergie, exprimé le même vœu, au milieu du camp des ennemis.
« Leurs pressentiments se réalisèrent bientôt. Dès le lendemain de cette opération civique, dans une marche précipitée, la cavalerie des Brigands se rendit de Laval à Sablé, et franchit cette distance de dix
lieues en trois heures de temps, après avoir égorgé les vedettes placées sur cette route, pour éviter les surprises.
« Les habitants consternés, sans troupes, sans munitions et n'ayant que de faibles moyens de résistance, eurent cependant le courage de s'opposer en masse au passage de cette horde barbare. Ils barricadèrent l'entrée de la ville, de manière à retarder sa marche d'une demi-heure, et ils profitèrent de ce temps, quoique si court, pour faire enlever les archives des administrations et le trésor dont nous étions déjà dépositaires. Par suite, le combat s'eugagea dans la ville; cinq cents de ces scélérats y trouvèrent la mort. La rivière de la Sarthe a servi de tombeau à leurs cadavres impurs.
« Nous ne vous retracerons point ici le tableau déchirant des brigandages et des horreurs commis dans notre cité par ces scélérats qui s'en rendirent maîtres, et qui égorgèrent impitoyablement ceux des fonctionnaires publics qui n'avaient pas eu le temps de fuir à leur approche.
« Lorsque nous serons instruits des particularités de cet événement, fatal à notre pays, et des traits de bravoure qu'ont développés dans cette occasion les habitants de cette malheureuse ville, nous nous empresserons de vous les transmettre.
« Il en est un déjà, bien avéré, qui doit intéresser votre sollicitude. Le citoyen Brisard, receveur du droit d'enregistrement et régisseur des domaines uationaux, fut arrêté dans sa retraite, emporlantavec