‹ La Vendée en 1793Chapitre 61 sur 88 · TOME IIU · texte numérisé non relu

TOME IIU

lui sa recette et ses registres, par un détachement de cavalerie de ces scélérats, qui lui offrirentde lui laisser la vie s il voulait crier Vive le roi ! et arborer la cocarde blanche. Trois fois ils le provoquèrent à ce cri épouvantable, et trois fois l'intrépide républicain cria en sens contraire, d'une voix ferme et assurée : Vive la République !

c À cette résistance si fortement prononcée, ces lâches, frappés d'épouvante, se hâtèrent de lui donner la mort, qu'il reçut en héros de la liberté, et en articulant encore avec son dernier soupir : Vive la République!

« Citoyens représentants, nous venons déposer dans votre sein nos alarmes et nos craintes sur le sort qui nous attend dans nos malheureuses contrées. Le passage de la horde scélérate des Rrigands de la Vendée a réduit tous nos concitoyens à l'état le plus déplorable. L'intérieur des maisons ne présente que l'affligeant spectacle du pillage et de la dévastation. En un mot, notre cité n'offre plus que des murailles teintes du sang de nos frères. Mais, ce qui est plus effrayant encore, c'est le dénûment absolu de toute espèce de subsistances. Déjà nos citoyens en étaient venus aux expédients, lorsque le passage de quarante mille Brigands a fini de les dépouiller entièrement de leurs dernières ressources. On leur a enlevé, sans aucune réserve, le peu qui leur restait en pain, en vin, en bestiaux, en volailles, en légumes et en fruits; dans cet instant, il ne leur reste plus que les eaux ensanglantées de la Sarthe.

« Ces considérations puissantes et malheureusement trop pressantes nous portent, en vous priant néanmoins de croire à la bonne volonté, au dévouement de nos concitoyens, nous portent, disons-nous, à vous demander de nous autoriser à commuer l'offrande que nous nous proposions de vous faire en leur nom, en un acte de bienfaisance nationale, et à échanger à la trésorerie les deux cents marcs d argenterie provenant de la dépouille des temples de la superstition de leur commune, en une somme équivalente d'assignats, pour être provisoirement employée en achats de vivres pour le soulagement de leurs malheureux concitoyens; en conséquence, ordonner le renvoi de notre pétition à la Commission des subsistances pour y être pourvu sans délai.

« Citoyens représentants, ne souffrez pas que ceux de nos concitoyens qui ont échappé à la fureur des Brigands soient exposés à périr par la faim. Faites qu'ils participent aussi à l'allégresse publique, et qu'ils ne soient pas les seuls de la République a pleurer sur les événements qui ont hâté la destruction totale des scélérats de la Vendée, lorsque leur département, qui a eu le triste avantage d'être le théâtre de cette guerre effroyable, a eu celui bien réel d'avoir été leur tombeau.

« Les Commissaires des corps constitués du district de Sablé,

- COSNARD et BRICHET.»

La députation de Sablé fut présentée à la Convention par François Primaudière.

A l'adresse qu'où vient de lire avaient formelle-

ment adhéré les membres de la commune dont les noms suivent :

Crosnier Marsollier,

Charles-Marie Marsollier ,

Toutain,

Berthon,

Chanteloup,

Cosnard-Desportes ,

.Chauvin ,

Jouanne,

Faillot,

Moyre ,

Breslin ,

Muisant.

La Convention renvoya l'affaire à ses comités, et accorda aux délégués les honneurs de la séance.

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