‹ La Vendée en 1793Chapitre 65 sur 88 · ENTRÉE DE LARMÉE VENDÉENNE AD MANS · texte numérisé non relu

ENTRÉE DE LARMÉE VENDÉENNE AD MANS

L'armée vendéenne fut plus de quatre heures à défiler. De la tête à la queue, il y avait plus de trois lieues de distance.

Elle était composée de deux à trois mille cavaliers, dix mille hommes d'infanterie bien intrépides.

Le reste se composait de paysans et de femmes ; le tout sélevant de soixante à soixante -dix mille*.

L'armée n'avait pas de costume particulier. Les plus jeunes portaient des carmagnoles. Leur cocarde était blanche, quelques-uns n'en avaient pas. L'écharpe ou la ceinture blanche était la marque distinctive des officiers supérieurs. Tous portaient le panache blanc ; plusieurs une fleur de lis en or brodée sur leur chapeau; ils n'avaient qu'un seul drapeau blanc

républicain, fut, plus tard, tué dans une bande de chouans dont il faisait partie.

» Ce rapport ne serait pas en d'autres termes s'il était fait par un ami des Vendéens et par un ennemi des Manceaux?

* Il n'y a point de dénombrement fixe et chacun a son chiffre.

avec des fleurs de lys. Leur cavalerie n'avait pas plus de costume. Le premier homme assez adroit pour prendre un cheval à l'ennemi montait dessus, et était cavalier. Ils ne connaissaient pas à beaucoup près tous ceux qui les avaient suivis. Ils avaient un grand nombre de traîneurs qui ne faisaient que piller et affamer l'armée sans jamais se battre» Il est faux, comme on l'avait avancé, que femmes, enfants ou prêtres se battissent 1 . Ils avaient avec eux trente pièces de bons canons de bronze, des chariots, des charrettes chargées de blé ; une cinquantaine de carrosses remplis de femmes les suivaient; plus de cinq cents épouses d'officiers étaient à cheval.

Tandis que chacun prenait la fuite sur le Mans , Chabot, Garnierde Saintes, les autorités constituées, les fonctionnaires publics, caissiers, receveurs, payeurs, étaient partis et avaient fait emmener dans des voitures les registres, papiers, assignats et numéraire du domaine public ; acte de prudence qui sauva tous les objets de l'enlèvement, lacération et pillage qui eussent été faits par l'armée vendéenne.

Les membres du comité de surveillance se transportèrent aux maisons d'arrêt, dites Visitandines et Ursulines,où étaient détenus des citoyens et citoyennes de cette commune et des environs, au nombre de plus de trois cents. Ils firent lier les hommes deux à deux,

1 Ce qui est faux c'est ce qu'on dit en cet endroit.

Si c'élait le pelit nombre des prêtres qui portail le mousquet el le sabre et qui se battait enfin, c'était le grand nombre qui excitait les Vendéens à se battre, rien n'est mieux prouvé.

tomk m. 22

sur la place des Halles pour prendre la route de Chartres. Pendant cette triste cérémonie les pauvres malheureux qui en étaient l'objet entendaient faire motions sur motions pour qu'on les fusillât. Les femmes ne furent conduites que jusque sur la place des Jacobins, où on les abandonna.

Potier La Manmdière, maire du Mans, et Lelèe, membre du tribunal révolutionnaire, proposèrent, quelques jours auparavant, confidentiellement à Garnier de Saintes, comme mesure de sûreté, de faire fusiller tant les hommes que les femmes qui étaient dans les différentes maisons d'arrêt. Garnier leur objecta que c'était, par un tel moment de crise, une grande imprudence; que l'instant n'était pas favorable; et en se retournant avec horreur, il dit à deux personnes qui l'entendirent très* distinctement : « Voilà deux grands scélérats ! » De pareils monstres ne méritent-ils pas l'exécration de leurs concitoyens et l'indignation de la postérité ' î

9 Si je cite ce trait, c'est pour le combattre ; si je dis ces noms, c'est pour les dérendre.

On parle d'une proposition confidentielle. Où donc est la confidence si tout le monde en est instruit ?

Comment le représentant qui a tant à se louer du maire, le sacrifiet-il a la haine publique, si tant est que ce que je nomme une invention soit une réalité?

Je nomme invention ce qui m'est présenté comme tel par de vieux Manceaux que j'ai consultés : Niqueux, Taranne, Brument, qui ont connu Potier et qui attestent que tout ardent qu'il était dans son patriotisme, il était incapable de pousser à la mort, si violemment, des prisonniers, des femmes, et de renouveler au Mans les scènes de Paris des 2 et 3 sepembrte.

Dans «ne autre noie on dit : La Marandière rentrant au Mans après

Page 1