ADMINISTRATION^ PROVISOIRE] APRÈSJ.À RETRAITE DES VENDÉENS
Quand l'armée vendéenne fut sortie de la ville , le
4 Le citoyen Monnoyer père, imprimeur, a sauvé une Vendéenne.
Un sans-culolte voulait la lui arracher, mais Monnoyer, officier de la garde nationale, a pris son sabre et a crié au misérable : « Si tu ne « *ors de,chei moi je te coupe le ventre. » ( Note de M. Bondu. )
vendredi matin 13 décembre, le peu de citoyens qui avaient été comme consignés dans leurs maisons sortirent, et se rencontrant dans les rues sans trop se connaître particulièrement, s'embrassaient et se félicitaient. Chacun ignorait ce qui s'était passé dans les lieux des différents combats, hors cetfx qui habitaient le quartier et les rues depuis la Mission jusqu'aux halles. On allait en voir les maisons, qui étaient toutes criblées de boulets, balles, biscaïens 1 .
Le pignon de la maison du citoyen Leprince, rue des Quatre-Roues, l'atteste encore. La plupart des autres maisons ayant été reconstruites en partie ou en entier, dans plusieurs on a trouvé des boulets tombés dans les appartements.
Des citoyens convinrent de se rendre, à la municipalité, pour former une espèce d'administration provisoire, jusqu'au retour des autorités constituées, afin de faire déblayer les rues, enterrer les cadavres, enlever les ordures qui infectaient l'air, et pourvoir à la subsistance des troupes républicaines qui affluaient en vilje parlaroute de La Flèche et de Tours, lesquelles avaient le plus grand besoin de repos et de vivres. Ces troupes étaient commandées par les généraux Westermaun, Marceau, Muller, Sépher.
Toutes ces opérations étaient difficiles.
1*On ne pouvait fournir de subsistances à nos
1 Larocliejaquelein et d'autres chefs étaient chez le citoyenSThoré, place de l'Éperon. Là le feu fut terrible, et un biscaïen perça une glace sur la cheminée du salon, où, tant que le père Thoré vécut, il voulut qu'on laissât debout ce témoin de nos dissensions cruelles.
troupes, parce que la ville eu était absolu ment dénuée par le séjour des Vendéens.
2° On ne pouvait nettoyer et déblayer la ville faute de voitures et de chevaux , les Vendéens les ayant tous emmenés.
Trois représentants du peuple, Barbot Thureau et Prieur de la Marne, suivaient l'armée et parcouraient la ville à cheval. Ils reconnurent les difficultés qu'éprouvaient les citoyens, provisoirement assemblés en corps administratif, et ils leur prescrivirent de faire arrêter tous les administrateurs quelconques, qui avaient abandonné leur poste.
Ces administrateurs durent être livrés au tribunal qui fut établi pour les juger et juger aussi les Vendéens faits prisonniers.
Les municipaux provisoires déclarèrent qu'ils n'exécuteraient pas de semblables ordres, parce que, si les administrateurs ne fussent pas sortis du Mans, les papiers, registres, caisses eussent été dilapidés, pillés, volés. Les administrateurs, les suivaient pour être sûrs qu'ils fussent rétablis dans les bureaux , après le départ des Vendéens.
Les représentants sentirent la justesse de ce raisonnement, et n'en laissèrent pas moins leurs ordres entre les mains des municipaux. Ces ordres ne furent pas exécutés, mais on envoya dans les campagnes chercher charrettes, bœufs, chevaux; on fit creuser
* Lise/. Bovtrhotte.
en divers endroits de grandes fosses, les cadavres furent enterrés en deux jours; on retira ceux qu: avaient été jetés dans les rivières, dont ils avaient corrompu l'eau, et la ville fut nettoyée au grand étonnement des administrateurs, qui, à leur retour, ne purent s empêcher d'en témoigner leur surprise, lors de la reddition de compte qui leur fut faite par les municipaux provisoires.
On fournit aussi des chevaux aux courriers qui arrivaient et dont la route ne fut retardée que d'un jour.
Les municipaux ne manquèrent pas, dans leur rapport aux administrations, d'exprimer la reconnaissance qui était due aux citoyens Chardron, marchand de volailles, et L'héritier, confiseur, qui, vu l'absence de l'étapier, se réunirent pour donner 15 sous en forme d'étape, à chaque soldat qui arrivait, afin qu'il pût se procurer à la campagne ce qui serait nécessaire à sa subsistance. Sans cela, la ville eût été livrée aux horreurs du pillage qui commençait déjà à s'effectuer dans différentes maisons, entre autres celles des citoyennes v e Carreau, l'abbé Piron, ci-devant chanoine, et Leprince de Clairsigny, négociant.
MITE DE LA DÉROUTE ET CE QUE DEVINT EN DÉFINITIVE l'ahMÉE