‹ La Vendée en 1793Chapitre 73 sur 88 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

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Je sors du Mans, où je laisse tout en désordre, et j'entre à Laval, où je trouve tout en combustion.

Les hommes sont en fuite; la masse des Vendéens leur a fait peur; mais les femmes restent, et quand elles voient l'état de l'ennemi, son affaissement, ses guenilles, ses maladies, elles se jettent dessus, et lui enlèvent ses armes.

Les femmes de Laval se rappellent les maux, les meurtres, les outrages des deux précédents passages.

Le troisième va payer pour tous. Elles sont implacables, et à elles seules elles font, en quelques heures, plus de mal aux Brigands que n'en eût fait une armée.

Point de soupe, point de linge, point de repos ! Les Brigands effrayés ne font que traverser celle fournaise.

Les chefs les entraînent pour sauver ce qu'ils peuvent de leurs débris.

Scépeaux se jette dans le Craonnais, où il espère de recruter des partisans.

Talmônt et Piron prennent par Château-Gontier, le Lion, Ségré, et ils font partout, quoique suivis de peu de monde, de grands dégâts.

Larochejaquelein, Stolflet et Forestier vont par Pouancé, Candé et descendent à toute, bride vers la Loire. Passeront-ils àVarades? passeront-ils à Ancenis? rentreront-ils dans la Vendée par les mêmes lieux qui les virent en sortir?

Trois mois seulement se sont écoulés, mais que les temps sont changés ! que d'événements, grand Dieu! Quel délabrement ! quelle impuissance! On avait pu, eu octobre encore, même après la défaite de Chollet, délibérer sur le parti à prendre à Saint-Florent; la lutte alors était permise ! mais en décembre, on ne délibère plus, on marche d'instinct; on va devant soi, on tue, on se fait tuer sans but déterminé, sans se flatter qu'il n'y ait plus nulle part de chance favorable. Quelle route est ouverte, quelle voie n'est pas fermée ? Les représentants du peuple lancent d'Angers et de Nantes des bataillons, des escadrons, des troupes de ligne à pied, à cheval, de la garde nationale, de l'artillerie !

Comment braver ces troupes, franchir ces lignes? Quand on sera atteint etattaqué, comment se défendre?

Pour entreprendre et se décider, on n'a plus ni force, ni foi, ni espérance !

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