BULLETIN AFFICHÉ A NANTES
Liberté, égalité, fraternité. Unité, indivisibilité de la République.
« Les Brigands sont foutus ! il n'en est plus ques- « tion : bagages, munitions, caissons, cauons, équi- « pages, tout absolument ce qui leur restait est en « notre pouvoir.
« C'est le 2 nivôse qu'a commencé le combat; il a « fini le 3, faute d'ennemis.
« Prieur était partout, Kléber était partout, Mar- « ceau partout aussi; et, franchement, ils ont eu fort a à faire. Les canonniers brigands se sont fait égorger « sur leurs pièces. Les rues de Savenay ruissellent « de sang.
« L'armée catholique a disparu; s'il y a quelques « débris, nos paysans patriotes s'en vont en tirail- « leurs, et les fusillent dans les marais et dans la « plaine.
€ Trois cents hommes de la cavalerie brigantine, « poursuivis par Westermann, se sont jetés dans la « Loire, à Donges, et s'y sont noyés. Pas un cavalier, « pas un cheval n'en a réchappé ; on les canardait, « et ils faisaient le plongeon pour ne plus revenir que
« morts.
« Six mille Brigands et plus, tant de leurs braves « que de la suite, sans choix, pêle-mêle, pour en < finir, ont expiré depuis Blain sous les coups de nos « intrépides républicains.
« Nantais, vous êtes délivrés de vos ennemis. Dan- « sez la Carmagnole; vive la Nation! vive la jus-
« tice du peuple! 11 n'y a plus de calotins et de « royalistes ! »
CBlIIfl
Marceau, Kléber et tous les généraux, tous les représentants, tous les bataillons entrent à Nantes au milieu des cris de joie de la population.
Des repas sont donnés, des distributions de vin sont faites, des couronnes de chêne et de laurier sont décernées aux vainqueurs.
On danse au Cours, au boulevard, à la place Égalité et sur la Fosse.
Tous les navires sont pavoisés, toutes les fenêtres sont ornées de drapeaux, la ville est illuminée.