‹ La Vendée en 1793Chapitre 85 sur 88 · CD L XX VI I · texte numérisé non relu

CD L XX VI I

Arrête du 4 nivôse.

« Le Conseil exécutif national provisoire, informé que dans les départements de Mayenne-et-Loire, de la Sarthe, de la Mayenne et de la Loire-Inférieure, la prodigieuse quantité des cadavres des Brigands de la Vendée qui sont tombés sous les coups des républicains a été ensevelie par monceaux, et n'est couverte que de très-peu de terre;

« Considérant que l'odeur infecte qu'exhalent ces corps pourrait avoir les effets les plus funestes, et qu'il est urgent de prévenir de tels dangers;

« Arrête que toutes les administrations des dépar- « lements, dont le territoire a été le théâtre de la « guerre, feront jeter dans le plus court délai, cha- « cune dans son arrondissement, sur les monceaux

« de morts qui y sont enterrés, de la chaux vive en « proportion de la quantité de cadavres, et les feront « couvrir de trois pieds de terre au moins;

«Recommande, en outre, aux administrations « départementales et communales d'instruire le plus « tôt possible le ministre de l'intérieur du résultat « des mesures qu'elles auront prises pour l'exécution « du présent arrêté. »

« Pour ampHation conforme au registre,

« DÉSAUGIERS, • Secrétaire par intérim. »

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Toulon est pris, et le décret suivant est rendu le 4 nivôse an II.

« 1 . L'armée dirigée contre Toulon a bien mérité t de la patrie.

« 2. Une fête nationale sera célébrée en l'honneur <. de cette victoire dans toute l'étendue de la Répu- « blique.

« A Paris, la Convention y assistera.

a 3. Les représentants du peuple en mission au u siège recueilleront les traits de courage et d'hé- « roïsme de nos soldats.

« 4. Des récompenses seront décernées au nom « du peuple aux braves qui se seront le plus distinct gués.

« 5. Le nom de Toulon est supprimé : cette com- « mune s'appellera : Fort de la Montagne.

« 6. L'intérieur sera rasé. Les édifices publics et

« les murs nécessaires a la défense seront seuls cont servés.

* 7. La nouvelle de cette conquête sera portée aux t armées de la République. »

CBIiII II

Un mot sur Danican. Chargé du commandement supérieur au siège d'Angers, il s'y est mal conduit; on l'a tenu pour traître : il Tétait. 11 eût livre la ville sans la vigilance des habitants. Vial Ta dénoncé a la Convention nationale; il Ta traité de lâche et d'ivrogne ; il lui a fait décidément ôter un commandement dont il avait déjà été jugé indigne , et, dans son ressentiment, Danican fait courir, pour lui répondre, la lettre suivante :

DANICAN, ex-général de brigade, commandant à Angers, lors du siège, à Vial, méchant homme et malheureusement procureur syndic du département de Maine-et-Loire.

« J'ai lu dans le récit que tu as fait du siège d'An- « gers une calomnie qui me concerne, et j'y ré- « ponds.

« Mets bien dans ton cerveau, misérable imbécile, « que, sans la double reconnaissance que je fis très- « à propos de Laval sur Ernée et Mayenne; que, sans « dix retranchements de bois à brûler, d'arbres, de « poutres , fagots , tonneaux , paille que je fis faire « sur la route, et près desquels j'établis des postes à < l'effet d'y mettre le feu, et de retarder la marche « d'une artillerie formidable, escortée de quarante t mille Brigands qui me poursuivaient de près et « couraient droit sur Angers (tu sais qu'ils y sout

« venus); que, sans les forces, les munitions, lesca- « nous avec lesquels je me suis reployé sur cette ville, « qui n'a été mise en état de siège qu'après mon « arrivée, et quand j'eus aunoncé l'approche de « l'ennemi;

« Que, sans la précaution que j'eus de faire couper « le pont du Lion-d'Angers, et d'y laisser un adju- « dant-gènéral intelligent, une force imposantes cinq « pièces de canon, ce qui força l'ennemi à passer par « La Flèche, et le contraignit à faire dix lieues de € plus (je n'étais pas alors dans mon lit comme tu le a prétends!);

« Qu'enfin, sans mon zèle, mon patriotisme, ma « véritable envie de bien faire, mes dispositions, un « peu de talent et beaucoup d'activité, les Brigands, « auxquels je me loue d'avoir fait plus de mal que « toi, se seraient emparés de la ville d'Angers, que k je me féliciterai toute ma vie d'avoir préservée de « la rage et de la férocité de l'armée catholiquement u fanatique et royale.

« Tu es si bête que, tout en me calomniant, tu as « fait mon éloge ; car, dans le récit que tu as envoyé « au président de la Convention, tu vantes beaucoup « la manière dont on a posté les défenseurs de la pac trie et les mesures de circonstance qu'il a fallu « prendre: eh bien ! je t'apprends que, quoiqu'une « chute violente, et de laquelle cent personnes ont * été témoins , m'ait forcé de rester sur le lit, rien « ne s'est fait pour la défense de la ville sans mon « ordre : mon registre fait foi.

< A cheval ou au lit, il y avait longtemps que je savais t qu'un républicain ne compose jamais avec son de- « voir, etje m'étaisditsincèrement : Vaincre ou mourir.

« Tu sauras que cette chute, au sujet de laquelle « tu as publié que je m'étais entendu avec mon che- « val, m'a estropié pour la vie, et que j'ai encore sur t la poitrine un reste de meurtrissure, résultat né- « cessaire de Yintelligence que j'eus avec un autre « cheval qui me monta sur le corps.

« Quant au vin que tu prétends qui a été pris par « moi et mon état-major dans la cave du ci-devant « où je logeais, je te prouverai facilement que je ne t puis en être accusé, puisque j'étais cloué sur mon c lit, et pansé deux fois par jour par un chirurgien « d'Angers. Au reste, cette querelle de trop bu ne « m'étonne pas, puisque tu as été jadis rat de cave, « c'est-à-dire le fléau du genre humain.

« C'est dans le sein de la Convention nationale que « je veux détruire tes calomnies : la vérité, comme « la République, est une et indivisible.

« J'oublie de tobserver que cette contenance « ferme, cette gaieté franche à l'approche des Bri- « gands, ces bonnes dispositions que tu as remar- « quées chez nos soldats sont en partie dues à la t confiance que j'ai su leur iuspirer dans tous les « cas, et ils en ont donné une furieuse preuve en « faisant avec moi et dans le plus grand ordre, trente « lieues en deux jours. La moitié manquaient de iî souliers, ce qui ne les empêcha pas d'aller défendre « tes pénates. Tu me reproches de ne m'ètre pas

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