‹ La Vendée et MadameChapitre 10 sur 20 · T^A VENDÉE · texte numérisé non relu

T^A VENDÉE

La première fut pour installer au château de Mkde Coislin une gamisbn de quatre-vingts vxAtîgeursque je venais enfin d'obteiiir là permission d'y placer. Cette mesuré .était d'une importance très-grande» es^ M. de doislin àirait fait accroire aux paysans qu'il était si puidSjant, que jamais le gouyernement n'oserait s'attaquer directement à lui: je donnai néanmoins les ordres les' plus, sévères ^ur que cette belle propriété fût respectée ; et le cçttificat dé madame de Coislin xappprté ici> f|iit foi que mes instructions furent exécutées.

32"' régimeht di^antme de Kgne.

Extrait d'un inventaire £ait le 4 juiUet i833 par M: Bizeuly notaire à Blâin pour' servir à constater Tétat des.lieuxdu château de Carheil et à la reconnaissance des meubles! et «fifets mobiliers de.touite nature qui; à cette époque; garoissaieiit ledit château et Jès.bâtiméns qui en dépcndentXet: inventaire reconnu 'exact jet signé; de M^^Fato^^ capitaine au 58r de ligne , a été remis aux divers commandans des

ET MADAME. agS

détachemens du Sa"* régiment de ligne , qui ont habité successivement ce château. Si, qu'au départ du 32"% M. le commandant ayant demandé un certificat pour sa décharge , madame la marquise de Coislin lui a déli^rré celui qui suit:

(< Je soussignée, pro^Nciétaire du château de Carheil , certifie que les objets portés au présent inventaire , n'ont été ni souillés /ni avariés; que les propriétés, les jardins, les fruits, les légumes ont été respectés ; que la troupe s'est bien conduite tout le temps qu'elle est restée sur la propriété , et que je n'ai aucune plainte à porter contre elle , depuis le jour où ledit inventaire a été fait jusqu'à ce jour.

» Carheil, 3i octobre i832.

» Signé la marquise de Coislin. »

. Pour copie confonne des certificats ci-dessus, . Les membres du conseil ^administration éf^entuel. Le cap*', f. f. de major, Letïolonel-présiâent,

Charpentier. Duvivisr.

Perriot, Jeanson.

Z,e sous'intendant militaire.

Collette.

Vers la même époque je fis faire une fouille au château de la Yiolay j appartenant à M. le général Clouet ; on y saisit plusieurs lettres et un brevet. Je citerai une de ces lettres, parceqii^elle^m'a paru assez spirituelle, et le brevet Clouet , parce qu'il m'a semblé curieux. La lettre offrira de plus au ministère une preuve de la grandti alliance earlo^républicaine. Cependant nous garderons à Fauteur son incognito , quoique vraiment ce ne serait pas lui }Ouer un méchant tour que de la nommer. On a fait de plus mauvaises pièces, après, lesquelles OQ n'a point gardé Tanonyme.

18 juin 18d3, .

« Votre jeune ami ne lient pas , mon cher général , à Tenvie de vous embrasser pour célébrer l'anniversaire de cette chère campagne d'Alger; nous avons bu, l'autre jour, à la santé de tous nos braves de ce bon temps , et J'espère que vous vous eh serez aperçu à quelque

vigueur de vie de plus. Pendant ce temps mourait le général Dumoustier, amputé tout franchement d'une jambe qu'il avait employée

assez mal dans ces derniers temps, pour qa*il puisse croire à la punition de Dieu ; car c est

une chute qu'il a faite dans ces belles excur-sions contre nous , qui a occasioné tous ses maux et son dernier malheur. Il était protestant 9 comme vous le savez ; ainsi notre clergé n'a rien eu à démêler avec sa carcasse \ pour laquelle on a ,tiré toute Tartillerie de Nantes; il ne faut pas le lui reprocher ; c'est le dernier bruit que le pauvre diable fera dans ce monde ; c'est ainsi que tout s'en va en fumée r cela vaut bien la peine de faire tant de mal. Au reste, on nous le fera peut-être regretter en nous envoyant pis *.

» Vous voyez , par les journaux, coname la république se prépare : elle gagne jusqu'à l'armée ; et le Midi en fait foi ; il y a ici un régiment qui passe allant en Bretagne, et dont les officiers se vantent tout haut de leurs opi*

' U Ml iodispeiisaMe de prë^oir ici le lecteur que Tauleur de cette pièce, qui s'acikarile aittii sur iin ^mhmu, et emploie des expressions d'aussi bon goût, est uue vënérable loarquise. Les ainis el les camarades du brave général Dumoutier sauront apprécier les inteutioos, les plaisanteries et les expressions de .la grande daine.

* On envoya à sa place le général Solignac.

398 LA VËINDÉË

nions républicaines. Nous serons , je Tespère, séparés en deux camps bien distincts , et cela vaudra mieux. Tous ces gens du juste- milieu ne font que salir et barbouiller tout ; ils sont plus embarrassés que jamais , pour empêcher de tourner la sotte fricassée qu'ils font avec des ingrédiens pris des deux côtés j ils ont beau remuer la poêle, rien n'y peut s'y mêler; mais tout bout , et tout leur sautera au fiez au premier jour.

' » On nous annonce à Nantes incessamment la plantation d*un arbre de la liberté : vous avez su le scandale arrivé à la procession de Sainte-Croix. Gavaignac était venu échauffer les têtes ; pourtant on dit qu'il est reparti furieux de n'avoir pas trouvé plus de cinquante hommes d'énergie. Au fait , il n'y a pas plus de trois ou quaire cents coquins dans la ville de Nantes , propres à faire de l'énergie à la Gavaignac ^ mais quand tout ce)a est en train, . on les croit innombrables. Il n'arrive pas un

1 Nous espérons que M. Gavaignac sera le premier à rire de cette bouUde légîlimisle , et surtout qu'il croira à l'^estime que nous avous pour son caractère.

£T MADAME. igg

prisonniier, qu'ils ne veuillent le dévorer; c'est à faire trembler ; ils renouvelleraient toutes les horreurs de gS*.

» J'ai toujours l'espérance que tout finira bien; je ne saurais dire pourquoi j'ai cette espérance ^ mais enfin je l'ai ; je ne l'ai point comme tout le monde Ta ; je ne compte point sur la volonté des hommes, je ne compte point sur les armes, je ne compte enfin sur aucun des moyens qu'ordinairement on emploie , et pourtant j'espère. Je m'accuse souvent de folie, et pourtant j'espère ; je vois, j'entends, j'apprends plutôt tout ce qui peut le mieux désoler , impatienter et décourager , et pourtant j'espère. Je vous dis que je ne me comprends, pas méi-méme , mais je crois que notre constance seule et notre ferme patience sont le premier et le plus fort de nos moyens.

» Cette Pologne vit encore : malgré moi je l'admire, car j'aime l'empereur Nicolas ; mais enfin c'est un brave peuple et qui devrait dédaigner nos révolutionnaires; cette alliance est indigne de lui , ce sont des amis de cabaret;

3oo LA VEI9DÉE

je crois que les Ru^s^es en auroqt là pourtoufe Taimée.

» Âvez-Tovs Ar bonnes nonTelles de votre femme et de vos chers enfaps f OUner me donnera tous ceft détaib à ^(m» lœtour : il est ferme notre jei^ne homme , et il serait trouyé bien sauvage par ces âë^^uas de Parisiens que je déteste de plus en plus ; nops leur paraissons des fous et pas autre chose ; pqur eux , la sagesse est dans Tinfiimie , et ils prennent rîndignation pour la fièvrechaude; le^ théâtres ne sont qu'obscénités et impiétés» ^t ils rient i tout. Grand Dieu !....

» Je pars le 3o, comme qui dirait dp jeudi prochain en huit ; si cependant d'icirlà nous avions la république» je crois que je ruerais; il y a encore douze jours d'ici-Jà » et douse jours dans ce temps-ci peuvent amener bien des choses, l^ joli temps 1....

n Adieu- »

ET MADAME. ooi

Maintenant voici le brevet :

Frère Antoine , abbé fie Notre^Dome-de-la- Trappe , de te MeUieraye , de FE^vite- Obserçance , de tordre de CUéaucc dans le diocèse de Nantes ,

A monsieur Anne ^ Louis ^Antoine Chuet^ ehe^aUer de Sainte Louis , officier de la Lég^xm^d Honneur.

« Salut en Jésos-iChriat notre Seigneur.

^ Quoique les lois de la charité chrétienne noua obligent à prier Dieu généralement pour tout le monde, nous nous croyons néanmoins^ plus étroitement obligés de le faire pour les personnes qui nous témoignent le désirer , et avoir quelque confiance en nos prières ; c'est pourquoi^ Monsieur, étant informé qu^ vous étçs dans ces dispositions i notre égard, nous^ vQus accordons bie^ volontiers les lettres d'association que vous nous demandez ^ en nous^

3o3 LA \Ë1NDËE

confiant en la miséricorde iniinie de Dieu et sur la puissante intercession de la Sainte Vierge Marie, notre patrone , aussi bien que sur celle de notre dévot père Saint-Bernard, et des autres Saints protecteurs de notre ordre. Nonobstant les sentimens que nous avons de notre propre indignité , nous vous promettons que pendant le cours de notre vie vous aurez part à toutes nos actions de piété ] de religion et de pénitence ; aux communions de nos frères , même aux saints sacrifices de nos Autels, et généralement à tout ce qui se fait et se fera à l'avenir en ce monastère par le mouvement et Tesprit de Dieu, et qu'enfin lorsque nous recevrons la nouvelle de votre mort^ nous aurons soin de demander à Dieu qu il vous donne une rémission pleine et entière de vos péchés, et qu'il vous mette en possession du repos de ses Saints.

» Au reste , nous espérons. Monsieur, que cet engagement sera réciproque, c'est-à-dire, que vous voudrez bien nous, rçndre piàrticipans du mérite de vos bonnes œuvrîes, et vous souvenir de nous dans vos prières : nous vous

ET MADAME. 3o3

en conjurons avec la plus vive instance.

Fait au Monastère le 2 juillet 1821,

F. Antoine , abbé

quoîqu'indigne.

F. Vincent, prieur.

* F.Jules.

F. Thomas.

F. Etienne.

Par le commandement de mon R. P. abbé, F. Alexis, secrétaire.

* La partie laissée en blanc est occupée par le cachet du monastère, portant pour empreinte une Sain te- Vierge.

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