H ABIT ANS DES CAMPAGNES
« Il n*y a que quatre jours que, confians ^ dans les promesses des nobles, ennemis de » nos libertés, vous avez levé Fëtendard de la
* révolte, et déjà plusieurs de ces chefs, qui
* vous promettaient la victoire, ont reçu la » récompense de letu* coupable trahison. Les » prisons de Nantes regorgent, et vous pouvez
» comptcTv par ceux c|bi tom mÉnqueat, les »> .yid:ifiies de cet égarement Jeunes ^ns, qui f* oroj'U Toas. soustraire à la ;coti6criptioii en » TOUS enrôlant sous la bannière decl^s égcife*' » tesv c|u'aT€»-TOii8 gagné à fes suivre? Des » déroutes et la honte de fuir, Français devant » Français; Cârpiârtout où ydùs tiDus 4tes rdu- I» ni^^ vous avee été dispei^s. Ne tremUet^ « vous pas que Yos moisoons» d'uile aussi belle ^ appwetice^ ne soient détruites par le fléau » de la guerre civile ? Que gëgneirez-vous en » édiange à vouloir combattre? £t iqu'atten-' 3» dez^vousdesprcHnesses de tous ces nobles^ » qui se servait dé vous pour leurs intérêts par* )» tâculiel:»^ et qui,. dès que vous leur devic&'- » drcB iniltiles^, tenteront de vous replonge » dans Ir servitude et de voua reprendre le peu » de propriétés que vous avez atquises d|sp«ûs » la ix^volutioa. Voustous^ jeunes gens^ n'étes- » vous pas Français? N*ête&-vous pas ne» frè- » rçs? et croyez-vous que lorsque la nécessité >» nous force de vous combattre, nos cœurs » ne saigfieot pas de vos blessures ? Revenez à » nous, nous VOUS tendons les bras; rentrez
» dans Yos demeores, déposes vos armes dai»
» Tos momcipalités, et ne craignes de notre » part le onoindre ressentiment ; tout sera ou- » bliéf et votre retour effacera, vos iintes.
» Macheconl, 7 juin i832. »
Ensuite, et pour mieux battre le pajs d'où je savais que la Duchesse n'était point sortie , forganisai deux colonnes mobiles^ composées moitié de gardes nationales, moitié de troupes de ligne. Je désignai à Tune d'entr'elles le canton qu'elle avait à explorer, et je me dirigeai avecrautre, le 8 au matin, vers le château de la Choltière, grand et antique manoir entouré d'un parc magnifique,quipassaity àcause de son isolement , pour servir d'asile, aux chouans. Les recherches que nous y fîmes furent sans résultat.
Je me dirigeai aussitôt sur Saint-Etiennede-Mer-Morte, et je ne vis d'autres traces de chouans que deux tombes fraîches au cimetière, où étaient enterrés deux Vendéens tués le 5 au combat de la Caraterie , châ* teau appartenant à la famiUe Comulier. Ce
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trombat avait eu lieu de la manière suivante. M. Louis de Gomulier, riche propriétaire et dont la famille a figuré dans les premières guerres de la Vendée, venait de soulever les habitans de quelques communes des environs de Machec.oul , et avait réuni à peu près 4oo hommes .au château de la' Garaterie. Il devait se porter, avec son monde au rendez-vous général de Maisdon ; mais n'ayant pu opérer ce mouvement le 4 i^^^y îl s'apprêtait à le faire le 5, et déjh il commençai à Texécuter, lorsque ses premiers coureurs découvrirent un détachement de 4^ Sommes du 17"** léger, venant de la Gamache^ et qui poussait une reconnaissance. Ils se mirent de suite en devoir de l'attaquer, croyant pouvoir l'accabler par le nombre, et en avoir bon marché ; effectivement ce détadiement aurait pu subir un. mauvais parti contre une force aussi supérieure, si fort heureusement le commanjdant de l'arrondissement militaire de Machecoul, Phelippeaux, n'était arrivé dans ce moment avec un fort détachement composé d'une
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des naUoaaux de MadiecoûL
Ce chef de bataillon % ayant feta a^ du mos^ vemeut des Insm^»^ 9*él]iit p^orté sor PauK à leur recherche,! el; arrivîait fort à {>it>pos ^pcnt dégager les troupes du 17"^ légcir^ qni^ n'ayant pas encore découvert Ttonefllit âe tronvaient compromises et alkient être ëci^iaeefl tens ce secours.
A peine eat-il pris connaissaalce de la posi*tion qu'occupaient les reyolbéi , qu'il fit :sek dispositions {>our les attaquer* Débewcboot avec une jiartie de sa troupe par la irolite de Machecouly il attaqua de froAt le ichlteaiiY de^ vaut lequel ils étaient postés ^ tandis qaHl le faisait tourner à sa gauche par un peldton de grenadiers comniandés par un officier. Eil exécutant son mouyemieiit, (cet officier rtncôkiira les 4o hommes du 1 7'"'' léger, qui se réu^. nirent k lui et contribuèrent fortement à dél>usquer Fenneipii de la •position où û ébat établi.
Néanmoins celui- ici , bien, que
poussé, soutint quelçie temps et avec assez de résolution le feu de nos soldats ; mais après une résistance opini&tre > ayant été acculé à un petit Wifi* el; le désordre s'étant mis dans ses rangs , il ne tarda pas à prendre la fuite ^ et à être entièrement dispersé.
Nous n'eûmes à déplorer dans cette rencontre aucune perte sensible , à l'exception du sergent-major de la garde nationale, qui eut la cuisse traversée d'une balle. On doit des éloges aux gardes nationaux qui firent partie de Texpédition, pour le zèle el le courage avec lesquels ils rivalisèrent nos troupes.
Le résultat de ce combat fut la dispersion complète de cette bande, do^t on n'entendit plus parler, s
l^n quittant Saint^-Etienne-de-Mçr-Morte ,
je revins 9ur mes pas et me rendis à Paux ,
bourg assez considérable, et qui était porté,
sur les contrâlôs. d*e Finsurrection, comme
deyaxit fournir cinq centshommes; j'y fis une
halte , pour iaire * rafrsachir ma colonne , et
me rendis moi-même à la seide auberge qui
existât dans le village. A peine y étais-je ins-
tallë que mon ordonnance vint me prévenir qu un Monsieur^ en chemise blanche et fine, était occupé àpanser trois chevaux; j'ôrdonniai qu'on me Tamenât ; cet ordre fut ponctuellement exécuté, et cinq minutes après, l'inconnu entra dans la chambre où j'étais.
Sur la demande que je lui fis de son nom et de sa profession , il me répondit , en me
montrant son passeport et un brevet de maître
> de poste aux chevaux, dont l'exploitatioil se
trouvait aux environs de Toulouse ; il disait être venu en Vendée pour acheter des chevaux à la foire de Saint-Gervais. En effet, cette foire se tenait le lendemain , et nous n'étions qu'à quatre heures de chemin du village où elle avait lieu. Cependant , comme tout cela ne me paraissait pas trèsr-clair , je le fis fouiller par mes gendarmes. Il portait suspendu au cou une petite croix en or, sur laquelle était gravée cette légende : Dieu et le Roi; il avait de plus une ceinture renfermant cinq mille francs en or , dont je lui donnai un reçu.
Âpres procès- verbal dressé, je lê consi^ai entre les mains des gendarmes. Ceux-ci m'ap-
portèrent présqae aussitôt des pistolets d'arçon, qu'on arait trouvés dans ses fontes avec un grand stylet. On pouvait présumer que mon prisonnier appartenait à Tarmée légitimiste. Je sus depuis que l'un des chevaux qu'il pansait, lors de notre arrivée, avait été monté par Madame.. Aussi mes soldats ne l'appelèrent plus que la Duchesse , c'est la seule capture que je fis.
Je m'occupai alors de la réinstallation du maire de Paux , que j'avais trouvé à Machecoul, où il s'était sauvé pendant un moment de crise. Je le conduisis moi-même à la mairie , et pour donner plus de solennité à sa rentrée en fonctions ^ je graciai une quarantaine de chouans qu'il me présenta , et qui appartenaient à sa commune. J'improvisai une petite harangue militaire , que je terminai en leur disant que je laissais le maire sous leur sauve-garde ; ils me répondirent de lui et m'ont tenu parole, car il continua à remplir ses fonctions sans être inquiété.
Je leur ordonnai de plus de remettre leurs armes, et de signer leur soumission sur le;
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registre de la commune , ce qu'ils firent ; aussitôt cet exemple fut suivi par tous le^ chouans des villages environnans, contre lesquels on ne fit dès-lors aucunes poursuites , si b^n qu'au bout de trois jours le canton était entièrement pacifié.
Cette opération terminée , je me reniis en route, me dirigeant sur le village de laMamç, où j'avais donné rendez-vous au commandant Phelippeaux ; je Vy trouvai arrivant de Saint- Luminé-de-Coutais , qu'il venait de battre, ainsi que ses environs, sans rencontrer aucune trace de chouannerie , et cependant la veille encore il était cerné par plus de huit mille hommes. ; la seule capture qu*il eût faite était un jeune homme blessé à la jambe , et qui avait déclaré avoir reçu cette blessure au combat du Ghéae près Vieille-Yign,e ^ dont nous avons déjà rapporté les détails.
Le même sœr, je revins à Machecoul, après avoir fait faire ce jour-là plus de doii^e lieues de pays à mes hommes. Cela ne m'ei9af>écha point d'ordonner, pour le lendemain 9, une graofcde battue dans les marais de Bouain.
En effet , nous partîmes à deux heures du matin , et séparant mes hommes en deux colonnes, nous arrivâmes à Bouain psur deux chemins opposés.' Mais comme tout y était assez tranquille , nous repartîmes pour Machecoul , où nous arrivâmes après une journée de marche aussi forte que celle de la Veille.
J'y trouvai une lettre du général Solignac »
qui m'ordonnait de retourner le lendemain à Nantes avec ma troupe.
J'employai le reste de la journée à passer en revue les gardes nationaux , et je leur annonçai qu'ils pouvaient , dès le lendemain , rentrer dans leurs foyers. Ils étaient animés du meilleur esprit , et ne regrettaient qu'une chose ^ c'était de ne pas avoir trouvé une réunion de chouans pour tomber dessus :
nous nous quittâmes les meilleurs amis du monde.
Le dimanche matin, iode juin, je partis de Machecoul avec mon prisonnier que je voulus garder près de moi , de peur qu'il ne lui arrivât malheur. J'avais envoyé mes gendarmes en
expédition dans le Marais , à TexcepUon de trois que je conservai pour toute escorte y car mes colonnes d'infanterie allaient trop doucement ; je mis mon cheval au petit galop et les laissai en arrière : nous eûmes à traverser ainsi quatlre g|L*andes lieues de pays insurge , ce qui n'était pas très-prudent à la rigueur; mais j'avais la confiance qu'après vingt-cinq ans de guerre à mitraille , je ne pouvais pas être tué par une mauvaise balle de haie.
En effet, j'arrivai sain et sauf àPcnt-Saint- Père, et je me rendis aussitôt, toujours accompagné de mon prisonnier , chez le maire de cette commune , où je trouvai tout le monde en train de déjeûner. On m'invita à me mettre à table, et je ne me fis pas prier ; seulement je demandai au maître de la maison de vouloir bien étendre l'invitation jusqu'à mon secrétaire (et je montrai M. Jules de Puy-Laroque , c'était le nom de mon prisonnier ) , cela , comme on le pense bien , ne souffrit aucune difficulté, et mon faux secrétaire se mit à table.
Cependant , quelque appétit qu'il eût, il ne
se trouvait pcnht àsonaise: laconversationjie roulait que sur la chouannerie et sur L'espèce de magie ayec. laquelle cette guerre que Ton croyait déiroir être longue et acharnée avait fini fout-à-coup; on m'attribuait en partie rhonneur de cette pacification, et chaque éloge était suivi d'un. toast à ma santé et à* la mort des chouans ; mon secrétaire répondait toujours par un toast à la liberté.
Bientôt des généralités on passa aux détails : on nie fit quelques questions sur l'arrestation du Monsieur à la chemise fine , qui pansait trois chevaux dans Técurie de l'auberge de Paux. Je renvoyai les questionnées à mon secrétaire, qui connaissait, leur dis-je, l'affaire mieux que moi : il raconta d'assez bonne grâce la chose dans ses détails, jusqu'au moment où l'un des convives lui demandait pourquoi je n'avais pas fait fusiller ce brigand4à , il le renvoya à son tour à moi. Toutes les raisons de clémence que je pus donner , eurent , à ce qu'il parait, peu de succès^ car on se leva de table au milieu d'un cJioiiis général qui opinait pour la peine de mort.
^e pensai que cette unanimité derak être peu flatteuse pour mon prisonnier : aussi, à peine eus-)e aperçu la tête de ma première colonne d'infanterie qui anriyait dans le village, que je pris congé de ma joyeuse société pour aller au-devant de mes braves; j'ordonnai au capitaine Teissier ^ qui les commandât , de faire repos à Port- Saint-Père, et de ne rentrer à Nantes que le lendemain; depuis le 3i mai j'avais fait faire , aux hommes sous mes ordres, de douze à quinze lieues par jour, l'un dans l'autre , malgré des chemins épouvanta»* blés, abîmés par des pluies continuelles.
Quant à moi, j'avais encore quatre lieues de pays à faire pour arriver à Nantes : je me remis en route sans perdre de temps. A l'entrée des faubourgs delà ville, une femme du peuple sortit d'une maison en s' écriant : Ah / voilà le génércA qui nous amène encore un chouan! Ce cri me fit craindre qu'en marchant avec moi, mon prisonnier ne courût des dangers , et qu'il ne me fût difficile de le sauver des mains du peuple, si je ne pressais ma course. Je renvoyai sur-le-champ deux de mes
cavaliers, et mettant mon chfeval au grand trot, je dis au gendarme qui me restait, de me suivre , et à M. de Puy-Laroque de suivre le gendarme. De cette manière nous traversâmes toute la ville, sans qu'on fît attention à lui, et je l'amenai cbez moi sans accident.
En descendant de cheval, je me rendis chez le général Solignac pour lui rendre compte de ma tournée.
Rentré chez moi , je pris connaissance des rapports des commandans militaires d'Ancenis, de Châteaubriant, de Savenai et de ceux de M. de Panis, lieutenant-colonel du 32™* régiment « commandant supérieur de ces trois arrondissemens. Cet officier m*exprimait tout son regret d'avoir été éloigné par des ordres et contre * ordres , sans motifs comme sans but, qui lui avaient été envoyés sans ma participation, et Tavaient empêché de tomber sur la bande de la Hoche-Macé, qui avait eu le temps de l'organiser et de commencer son mouvements
M. de Panis , élève de l'école Militaire de Fontainebleau , est un de ces officiers qui se
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recommandent par des talens distingués, une brayoure à toute épreuve et une activité infatigable, mais qui malheureusement comme beaucoup d^autres, s'est trouvé dans le cas de s'apercevoir que les nullités protégées ont exclusivement aujourd'hui des droits à Tavancement Pour mon compte, je préfère les hommes dont le mérite seul est leur protecteur , et je fus doublement afiQigé qu'il eût été éloigné aussi mal à propos, parce que, connaissant la surveillance active de cet ofiicier« je n'ai nul doute qu'il n'eût empêché la bande de la Roche-Macé de s'organiser , et parce que l'afEaire que je vais rapporter n'aurait pas eu lieu.
Le poste de Riaillé, chef-lieu de canton, de l'arrondissement de Châteauluriant, était occupé par une compagnie de voltigeurs de loo hommes. Lemaire de cette commune, informé que la garde nationale et la brigade de gendarmerie deTarades avaient été désarmées par les chouans, et craignant que les fusils.de celle de Riaillé ne fussent également enlevés, prit le parti de les envoyer à Nort, pour les mettre
en sûreté, et pria le capitaine des yoltigeurs de les y escorter avec sa compagnie.
Le capitaine déféra à cette demande un peu légèrement, et partit pour Nort à la tête de sa compagnie escortant les fusils. Dès qu'il eût abandonné sa position , la Roche-Macé en fut informé et vint Toccuper avec sa bande.
A peine était-il établi qu'une colonne mobile, composée d'une compagnie de grenadiers et d'une division du centre du 54""% arrivait à Biaillé, avec la certitude d'y trouver la compagnie de voltigeurs. TS31e s'approchait sans défiance lorsque son avant-garde fut reçue en ennemie , et se replia sur la colonne , qui s'arrêta.
Alors la Roche-Macé profita des accidens du terrein et des haies qui bordent la route pour faire filer sur le flanc gauche de la colonne une centaine d'honmies qui, sans être aperçus, firent une décharge à telle portée, qu'ils mirent dix-sept hommes hors de combat, dont cinq tués.Cette brusqueattaque etle ravage qu'elle fit dans la colonne pouvaient y mettre le désordi'e ; mais le capitaine qui la comman-
dait , homme de tête et de cœur, fait aussitôt battre la charge, entre dans le bourg la baïonnette en avant , en chasse les chouans , les poursuit, en tue quelques-uns et en blesse d'autres; alors leur déroute devient complète; une paitie jeté ses armes, et ils ne se rallient qu'à Ligné, arrondissement d'Ancenis.
Ce fut dans ce bourg qu'on amena à la Roche-Macé un jeune homme du pays ^ nomme Berra, greffier de la justice de paix de Ligné, qui avait à se plaindre des mauvais traitemens qu'il avait reçus de ses coureurs ; la Roche- Mac é, à qui ce jeune homme n'était pas inconnu, lui donna la satisfaction qu'il demandait , semonça vigoureusement les coupables, puis engageant la conversation avec lui , il lui demanda des nouvelles de Nantes, des environs, des mouvemens des troupes, etc.
M. Berra lui dit que des troupes étaient dirigées sur lui de Nantes , et d'autres directions , qu'il serait infailliblement cerné , et que s'il osait se permettre de lui donner un conseil , c'était celui de faire au plutôt sa soumission.
ET MADAME. aSg
La Roche-Macé , à moitié convaincu par le résultat de laffairede Riaillé, reconnaissant d'ailleitrs les dangers do sa position, rassembla sa troupe , l6ur fit une courte allocution, et lea décida à dépçser les armes, et à rentrer paisiblement dans leurs foyers. Plus de trois cents fusils furent remis à la mairie de Ligné ; beaucoup d'autres avaient été jetés pendant la déroute , et une partie furent emportés par les réfractaires et autres individus qui voulaient continuer le chou^nnage. Ce chef de bande commandait environ huit cents hommes, qu'il avait , dasis un court espace de temps , réunis et organisés dans les landes de Saiint-Sulpicedes-Landes etFreigaé.
Après les. avoir licenciés, il désigna un. de ses^ofBci^s , M. de La Serrie , pour porter , accompagné de M. Berra, sa soumission au général Sotignac.
Us {^ssèrent à Ancenis^ où le sOus- préfet charma M. Berra d'une lettre pour le gjénéral Soli^Etâc , dans laquelle il le pressait d'accueillir favorablemenl la soumission de la Roche-Macé.
sgo LA VENDÉE
Mal^é cette recommandation, le parlementaire La Serrie fut mal reçu du général Solignac , revint à Ligné, où il fut arrêté au moment de son arrivée , par deux sous-ofliciers du 32^; et comme il avait rompu son ban, il passa aux assises de Blois , et fut condamné à cinq ans d'emprisonnement ; les débats ont d'ailleurs fait connaître tous les détails de cette af&ire.
Le 12, je partis pour Châteaubriant ; à peine y étais-je parvenu que j'appris l'arrivée du général Bonnet à Nantes. Il venait reprendre le commandement supérieur des 4'f i^' et i3' divisions militaires. Je partis sur-lechamp ; il était trois heures de l'après-midi , et à huit heives du soir j'étais à Nantes ; j'avais fait quinze lieues en cinq heures et demie , et j'arrivai encore à temps pour faire , le même jour , ma visite au général en chef.
Le lendemain i3 je me remis en route pour Châteaubriant afin de terminer les opérations <Iue j'y avais commencées, et que l'arrivée du général Bonnet avait interrompues pour un moment.
ET MADAME. agi
De retour dans cette ville, j*inyitai le souspréfet à faire réunir les administrations civiles et judiciaires , ainsi que les chefs de service , afin de leur communiquer Tarrété que je Pavais autorisé à prendre pour annoncer à ses administrés la mise en état de siège , et leur exposer que cela n'empêcherait pas Tautorité civile et militaire d'agir de concert, et de conserver entr'elles la même harmonie que si Tétât de siège n'existait pas. Je pressai la rentrée des contributions en retard, près de MM. les directeurs des contributions directes et indirectes en leur annonçant que, pour la faciliter , il leur serait accordé tout Pappui nécessaire par les commandans militaires de chaque cantonnement.
Ces mesures prises, je quittai Châteaubriant pour me porter sur Aincenis , et comme chemin faisant j'appris que les curés avaient prévenu leurd ouailles qu^ils ne feraient pas la procession du Saint-Sacrement (c'était l'octave), de crainte d'être troublés dans leurs cérémonies religieuses , j'ordonnai à tous les commandans des cantonnements de protéger ces
agi LA VENDÉE
cérémonies , afin d'ôter aux prêtres tout prétexte de se plaindre , ce qu'ils n'auraient pas manqué de £aiire sans cette précaution ; ayant entore été informé que plusieurs cures étaient yacantes , j'écrivis aux curés de canton pour les inviter à pourvoir aux services de ces églises, et j'ordonnai aux conmiandans militaires de s'assurer que mes instructions fussent suivies ponctuellement en ce qui les concernait. . Arrivé à Ancenis , je pris les mêmes disposi-' tions qu'à Châteaubriant , çt me dirigeai ensuite sur Savenai en visitant tous les cantonnemens militaires de cet arrondissement. Dès mon arrivée à Savenai j'adoptai les mêmes mesures qu'à Châteaubriant et à Ancenis.
Pendant ces courses, j'ai rencontré partout les dispositions les plus empressées et la meil*leure volonté possible.
Le lendemain je passai en revue la garde nationale de Savenay , et lui donnai le tribut d!éloges qu'elle méritait pour la belle conduite qu'elle avait tenue pendant la crise qui venait d'avoir lieu^ et son infatigable activité,
ET MABAIIE. 295
en accompagnant le» di^achemens et In troupe 4e ligne dans tonnes les courses quHIs furent obU^^és de laire.
Le même sdîr l'appris que le jugement rendu contre M. de Kersabiet par le premier conseil de gueiTé Élisait hautement murmurer dans Nairfe^ et pourrait bien amener quelques troubles. Je partis en poste à dix heures du soir avec nion Mde-*4e-catnpf et j'arrivai pour Toir la fin de l'émeute^ dans laquelle le gëné^ rai Sôlignaé )ùvi» le rôle qui lui valut son rappel.
Je ne m'ëtendrai pas sur les débats qui di*
visèrent les deux généraux, ils ont été publiés;
chacun a été à même de juger de quel côté
ftrt le totft y et de cpiel côté fut la raison ; tout
ce que je puis dire , c'est que je ne voudrais
pa« recommeilcer les quinze jours pendant
les^iets je mie trouvai fipoissé entre les amours
propre» els les intérêts rivaux de ces Messieurs.
Enfin la Humiliation éa coûte d'&lon au
coramaodasient de la division mit lin à tout
ce conik, et me p^mit de recommencer mes
coorses.