U LA VENDÉE
» qui ait pu influencer son opinion. Sa déci^ n 6ion est la suite de ses réflexions , et émane » entièrement de son cœur noble et courageux. n Elle vient deni^'enfairejpart. Je n'y ai coiKtri- » bue en rien ; mais j'avoue que f y applaudis. »
M. Berryer, qui s'était arrêté à un endroit convenu pour y attendre la décision de Ma** dame, ou Madame elle-méirie, revint à Nantes consterné.
En même temps la Duchesse écrivait aussi à Gharette ce peu de mots :
a Petit Pierre (c'était le nom que prenait >» Madame , déguisée en paysan ) , est bien dé- » terminé à ne pas abandonner ses amis, n
Gharette répondit de suite avec le même laconisme.
tf Petit Pierre est un brave garçon : ses amis » lui prouveront qu'ils sont dignes de lui. »
Le 25 , M. de Bourmont reçut de la Du-»
chesse une lettre qui confirmait celle écrite à M. Berryer ; la voici ' :
« Ayant pris la ferme détermination de ne
» pas quitter les provinces de l'Ouest , et de
' Saisie à la Ghhsliére.
» meconfier à leur fidélité depuis si loog^temps » éprouvée , je compte sur vous , mon bon » ami 5 afin de prendre toutes les mesures né* » cessaires pourlapise d'armes qui aura lieu » dails la nuit du 3 au 4 juin. J'appelle à moi » tous les gens de courage; IMeu nous aidera à ».sauyer notre patrie ; aucun danger , aucune ^ fatigue ne me décourageront ; on me verra » paraître au premier rassemblement.
» Marie-Caboxjne , f» régente de France. »
.Yeud^e , «5 mai i83s.
Aussitôt cette lettre reçue, M. de Bourmont écrivit de son côté à M. de Coislin un billet , dont voici la teneur ^ :
(c Madame ayant pris la résolution courageuse de ne point abandonner le pays j et d'appeler à elle tous ceux qui veuleut concourir à préserver la France des malheurs qui la menacent , faites connaître à tous, que la prise d'armes est fixée du 3 au 4 juin, et qu'on
' Saisie à la Chfislière.
fc-i»
a38 LA VENDÉE
se réunisse dans la nuit pour agir ensemble , conformément aux directions que vous ayez données ; assurez-vous bien si vos avis seront parvenus à tous , sur tous les points.
yy Signée Maréchal » comte de Bocjbmont. »
Ces dispositions airétées , la Duchesse con^ tinua à demeurer, comme nous l'avons dit, au M.... jusqu'au 3i mai.
C'est pendant ce temps qu'elle fit quelques excursions dans les environs, sous le costume habituel qu'elle avait adopté , et qui était celui d'une paysanne, ou plus souvent d'un jeune pajsan. Une entre autre de ces courses, faite sous ce dernier déguisement, me paraît mériter d'être rapportée.
Après avoir soupe un jour chez un curé , elle le pria de donner les ordres nécessaires à son départ , tandis que de son côté elle ferait ses préparatifs ; ils n'étaient longs ni d'une part ni de l'auti'e ; et lorsque le curé rentra , un quart- d'heure après en être sorti, dans la chambre où se trouvait la Duchesse , pour
ET MADAME. aSg
lui dire que le cheval était sellé ; il la trouva vêtue du costume complet d'un jeune paysan, qui lui donnait Tair dVn garçon de dix-huit ans ; ses cheveux blonds étaient, comme de coutume , totalement cachés sous une perruque brune.
Alors il appela son filleul âgé de seize ans , il lui dit ces seules paroles : « Voilà un jeûne » homme qui montera en croupe derrière toi , »il faut le conduire au M.... » ^
Le petit paysan jeta un coup-d'œil rapide sur celui qu'on remettait à sa garde , et ne répondit que ces mots: « C'est bien, mon- » sieur le curé y on s'y rendra. ^> Madame prit congé du prêtre , monta derrière son conducteur qui mit aussitôt son cheval au trot.
Pour se rendre au lieu indiqué, il fallait traverser une forêt assez grande, où le petit paysan éprouvait chaque fois qu'il y passait, et surtout la nuit , une de ces frayeurs communes aux jeunes enfans qui ont entendu souvent parler de revenans. Il en fit part à son compagnon de voyage , et lui dit <le ne pas s'étonner quand il le verrait faire le signe
s4o LA \£flDÉE
de la croix , car c'était le moyen qu'il ein*> {doyait ordinairement contre la peur lors^ qu'une crise lui arriTait ; mais ce petit bonhomme usa si souvent de ce moyen pemhint la traversée, que la Duchesse avoua qu'elle eut aussi pour son compte une espèce de Telléité de faire le signe de la croix.
Au bout d'environ trois heures de marche on était arrivé. Sans prendre congé de Ma** dame, sans demander de récompense, le petit garçon partit : à quatre heures, il était de retour chez son parrain.
— £3i bien ! lui dit le curé, as^u déposé le jeune homme à sa destination ?
— Oui, M. le curé.
— As^u veillé à ce qu'il ne lui arrivât rien? -^ Dam I ça en valait bien la peine.
Le jeune paysan avait vu la Duchesse en 1828, et l'avait reconnue maigre son déguisement.
Le caractère vendéen est tout entier dans cette action si simple au premier abord, et cependant si caratéristique, froid, silencieux et dévoué.
Madame reçut encore dans cette maison du
M plusieurs visites de quelques notabilités
légitimistes, et s'occup% à donner des ordres, pour le soulèvement irrévocablement fixé, comme on Ta vu^ à la nuit du 3 au 4 juin.
« La popition était affreuse ; le feu gagnait les poutres » la famée emplissait l'appartement et sortait par les » fenêtres ; les assiégés n'avaient donc plus guère que » le choix du genre de mort; brûlés par les flammes. » asphiziés par la fumée ou tués par nos soldats. »
Le 4 juîn ^u point du jour le généra) Solignac entra chez moi pour m'annoncer comme je l'avais prévu, que le tocsin sonnait à Vertou, Saint-Fiacre et dans tous les lieux de Farrondissement militaire de Clisson , qui n'étaient pas occupés par nos troupes; mais comme ^ je ne paraissais pas ému par le récit du général Solignac: il me dit vivement:
— Vous prenez bien tranquillement la chose, général?
— Cela ne doit pas vous surprendre, lui répondis-je, puisque je comptais sur ce mouvement.
LA VENDÉE ET MADAME. a43
■* — Avez-vous donné vos ordres, général, mé répartit-îl?
— Mais, mon général, vous devez vous rappeler que je vous en avais prévenu par ma lettre du i^' de ce mois, et dans laquelle je vous annonçais que rinsunrection ne manquerait pas d'avoir lieu aujourd'hui; d'après cette assurance, je devais prendre toutes les précautions nécessaires.
— Les chouans, me répartit le général, sont
réunis à Saint-Fiacre.
. — A Saint-Fiacre, nji'écriai-je ! cela est assez singulier, car c'est à ce même Saint-Fiacre que le premier tocsin sonna lors de la grande insurrection vendéenne en 98.
Le commandant George du rig"', qui occupe Cli^on avec quatre compagnies, dont deu^ d'élite, a reçu mes instructions; il les aura sans doute transmises aux copi^andans des cantonneo^ens du Loroux et de VaJlet, qui ont chacun deux compagnies à leurs ordres. Ces instructions portent que chaque commandant devra marcher droit au rassemblement quelque nombreux qu'il soit ; l'attaquer
244 I^ TENIMÊE
^ à outaraoïce, se défendre de même et se reployer à la dernière extrémité sur le dbef^lieu de TatToodisseoient ; bien entendu que ces dâacbemens doiirent maBomvrer de mamère à se porter un secours mutuel D'ailleurs je suis GonTainctt que le commandant Gfeorge exécutera. ponctoellaEDent mes ordres, et ^'il est homme à tailler de la besogne à ces me^ sieurs, s'ils se présentent. Je tous réponds de leur affaire; ils sont en boimes mains.
Après ce colloque, qui rassura le général Solignac, nous nous rendîmes ensemble à la Préfecture.
Les nouvelles de l'insurrectkm s'y. muki^ pliaient; plusiei^rs maires des environs de ClissoQ, de Yertoo et d'Ai^feuiUe s*y trouvaient réunis, et tous s'accordaient sur la disposition des chouans à se rassembler le jour même, le pensai alors qu'il étah urgent de por^ ter du secours à mon brave George. Le colonelDavîvier, commandant le 3 2*^% reçut Tordis de se diriger sur la Cfaapelle-Hulin pour observer, à sa gauche, le canton du Loroux, et à sa droite , celui de Vallet, et en cas de be-
Ér MADAME. 245
soin appuyer les mouvemèns des défàchecnens qui s'y trouvaient ; tandis que je me ji)orteraîs de mon côté sur Aigrefeuîlle, d'où je serais en mesure de soutenir les troupes de Clisson , et observer tout le pays qui Tenvironne. Le maire d' Aigrefeuîlle , M. Roch, s'offrit pour nous accompagner, j'acceptai.
Toutes ces dispositions arrêtées, il était huit heures du matin. Je me mis aussitôt en route avec deux compagnies d'élite du Sa"" et cinquante gendarmes mobiles. A deiix lieues d'Aigrefeuille , mes éclaireurs crurent apercevoir du mouvement sur la gauiche de la route; mais le pays étant boisé, il n'était guère possible de bien voir ce qui se passait à une certaine distance ; j'ordonnai en conséquence de continuer la marche. Au bout d'une demiheure , on vint me prévenir qu'on voyait s'élever de la fumée à notre gauche au dessus de la Maine, et presque en même temps la détonation de quelques coups de fusil arriva jusqu'à nous ; comme le vîerit était contraire, il était difficile de juger au bruit si effectivement un engagement avait lieu, et quelle
346 l^À VEWÉfi
pouvait 60 être rimportance; Djéaamoins je jetai mes éclaîreurs du côté de la fusillade, et les fis soutenir. Pendant ce temps ^arrivai au relais de poste de la Jaunaye près d'Aig^efeuille ; tous les habitans étaîest en alarmes : ils me dirent que depuis dix heures du matin on se battait à Maisdon et à Château- Thébaud, et qu^l y avait apparence qu un autre corps d'insurgés venant de Montbert (commandé par La Roberic, comme je Tai su depuis ) se portait dan» ce moment sur Aigrefeuille « dans Tintention de désarmer la garde nationale,, et de fsiire ensuite sa jonction avec ceux qui se battaient à Maisdon.
Je me dirigeai àTinstant sur ce petit bourgs laissant des pelotons à tous les eml^^ancbe-^ mena de chemin « pour surveiller les mouvemens de Tennemi, qui pouvait, à chaque ins^ tant déboucher > et j'y arrivai au moment où la g9rde nationale se préparait à recevoir les insurgés. Je l'enqour^eai dans ces bonnes dispositions, et me portai de suite sujc le point <m V^dgagement avait lieu, a^ès avoir laisse un .peloton de grenadiers et vingt gendarmes»
ET MADAME. a47
pour soutenir cette bra^e garde nationale.
L'intrépide M. Roch, maite d'Aigrefeuillc, qui par ub mouvehient patriotique arait quitté ses fonctions miles pour se mettre à la tête de la garde nationale, voulut me servir de guide et partager tous mes périls ; j'y arrivai bientôt^ mais la fusillade commençait déjà à s'apaiser. Un ofiRcièr commandant une subdivision de grenadiers du 29*^% qui se trouvait sur la rive droite de la Maine (et j'étais sur la rive gauche ) détaché h la poursuite de Tennemi^ étant arrivé sur la ligne que je parcourais, cet officier m'apprit que Tennemi avait été débusqué de Maisdo», où d'abord il s'était fcHTtement établi, et qu'il était alors eil pleine retraite. Je fis aur-le^champ appuyer sa poursuite par une compagnie de voltigeurs du 32*** sotfis les ordres dli capitaine Teyssier ; elle le poussa vigoureusement, et fut assez heureuse pour le itejôindre au passage de Bac, en avant de Ghkeau-Thébaud , ou elle lui tua quelcpies hommeis.
Sur ces entrefaites , on vint' m'annoncer Qu'une troupe considérable de fuyards avait
passe la Maine, et se dirigeait sur Monthert^ dans Tespôir saift doute, de rejoindre La Roberie qui y était revenu après avoir abandonné le projet d'attaquer AigrefeoiUe , parce qu'il vienait ,d* apprendre que j'arrivais sur lui en force , et que le rassemblement de Maisdon ayant été surpris, était en déroute. C est ators que je regrettai d'avoir lâché ma compagnie de voltigeurs, qui ne me revint qu'à huit heures du soir, tellement fatiguée, qu'il était impossible d'exiger d'elle un autre service sans lui donner du repos. En conséquence, je ralliai ma petite troupe, et repris avec elle le chemin d'Aigreféuille, . où vinrent nous rejoindre les deux compagnies d'élite du 29"**; c'est là que j'eus les détails officiels sur l'affaire. Voici comment elle s'était passée.
— Le chef de bataillon George, ayant appris qu'un rassemblement se formait à Maisdon, avait donné aussitôt Tordre à deux compagnies d'élite ( cent vingt^neuf hommes en tout ) de tomber sur lui et de le disperser; cette injonction avait été suivie à la lettre. Vingtcinq voltigeurs qui formaient Tavant-garde
ET Madame. 349
reçurent à bouj; portant le feu de Tennemi, qui était embusqué à Tentrée du. village ; ils croisèrent aussitôt labaïoai)iette,franchirent le fossé et la ha;e et tombèrent sur lui. U se retira alors derrière un, autre fossé, et recommença soit feu ; mais le bruit de la fusillade ayant atr tiré le reste de la troupe, elle arriva au. pas de course, et quoique les chouans, fiisseut au nombre de huit cents,. au bout de deux heures elle lep avait mis ca pleine déroute. Cepen-^ dant^ comme les ^ains étaient très-hauts , de temps en temps les plus hardis revenaient sur leurs pas,, se glissaient ^ la: portée de la balle, et empécKaicnt par quelques coups de fusil le combat de s'éteindre tout-à-fait. C'est sur ces entrefaites que j'arrivai et que je mis à leurs trousses la compagnie toute fcaîche que j'amenais avec moi, et qui eut bientôt déterminé la retmte complète de l'ennemi. Les rebelles perdirent dans cette affaire une douzaine d'hommes et plusieurs chevaux, qu'on ne ramena que le soir, et encore étaient-ils blessés. L'aide-de-camp deÇharctte, qui était venu apporter des ordres, fut blessé grîèye-
a&f LA VEWnÉE
ment et eût son cheval tttë. Quant i nota, noti5 n'eûmes de blessé qu*utt sergent-major de grenadiers du ^9"**, et ce fut miracle , car les rebelles avaient merveilleusement choisi leur champ de bataille : le plateau de Ma&don est situe entre la Marne et la Sèfvre, rivières profondément encaissées, et qui, par conséquent^ of&ent de grands moyens de défense. Cétait ïh, du resté, que les chouans de Nantes^ de Clisson, de Légé, de Machecoul, de Vallet, du Loroux, avaient Tordre de se réunir, et il nous demeura bien prouvé depuis^ que, si je n'avais pas donné d'avance des ordres aussi clairs et aussi précis, et leur avais laissé jusqu'au lendemain seulement pour accoiftiplir ce projet, ils se seraient trouvés là, au nombre de sept à huit mille.
Aussitôt l'affaire terminée , j'en adressai un rapport au général Solignac. J'y avais consigné tous les détails que je viens de rapporter; et le même jour, à neuf heures du soir , je vis arriver le quatrième bataillon de la garde nationale de Nantes , conduit par un vieux brave de l'armée d'Egypte , nommé le Capitaine
Crr MADAMB. aSf
Ffnmçùùs y et commandé f>ar 4e colond P^ris'^
rairsd« ce bâtaîHoii avâîémt ftit prisonnier M. de Kersdfeiec ^ son dbm^stiqaê , èf /un cêr^ teiÀ M. B., tous tMîd -àrmé^' «H guerre; ils m'dppôrtftieirt en méifi^ tetii^ 'l-ordre d'âtta* quer Montbert. C'élail €Ik)M fiâ^cik i dire à Tuantes, malà cbose^ petr ptlalkâble à'AÂgre^ feuflle. Le bataillon^ ïn'arrîvfidft étaiA trop fàtigné pour que je pi^^ele métier aîifeu, sans hïi donner à\t répit ; t^ llîs troupes tpie fa Vais amenées avec inoi étaient si harassées, qu'il fallait bien leur accorder quelque repos : iln'eirtpas été fttès^^pf udent d'aitkurs, de s'engaget la nuit -dans des difiicMltés de terrains ^i ndtfs étaietil inconnus^ da»is les bois^pais qui coUTrént Montbert, *^n rendent lés appro* <h^ It^MUfficites , et permettent à des tîrail^ leurs de s*y embusquer se^ec avantage ; yemmis doucha pasfieau Uftdèniaiii.
A une heure 4a «latin , toute ma petite litotipe était sous les armes ; elle se composait de quatre compagnies d'élite d'infanterie de ligne , eit d'une secticm du centre du 29%.
9^ LA VEHDftE
do quatrième bataillon de la ggrde Aationah^ de Nantes, et de cinquante gendarmes à che- YaU en tout en won sept cents hommes. Je laissai pQur la défend! .d'AigrefeuiUe les qua-^ rante hoomies du centredu'29* avec une partie de la «garde nationale du Bourg* Je fbrmai^deux colonnes, et je me mis i la tête du bataillon de la garde natioù^^e deiNantes-t des.deux com^ pagnies d'élites et ^ mes chiquante chcTiaux^
lie. brave M, Roch, opmmandant la ^rde na^^ tionale ^ s'offrît encore. pour nous guideir avec vingt-cinq de ses gardes nationaux, et nouf servir d'éclaireurs. Je doqi^ai le cconnmiidement de l'antre colonne r ^ui se cofiipQ^ît de deux compagnies d* élite du 32^ ,. au lieute* nant-colonel Paris , avec ordre de tourner et de prendre à revers le, château de !Qifpo|ba?t , situé sur une hauteur , et dans une ]^QsitioB susceptible de défense.
Comme le chemin que j'avais pris était te plus direct, j'arrivai le preiïaier. Nous entrâmes à Montbert à quatre heures du matin; l'ennemi l'avait évacué la veille et dans la
JL
miit> nous n'y trouvâmes d'aiitœ signe de
rébellion qu'un drapeau . blwc flottant sur Téglûey qui exaspéra tel leitient la gar4e nationale que ^ pour éyiter' de grands malheurs ,. je pris le parti de la faire marcher sur le château, sous le pi*éteïte d'y aller débusquer Tennemi^ que je savais déjà bien loin.
Quoique les paysans , soit peur , soit mauvaise volonté^ ne répondissent point . à nos questions sur la direction prise par La.Robenc et sa troupe « je ne l'aurais pas moins poursuivi^ et probablement joint, si. je n* avais reçu dans ia nuit, du général Soligiiac, Tordre d'être de retour à Nante.^^ le 5 au soir : cela doublait encore mes regrets; cependant il fallait obéir; j'ordonnai le départ.
Comme je n'avais aucune nouvelle de mon cantonnement de Saint-Philibcrt--de-Grand- Lieu , j'ordonnai aux deux compiagoies d'élite du 2g* de se porter dans cette direction, et dfi pousser jusque là, afin de connaître QO qui s'jr passait, tandis que jememettaisen marche pour Aigrefeuille , où je voulais faire rafraîchir ma troupe , et laisser des ordres au commandant Georges, qui était venu m'y joindre : toutes ces
254 LAVHNOEE'
dispositions prises , je |yartis pour Nantes aurec mes deux infatigables èdmpâgaies du ^2% le quatrième bataillon de la garde natioa^e , et mon escorte de gendarmerie.
J'arais déjà dépassé avec ma tête deco)o«me^ les Sorinières, dernière poste que Ton rencontre avant d'arriver à Nâ|:ites ,^ lorsque je fus rejoint par un exprès qui m'annonça qac La Roberie était revenu pt^nÂre posil&oii à Pont-James. Je ne pouvais le croire ; toais ayant été convaincu que c'était la Térité, je laissai mes deux compagnies dVîttte aux Sonnîères, et j'entrai à Nantes, bien persuadé que le général Solignac obtempérerait à ma demande d'aller attaquer La Roberie à l'instant
même.
Le géivéral mfittsa, sans md dooner d« motif valatvle de ce refus ^ que je mai jamais i!ompris , et ce fut tine grave faute à lai, car j'arrivais à lémpspour prendre part à l'affaire du Cbéne, près de VictUe-V^ne , et proliablement que j'y faisais prisonniers la Duchesse et Charette. C'est ce qui me décida à lui écrire la lettre ci-après :
ET MADAME. !k55
* J'aiea rhonpeoi* ile yoas rendre compte de » ma missioa d^faier daag les entiroAsd' Aigve^ » feuille, de Maîsdon et de Montbert Mai^ en » rêrenant ici , j~lii'at)pri$ à mon passage aux
* Somnières , (jue La Roberie s'élaît reporte 1^ aneMcbndefoisatec un t^ssemblementasse^ nfoombfetix s^ik^ Ptmt^ames. Jogeimt cfu^l ]» s'était mis dans une position' facile à atta^
* qper , j*ai laissé proyisoîrement aux Sorîi»iiîères, deux compagnies d'élite, m'élaot ^ bien pénétré que le projet que j'allais vous » soumettre recevrait votre approbation. J'ai ik-donné Tordre aux détathemens deLégé, de » Saiot-PhiKbert-de-Grand-Lieu, Machecoul, » Aigrefeuille, de se porter sur Pont-James. Je » prendrai cent hommes dlnfanterie avec » cinquante gendattnes , et partirai de suite >> pour me porter sur Pont-James par la route w des Sables. Avec ces dispositions , il est im- ^ possible que La Roberie s'échappe; cédez à y> mes instances , je vous en conjure au nom
!t56 lA VENDÉE
n de rintérét public, et je tous assure que je y> vous rendrai bon compte de La Roberie et n de tout ce qui Tentoure. JT ai cru d'aillenrs n TOUS £ûre cette propositiim pour nettrè ma j» respausabilité à Tabri de toute intérpretaiîon » ultérieure. »
J'étais sur les épines. La fusillade reteirtis-" sait dans mes oreilles ; il y avait saix^ot&'doQze heures que je, n avais dormi, et pendant toute la nuit qui suivit Tétrange re&is 4^ générait je ne pus fermer l'œil.
Cette, mesura, au reste, n'était pas pour moi seul , elle avait atteint le colonel Dùvivier en même temps que moi , et comme il était revenu de Yallet arec les troupes sous ses ordres , tout le pajs sç trouvait à découvert, ce qui donnait aux chouans la faculté de se reformer.
Lorsque j'arrivai à Nantes, le colonel Duvivier était déjà reparti pour Ancenis, où il devait s'opposer à la tentative de La Roche- Macé.
Le 6, au matin, je renouvelai mes instances auprès du général Solignac , sans pouvoii'
ET MADAME. sS;
obtenir rien de lui. Cependant j'avais le pressentiment que Ton devait se battre; en effet, le jour, même nous apprîmes qu'un combat avait eu lieu au Chêne , près Vieille- Vigne , que la Duchesse s'était trouvée près du champ de bataille et avait pansé les blessés.
Voici le détail de ce combat. .
Le chef vendéen La Roberie, ayant quitté la position de Pont- James, et s' étant porté sur la Grimaudière , y avait fait sa jonction avec le rassemblement de Charette. Cette i^union pouvait présenter un effectif d'environ ^<x> hommes , dont 200 étaient à peine armés.
Charette, en sa qualité de chef supérieur, en avait pris le commandement , et s'était dirigé sur Vieille-Vigne pour y désarmer la garde nationale. Prévenuen chemin par ses coureurs, que nous avions des détachemens dans les environs , il avait changé de direction , et s'était porté sur le village du Chêne dans l'intention de l'occuper et de s'y maintenir; mais, s'aperce vant qu'il pouvait être tourné , il l'aban- ' donna et prit position en arrière , sur une ligne
!i58 LA, VENDÉE
assez étesdaè 9 et dans un endroit boiaé qm au besoin fayoriserait sa retraite.
La garde natiottile deYieille-'Yigne, aTertie du projet de Giarette, et quoique ptxk nombreuse , avait néanmoins pris des dispositions pour se défendre; elle s'était ensuite réunie à une compagnie de vehigears dii 44^ , faisant paitie d^un bataillon qui venait de Montaigu , et qiie le chef avait divisé et dirigé sur divers points ; et avait pris avec elle la direction du Cbéne , pour aller à la rencmttre de l'ennemi. Les deux partis ne tardèrent pa» à se trouver en présence.
L'attaque fut vigouf^use et la défense ne le fyt pa^ moins.
L'officier du 44^* qui commandait nos trou^ pes^ éprouvant une résistance à laquelle il ne s^attendait pas , crut nécessaire de changée le terrain de l'attaque , et pnsndre une position qui lui paraissait plus favorable. La ma^ nœuvre qu'il ordonna à cet effet , ayant été prise pas les chouans pour cm mouvfnoa^it de retraite , ils s'avancèrent impétueusement , ^ croyant pouvoir le culbuter: mais ils furent
ET MADAME. aSg
T%çm par une grêle de balles, et vivement repousses; s' étant une seconde fois reportés a» dvant et avec asse^ de hardiesseï ils furent encore repoussés vigoureusement.
Cependant cet état de chose durait depuis quelque temps, et rien ne se décidait, quand le chef de bataillon qui, au bruit de la fusilladet se portait vers le feu, et s'était fait prércéder par sa compagnie de grenadiers pour soutenir celle de voltigeurs , vint avec le reste de son bataillon terminer l'affaire.
Arrivé sur le champ de bataille , il fit ses dispositions pour tourner la ligne des chouans. Charette vit alors qu'il était temps d'opérer sa retraite, et qu'une plus longue résistance finitoit par le ctMnpromettre.
Effectivement, sans les accidensduterrein, e< les bois par lesquels il fut favorisé, il aurait pu être pris avec une partie des siens.
Ijl se dirigea sur le Clodi , où il arriva avec à peu près la moitié de sa troupe* Reconnaissant vraïscmbiablement alors que j'avais trop ]mtt pris mes mesures pour qu'il pût opérer ^ jMui une levée en masse « comme il l'avait pu
i6o LA TEIiDÉE
d'abord espéra*, mais on rasserablemeni assez considérable pour tenter quelque chose d'utile i son parti , il réunit ses hommes » leiv donna quelque argent, et les exhorta à retourner paisiblement chez eux.
La Roberie , qui commandait son arrièregarde , s' étant trouTc troupe , fiit obligé de se retirer avec ce qui lui restait dans une autre direction.
Le parti légitimiste perdit dans ce combat plusieurs de ses officiers les plus distingués. M. le comte d'Hanache ^ ex - officier de la garde royale, porte*drapeau, et blessé aux deux bras , fut tué dans la poursuite. M. de Tregomin aîné, de Rennes, fut aussi tué dans la seconde attaque. M. de Bonrecueil , qui avait eu les deux jambes fracassées , mourut à la suite de l'amputation. Nous eûmes de notre côté à regretter quelques braves.
Le lendemain de cette affaire , la Duchesse se trouvait avec mademoiselle Eulatie de Ker^ sabiec dans une ferme pas très éloignée du champ de bataille; il y vint un blessé de.laveiUe, qui avait passé la nuit caché dans les bois, son
ET MADAME. i6i
Jhias traversé d'une baUe , ^tak trèft*cnfié ; la Dodbesse et mademoiselle. Ëulalie de Kersabiec s'empressèreat de le paoser. U fallut feiidre la manche de ThaMt q|ii s'dtait coUëé sar les chdirâ par le saag séché. La Duchesse pâtit à la Vue de la plaie » et lut même obligée de sortir un instant de la chambre où la chaleur était éton£Eàote ; fnais elle rentra aussitdt, en disant tout bas à M. de Mesoard, qui l'avait suivie : « Us croiraient que je n'ai pas de cou- » ra^e, » et elle aida mademoiaelle de KJersabiec à finir le pansement
Il était à peine terminé, qu'dn aperçut une patrouillerai se dirigeait sur la maison. Madame, ses amis et le bleâsé se réfugièrent à la hâle dans un fossé profottd , où, s'ils eussent été découvai3 par les soldats, le premier avertidsemetat qu'ils eh auraient reçu eût été des coups de fusil.
La Duchesse couvrit de son schall le blessé, ^ui avait une foite hèvre ; et, lorsque la patrouille ne donna plus d'inquiétude, elle dîna avec du pain , du beurre et du lait , et la nuit venue , elle se remit en route |MHir se rendre
. 96a LA VEMDËE
: au T.. . dans une commune plus rapprochée de Nantes , où elle prit une dernière détermination que nous rapporterons en son lieu. Dans la journée du 6, avait eu lien une affaire plus sanglante, encore dans soa résultai, et surtout plus curiesse par ses détails.
Une réunion de chouans avait été indiquée pour ce jour au château de la Pénîssière-de-la- Cour, situé à une lieue et demie de CHsson. Son but devait être de se porter sur Cugan et la Bruffière pour désarmer la garde nationale. A neuf heures du matin, ils y étaient rassemblés, au nombre de quarante-cinq: c'étaient presque tous des jeunes gens de famille ; leurs chefs étaient deux finères, tous deux anciens officiers de la garde royale ; ils avaient tle plus: avec eux deux pauvres paysans, qui, ayant appris à Nantes à jouer du cornet de voltigeur, composaient leur mùsiqu*e.
Ladjudant-major du 29*^' ayant appris^ en 4'absence du chef de bataillon George, que cette réunion devait avoir lieu, prit a%*ec lui 4|uarante-cinq voltigeurs et deux gendarmes, et seporta'Surréndroit indiqué. Arrivé sur les
ET MADAME. afô
lieux, il reconnut que ce détachement n'était pas asses& fort pour cerner rtiabitatiôn,. défendue par un mur qui forme Tenclos dli parc.
Un geadarme fut détaché aussitôt pour demander du renfort : on lui envoya quatre-vingt-dix hommes, qui furent bientôt suivie d'un autre détachement de quarante, commandés par le lieutenant Sanéo. L'adjudantma)or ordonna aussitôt Tattàque ; mais, après une courte défense, le mur extérieur fut abandonné, et les chouans.se retirèrent dans Thabitation, dont ils h arricadèrent les portes*
Alors ils se distribuèrent au re!&-de-chaussée et.au premier; placèrent à chacun de ces étages un clairon qui ne cessa de jouer pendant tout le combat, et commencèrent par les fenêtres un feu très-vif et très-habilement dirigé. Deux fois les soldats arrivèrent jusqWà vingt pas du château, deux fois ils furent repoussés. L'adjudant-major ordonna une troisième attaque, et, tandis qu'elle se préparait, quaire hommes, aidés d'un maçon, s'avancèrent vers le château, en choisissant un côté du pignon qui n'avait aucun jour sur le jardin, et d<m^
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ôn ne pooTait par eonséquâit^éfeiidrè rapproche. Une fois arriTés au pied du «mr» ils y appliquèrent uœ échelle, et montant jus* qu'au toit» qu'ils décotayrirent, ilsjetèràitdaiis rintérieur du grenier des madères enHam-^ méeBf et se retirèrent. Axl bout d'un instant, une colonne de fubiëe s'échappa du toit, au travers duquel la flaïkime se fk jour.
Les soldats poussèrent de grands cris, et marchèrent de nouineau ybrs la petite citadelle qui semblait avoir arboré un étendard de feu; les assiégés s^ étaient bien apebpus de Tincendie, mais ils n'avai^t pas le tdàips dé Tcteindre, et d'ailleurs la -flamme tendant toujours à s'élever, ils espéraient que le toit dévoré, elle s'éteindrait : ils r^>Dndirent donc aux cris de nos soldats par une fusillade aussi vive que la première, pendant laquelle les defux clairons ne ceissèreiit pas un instant leurs airs^bienria:^.
En ce moment^ le chef dtç bataillon Geoi^e arriva avec an nouveau renfort de quelques hommes ; il ordonna aussitôt . de battre la chaîne, et les soldats, à Tenvi les uns des au^ \vts^ &e précipitèrent yiers le château.
ET MàDA^MB, 965
Ce^e fois ib parvinrent jusqq'aux portes , ei les qapeurs se mirent ea devoii? 4e les eD<foncer* Les oho& des cbooaos ^irdoonàrent à ceux qui se trouvaient au rez-de-chaussée d^ Bfionfer au fmmiep ; ils obârtnt, et tandis que le^ $a|)isur$ enfonçaient les portes, et que la ï(\oi!dé des assiégés 'continuait la fiisiliade^ l'autre moitié inettai}; le plancher à jonr en le dac^r^dant; de sorte qu^au moment oà les soldais se précipitèrent dans rintëricur, ils furent accueillis par une fusillade à bout por* tluit dirigée sur eu^ à travers lies entre-deux des poutres. Fonce leur fut de se retirer^ et les chouans accompagnèrent leur retraite d*un reflooblemènt de n^usique et des cris : f^ip^ Seïïfri Vf
Le chef de bataillon ordonna de foire pour le rez-de--chaussée ce que Ton avait €iit pour le gnenief*; en conséquence, les soldiaits s* avancèrent armés de torches enflamméps et de bois sec ; on jeta le tout par les fenétriss dans Tint^etHT du château, et au bout de dix minutes l9A chouans sfe trouvaient avec le f|pu sous les pieds et sur la tâte. Il paraissait donc impos-
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sible qu'ils pussent échapper à la mort, et la fusillade, qu'ils n'avaient pas interrompue, paraissait être la dernière vengeance du déses^ poir.
En effet, la position était affi%use , le feu gagnait les poutres, la fumée emplissait Fap-^ partement et sortait par Fes fenêtres. La garni-^ son n'avait donc plus guère que le choix du genre de mort : brûlée par les* flammes, as^ phyxîée par la famée, ou massacrée par nos soldats.
Les chefs prirent un parti désespéré; ils résolurent de faire une sortie ; mais comme il fallait, pour qu'elle olïiit quelque chance d'es* poir, qu'elle f&t protégée par une fusillade qui occuperait nos soldats, ils demandèrent quels âaient ceux qui consentaient à se dévouer pour leurs camarades : huit s'ofErirent.
La troupe se divisa donc en^deux pelotons.
Trente-cinq hommes et un clairon : devaient tenter de gagner une des extrémités du 'parc, fermée d'une haie vive seulement. Les huit autres, auprès desquels on laissait le second clairon, devaient protéger cette tentative. Les
deux frèreS' s'embrassèrent, car ils se qoit^* taient pour ne plus se revoir ; Tua comman^^ dait la garnison restante, l'autre la.sorfiej;
En conséquence de ces disppûtions, ettan-i .
dis que ceux qui demeuraient, cdiitinuaient encourant de fenêtres en fenêtres un^ feu assèz) bien nourri, les autres pçrçaienJt le mur op-* posé a. celui auquel nos soldats faisaient £aice:^ ausûtôt la trouée faite, ils sortirent en bon ordre« clairon en tête, marchant aupas de course > versPextrémité du jardin ouse trouvait la haie. .
Leur . retraite fut saluée par une déchargej générale de mousqueterie, qui leur tua deux* hommes. Un troisième (Tun des deux chefs) blessé à mort, alla expirer auprès de la haie;: le clairon qui marchait en tête. reçut trois: balles, et cependant ne cessa point de jouieix< Il est fâcheux qu'on n'ose faire connaître le* nom de pareils hommes.
Cependant.la position des huit hommes re^ tant dans, le château était devenue de plus en plus dangereuse; les solives enflammées craquaient et menaçaient de ne pluspouvcûr siip« pprter le poids dès assiégé^. Alors ils sç iietl-?
rèmut dfltns une espèce d'eitfeneemeiit formé par im retrait de mur, décides à s'^ défendre jusqu'à la dernière extrémité; k peine; étaient-' ilst ^iie le plancher tomba avec un brdit affreux ; les soldats y répondirent psr de ^*ands cris, car la fosiHade s' étant éteinte en même temps, ils crurent que la garnison était écrasée dans les décombres : cette erreur la saura.
En effet , lorsque les chouans cachés Tirent les assiégeaas convaincus qu^ils étaient tombés au milieu de l'immense fournaise ^ ils se tinnnU immd^âes et cois; nos soldats , de leur c6té, s^âoignèriËnt avec une répugnance na-^ tutelle d^ua fojer qui dévorait à-Ja-fois amis et ennemis , puis la nuit s'avança sur ces entrefaites , et, au milieu de son élxscurité, les inuthpnmies queJ'oh crojait broyés dans les éécomfares, consumés par les flammes, se laissèrent glisser comme des ombres le long des murs , gagnèrent sains et sauf^ la haie par laquelle s'étaient sauvés leurs compagnons, de sorte quMl ne resta sur le théâtre du combat , si animé , si bruyant , que la métahie rouge et fumante, s'éteignant dans le silence, et
autour d'elle quelques cadavres éclairés par les dernières lueurs de Fincendie V
' Voir à la fia de l'ouvrage le rapport du chef de batail Ion George.
« If 'ête»-voas pas Pnoçaii? N^êtef-vouf pan nos Trèresr » Groyez-TOus que , lorsque la oécessîté ooas force de • vnos combattre, nos cœon ne saignent pas de vos
» blessores F .... »
Le 6 au soir, fobdns la pennissioa de partir. J'en profitai aussitôt malgré une pluie battante.
A mon passage au pont de Pyrmile , je demandai à Tofiicier de garde si la diligence de Clissori était arrivée , car depuis deui^ heures elle était en retard, et c'était une des causes de mon inquiétude; il me répondit que oui, mais que le conducteur et les voyageurs lui avaient dit qu'on se battait à la Pénissière-de-la-Cour , où un rassemblement de chouans était assiégé par la ligne et la garde nationale.
Je n'étais pas inquiet pour Clisson , parce que je savais que le chef de bataillon George était là ; je pris doiic la route de Machecoul
qui , deÈeurertè de troupes , in^offirait {rfasde craiides.
A deux heures du matin , en dëpit de la pluie qui ne cessait de tomber , j'étais à Port- Saint-Père, toujours accompagné de mes deux tidèles compagnies d'élite, que j'avais fait rentrer des Sorinières, et à qui il fallait vraiment dep jambes de fer pour me suivre. Nous y trouvâmes 35o hommes de la garde nationale de rarrondissement de Pàimbeuf . En passant, on fouilla le château de M. Aristide de Gran ville, où Ton supposait que la Duchesse pouvait être cachée ; mais on n'y twuva rien.
Cette opération finie , nous nous remîmes en route , et arrivâmes le 7 à Machecoul vers les neuf heures du matin , où je trouvai huit cents hommes de la garde nationale, toujours de l'arrondissement de Pàimbeuf, et qui étaient daiis les meilleiu:es dispositions ; ces braves gardes nationaux , aussi bien que ceux que j'avais trouvés au Port-Saint-Père, avaient spontanément quitté leurs travaux pour se porter contre les ennemis de leur repos , et avaient suivi l'exemple de ceux de Nantes.
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Lear apparition safaitp tranqailliia les haleta» de Machecoul, qvd poayaient craindre la ré« eidive des malbeors qu'ik aTaient éprouvés en 93. Toqt âait parfûleaient «ranqi^e, grâce au ngea diq[»Mtioiia et à réocrg^e de ML PheUjqpeaux , commandant le i^ bataillon do Sa* , et rairondiaaement mUitaire de Machecool. J'appria même que les baUtana , ^i avalmt été forces de prendre les armas poop se joindre anx insurgés , ne demandâiôt pas mieux que de revenÎF i leur willage ^ et qi^ la peur seule d'nne putiition les retenait. Je i^gQ$â#!tfaitôUaprôcIamatÎQn suivante, que je fis répandra , ^t qcd prodnîjpt le meilleur ef&t.