‹ La vénérable Jeanne d'ArcChapitre 27 sur 34 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

LES PRÉLIMINAIRES DU PROCÈS — LES INFOR- MATIONS DE DOMREMY — LE TRIBUNAL EST CONS- TITUÉ — UN DES ASSESSEURS, NICOLAS LOYSELEUR, CONSENT A TROMPER JEANNE, A SE FAIRE PASSER POUR SON AMI ET A REDIRE SES CONFIDENCES A CAUCHON — INTERROGATOIRES PUBLICS ET SECRETS — LE RÉQUISITOIRE DE JEAN d'ESTIVET — LES 12 ARTICLES NON COMMUNIQUÉS A JEANNE ET SUR LESQUELS ON CONSULTE JUGES ET SAVANTS

L'évêque de Beauvais n'avait pas le droit de tenir tribunal à Rouen de son autorité privée. Cet archevêché étant vacant en ce moment, il n'appartenait qu'au chapitre de la métropole d'autoriser Pierre Cauchon à siéger sur une terre soumise à sa juridiction. Les chanoines de Rouen ne tenaient pas du tout à accorder cette autorisation, mais ils durent céder à la pression anglaise, et leur consentement, exprimé dans ce qu'on appelle des lettres de territoire, fut donné le 28 décembre 1430.

Le mardi 9 janvier suivant, Pierre Cauchon réunit dans l'hôtel du Conseil Royal, près du

château de Rouen, huit seulement de ses assesseurs. Il leur exposa l'historique des démarches qu'il avait faites jusqu'à ce jour, par lesquelles il était en possession de la personne de Jeanne, et en mesure de la juger ; il leur donna lecture de toutes les pièces concernantces démarches, et les assesseurs décidèrent qu'il y avait lieu de prendre des informations sur Taccusée.

Disons de suite, pour n'avoir pas à y revenir, que ces informations ont été prises ; on délégua un commissaire spécial, qui se rendit en Champagne; il y vit le bailli de Chaumont au nom d'Henri V, Jean de Torcenay. Celui-ci désigna, pour accompagner l'envoyé INicolas Bailly, tabellion d'Andelot en Champagne ; ce dernier se rendit dans le pays de Jeanne, et y interrogea une quinzaine de témoins. Tout ce qu'il recueillit fut à la louange de la Pucelle, si bien que Jean de Torcenay, en voyant le résultat de l'enquête, dit à Bailly : « Vous êtes un faux Armagnac. » et que l'évêque de Beauvais, en recevant le commissaire à son retour, lui déclara qu'il était un traître, un mauvais homme, qu'il n'avait pas fait ce qu'il devait dans l'exécution de son mandat, et finalement, refusa non seulement de le payer, mais de lui rembourser ses dépenses. Ce commissaire déclara dans la suite à un de ses

amis qu'il n'avait rien trouvé dans Jeanne que ce qu'il eût voulu rencontrer dans sa propre sœur; si l'évêque l'avait reçu ainsi, c'est que les renseignements recueillis ne pouvaient pas être utiles à l'inique prélat vendu aux Anglais.

Toujours est-il que ces informations, toutes favorables à Jeanne, ne furent ni communiquées aux assesseurs, ni insérées au procès, mais détruites par Cauchon; belle conduite pour un juge !

Revenons à la séance du 9 janvier. L'évêque de Beauvais y constitua les officiers destinés à l'assister dans le cours du procès. Fut nommé promoteur, c'est-à-dire chargé de soutenir l'accusation, un misérable, sans foi ni loi, âme damnée de Cauchon, Jean d'Estivet, ancien vicaire général du diocèse de Beauvais; commissaire examinateur des témoins : Jean de La Fontaine, homme instruit, dont Cauchon pensait à tort pouvoir se servir comme d'instrument ; greffiers : Guillaume Manchon et Guillaume Colles, dit Bois-Guillaume, jeunes prêtres, qui, quoique d'un caractère faible, firent preuve d'une certaine énergie, et d'une certaine impartialité; exécuteur des mandements et convocations, c'est-à-dire huissier : Jean Massieu, autre jeune prêtre, qui témoigna constamment delà sympathie à Jeanne, malgré

les menaces dont il fut l'objet de ce chef. C'est par ces trois derniers personnages, qui vécurent jusqu'à un âge assez avancé, que l'on a connu beaucoup de précieux détails sur le procès de Rouen.

Le samedi suivant, 13 janvier, Cauchon réunit dans sa maison six des assesseurs, et leur fit donner lecture de quelques informations réunies par lui sur la Pucelle ; (mais non, bien entendu, de celles commandées le 9 janvier, qui ne pouvaient pas être encore rapportées de Domremy) ; puis on décida de rédiger quelques articles, contenant les principaux chefs d'accusation. Ces articles étaient prêts le 23 janvier, et lecture en fut donnée ce jour-là, dans le même local, aux mêmes assesseurs. On résolut ensuite de faire procéder à une enquête préparatoire sur les faits et dires de la prisonnière.

Le mardi, 13 février, toujours dans la maison de Cauchon, se réunirent les mêmes six personnages, auxquels étaient venus s'ajouter les six docteurs de l'Université de Paris, requis par Cauchon pour se joindre à lui et pour le seconder en toutes choses dans cette infâme affaire; c'étaient : Jean Beaupère, Pierre Maurice, Girard Feuillet, Jacques de Touraine, Nicole Midy et Thomas de Courcelles, tous entièrement dévoués à la cause anglaise et à

la personne de Cauchon. Devant eux, ce jour-là, Jean d'Estivet et les autres officiers du procès prêtèrent le serment habituel.

Le 19 février, les douze mêmes assesseurs, toujours réunis chez Cauchon, prirent connaissance de l'enquête préalable, décidèrent qu'il y avait lieu de poursuivre outre la- suite du procès, et invitèrent à se joindre à eux, le vicaire de l'Inquisiteur pour le diocèse de Rouen, Jean Le Maître, de l'Ordre des Frères Prêcheurs. Ce dernier était un homme timide, un trembleur dans toute la force du terme, tout ce qu'il fallait, en un mot, pour subir une pression. Il se récusa comme n'étant délégué que pour le seul diocèse de Rouen, et la cause appelée relevant de l'évêché de Beauvais. L'excuse fut admise pour le moment, mais Cauchon en écrivit immédiatement à l'Inquisiteur général de France pour lui demander de munir Jean Le Maître de pouvoirs spéciaux. Il les obtint à la date du 4 mars, et, à partir du 13 de ce mois, le vice-inquisiteur siégea à ses côtés, en compagnie de son greffier, Nicolas Taquel.

Parmi les assesseurs qui assistèrent à toutes les séances préparatoires, il faut citer un chanoine de Rouen, Nicolas Loyseleur, peut-être la figure la plus abominable et la plus repoussante de tout le procès. Cet homme comptait parmi ceux que Cauchon et les Anglais avaient

achetés ; il était par conséquent décidé à la condamnation quand même de Jeanne; mais, non content de cette première infamie, il en consentit une seconde qui semble dépasser les bornes de la méchanceté humaine. Malgré toutes les précautions prises, Cauchon n'était pas sûr de trouver même un motif tant soit peu plausible de condamnation; il lui fallait un homme qui consentît à espionner Jeanne, puis à la tromper; à l'induire en erreur sur les choses à dire pour sa défense, à lui persuader de prendre telle ou telle attitude qui pût permettre à ses juges de la condamner ; en un mot à la pousser dans le piège que la perfidie du schismatique évêque de Beauvais lui tendait.

Loyseleur accepta ce rôle immonde ; et ne semble-t-il pas que le nom qu'il portait le désignât pour tendre les filets sous les pas de la colombe, tandis que celui de Pierre Cauchon demeurera comme une flétrissure sur le juge-bourreau?

Loyseleur ne siégeait au tribunal qu'en l'absence de Jeanne; et les quelques fois qu'il y parut pendant les interrogatoires, ou il se dérobait sous les tentures, ou il couvrait sa présence de quelque hypocrite prétexte. Mais pendant tout le temps du procès, il se donna à elle comme un ami, et joua même en cette qualité un double rôle :

Les premiers jours de la détention, masquant ses traits, il se déguisa en cordonnier, et pénétra jusqu'à Jeanne, se faisant passer pour un compagnon de ses fers; il lui dit être son compatriote, et chercha à lui arracher ses secrets; mais comme il n'arrivait de cette façon à rien qui pût le satisfaire, il changea de tactique. Reprenant son visage et ses habits ordinaires, il se présenta à elle comme un ecclésiastique de son parti, tout dévoué pour sa défense.

Par ce moyen, il gagna sa confiance, devint son confident, son confesseur même, en un mot son unique directeur dans les difficultés présentes, la poussant tantôt dans telle direction, tantôt dans telle autre ; et le cas qu'il comptait faire de ces confidences, un seul fait, raconté plus tard par le greffier Manchon, nous l'apprendra.

Loyseleur se rendit un jour dans la prison de Jeanne, pour avoir avec elle un entretien confidentiel sur les matières touchant leprocès. Il la fit asseoir le dos tourné à une ouverture donnant sur la place voisine ; là se tenaient l'évêque de Beauvais et le comte de Warwick, gouverneur de Rouen; ils avaient amené avec eux les greffiers du tribunal, et prétendaient leur faire écrire ce qu'ils entendraient de cette façon; mais les greffiers eurent l'énergie de se

refuser à cette besogne, déclarant qu'il n'était pas honnête d'instruire un procès de !a sorte.

Loyseleur en fut réduit à porter lui-même à Pierre Cauchon les confidences de la Pucelle; mais il ne cessa pas ce rôle de perfide conseiller, et le continua jusqu'au dernier instant que Jeanne resta dans sa prison. Ce ne fut que dans le trajet de sa victime à l'échafaud qu'il reconnut sa faute, nous verrons plus tard dans quelles circonstances ; mais ce qu'il importe de remarquer comme un fait de première importance, c'est l'existence de ce conseil de perdition, donné à Jeanne, et de ces tromperies en permanence qui, lui déguisant la vérité, l'ont amenée parfois à certains dires et à certains actes qu'il serait difficile d'interpréter, si des conseillers loyaux ou des avocats éclairés eussent été assis d côté d'elle, pendant la durée de son procès.

C'est dans ces conditions que se déroulèrent les différentes phases du drame de Rouen. Jeanne subit d'abord, du 21 février au 3 mars, six interrogatoires publics oii tous les assesseurs pouvaient assister. Comme ces séances tournaient à son triomphe, on eut recours aux interrogatoires secrets : l'évêque ou son délégué se rendit alors dans la prison avec quelques assesseurs seulement; et du 10 au 17 mars, fit subir coup sur coup à Jeanne neuf longs et

pénibles interrogatoires. On rédigea ensuite les assertions de l'accusée recueillies dans ces séances ; on les lut à Jeanne qui reconnut les réponses qu'elle avait faites, puis, le 25 mars, Pierre Cauchon et quatre assesseurs, tous de l'Université de Paris, se rendirent dans la prison de Jeanne, et lui firent une exhortation à reprendre l'habit féminin. Elle s'y refusa; nous expliquerons sa conduite au chapitre suivant.

Tout ce qui précède se rapporte à l'instruction de la cause. Le lendemain 26 mars, commença le procès ordinaire. Le promoteur d'Estivet rédigea l'acte d'accusation en 70 articles; il fut lu à Jeanne en deux séances, les 27 et 28 mars. On ne peut imaginer un tissu de calomnies plus infâmes, de mensonges plus évidents, d'erreurs plus grossières et de stupidités plus flagrantes : On lui reprochait entre autres choses, car il serait trop long de tout rapporter, d'avoir eu dans son enfance des pratiques superstitieuses autour de l'arbre des Fées; de s'être mise en rapport avec Satan et les esprits mauvais; d'avoir vécu à Neufchâteau en compagnie de femmes de mauvaise vie et de gens de guerre ; d'avoir tenu des propos inconvenants avec Robert de Beaudricourt; de faire usage d'habits d'homme; de porter les armes ; de s'être vantée qu'elle

ferait lever le siège d'Orléans, couronner le roi à Reims, et qu'elle chasserait tous les Anglais de France ; d'avoir dit qu'on ne ferait bonne paix qu'avec le bout de la lance et du glaive ; d'avoir mis des croix et les noms de Jésus et de Marie sur ses lettres ; de s'être dite envoyée de Dieu, même pour 'des choses tendant à la violence et à l'effusion du sang humain ; de refuser de révéler le secret qu'elle donna à Charles VII comme signe de sa mission ; d'avoir fait des prophéties et d'en faire encore; de déclarer entendre les voix des archanges, des anges, des saints et saintes de Dieu; de n'avoir pas toujours obéi à ses voix qu'elle dit venir de Dieu; de déclarer que tout ce qu'elle fait, elle le fait d'après l'ordre de Dieu; d'avoir dit qu'elle croyait n'avoir jamais fait de péché mortel; d'avoir fait la sainte communion en habits d'homme ; d'avoir essayé de se suicider à Beaurevoir; d'avoir, suivant son dire, embrassé et touché sainte Catherine et sainte Marguerite ; d'avoir dit que ses Saintes aimaient les Français et détestaient les Anglais ; d'avoir reçu d'elles la révélation de son salut éternel, pour le cas oii elle garderait sa virginité ; d'avoir manqué de révérence envers Dieu et les Saints, dans la plainte qu'elle leur fit à Beaurevoir à propos des gens de Compiègne ; d'avoir caché ses rêvé-

lations à son curé et à ses parents ; de ne les avoir soumises ni à l'Église, ni à un évêque; d'avoir accepté pour sa personne des marques de vénération qui n'étaient que de l'idolâtrie; de prier ses voix, et par là-même, d'invoquer les démons; de s'être dite guidée par un ange à Ghinon pour porter une couronne à Charles Vil; d'être adorée comme une sainte. On lui reprochait encore les prières, les collectes faites par vénération pour elle en certaines églises; les médailles à son effigie,

Médailles frappées en l'honneur de Jeanne d'Arc.

que beaucoup portaient avec confiance ; le commandement d'une armée parfois nombreuse; de vivre en compagnie des hommes, d'être servie par eux; de posséder des richesses, un grand train de maison ; d'avoir deux conseillers, appelés conseillers de la Fontaine ; (selon ce que Catherine de la Rochelle avait déclaré à l'Official de Paris); d'avoir échoué devant Paris, à La Charité-sur-Loire, à PontrÉvêque (?), et même à Compiègne, après avoir promis la victoire de la part de Dieu;

d'avoir fait peindre un étendard, puis ses armes à elle, ce qui n'était que faste et vanité, et non religion et piété ; d'avoir mis une de ses armures à saint Denys, pour en faire des reliques; dans la même ville, d'avoir versé de la cire fondue sur la tête des petits enfants, en leur prédisant l'avenir ; de refuser de se soumettre à l'Église militante ; de s'attribuer l'autorité de Dieu et des anges, pour s'élever au-dessus de tout pouvoir ecclésiastique; de prétendre être pardonnée du péché commis contre ses voix à Beaurevoir, ce qui est contre l'Ecriture, affirmant que nul ne sait s'il est digne d'amour ou de haine.

Voilà le résumé du réquisitoire de Jean d'Estivet; on voit que nous avons eu raison de le qualifier sévèrement : ce qu'il contient de vrai est absolument innocent, le reste est de la calomnie. Jeanne en protesta maintes fois, quand elle entendit la lecture de ce factum, mais on ne lui opposa aucun témoignage, et on se contenta de passer outre.

Cependant, on n'osa produire au public un tel tissu d'absurdités. — L'évêque et ses complices virent bien que l'œuvre était à refaire ; ils chargèrent de cette besogne Nicole Midy, et le jeudi, 5 avril, l'accusation se trouvait résumée en douze articles, beaucoup plus perfidement agencés que le réquisitoire d'Estivet.

On y supprime presque toutes les stupidités que nous venons de lire, et on impute à la Pucelle, en fait de crimes, tout ce qui a rapport à ses révélations, s'efforçant de les donner comme communications avec le démon, le port de l'habit d'homme, et enfin, le refus de soumission au jugement de l'Eglise militante. On ne donna pas connaissance à Jeanne de ce résumé écrit contre elle, et on l'envoya à l'Université de Paris, aux trois évêques d'Avranches, de Coutances et de Lisieux, les seuls des six suffragants de Rouen alors présents dans leurs évêchés ; à plusieurs abbés ayant rang de prélats, au chapitre de Rouen, en tant que corps, et à un grand nombre de savants en théologie, en droit canon et en droit civil. Remarquons bien que l'évêque de Beauvais prenait sur lui d'affirmer la vérité des faits contenus dans les douze articles, et qu'il demandait seulement à chacun des personnages consultés de lui donner, par écrit et sous son sceau, son avis sur les articles tels qu'ils étaient rédigés. La réponse devait être, nécessairement, non pas un jugement de Jeanne, mais une appréciation de la pièce soumise par Pierre Cauchon aux délibérations des prélats et des savants.

Les réponses ne tardèrent pas à arriver ; celle de l'évêque d'Avranches était nettement contradictoire aux idées de Cauchon ; elle récla-

mait renvoi de la cause de Jeanne au Pape ; aussi fut-elle supprimée par l'inique juge dans les comptes rendus du procès. Plusieurs des savants consultés firent d'importantec réserves, et dirent : Cette femme est coupable, à moins que ses révélations ne viennent de Dieu ; elle ne doit pas porter d'habits d'homme, à moins que ce ne soit pour préserver sa pudeur.

Les chanoines de Rouen, convoqués, commencèrent par s'abstenir en majorité de se rendre à la salle capitulaire; ils se réunirent néanmoins sous la menace d'une peine disciplinaire, mais leur délibération ne fut pas très favorable à l'accusation.

D'autres, et à leur tête les vrais complices de Cauchon, qui répondirent les premiers : c'est-à-dire les professeurs délégués de l'Université de Paris, Nicolas Loyseleur et quelques autres, furent complètement favorables aux vues de l'évêque de Beauvais. Néanmoins, deux vœux semblaient résulter de toutes les réponses: d'abord, que les douze articles fussent soumis à l'Université de Paris, et ensuite, que de nouveaux avertissements fussent adressés à la Pucelle.

Cauchon se soumit volontiers à cette double demande qui ne lui coûtait rien ; il envoya à l'Université quatre de ces docteurs alors à Rouen, avec les douze articles ; puis il se

rendit lui-même, le 18 avril, dans la prison (le Jeanne, pour lui faire une exhortation ; et comme elle persévérait à ne pas se soumettre, il lui adressa une admonition publique le 2 mai, dans une salle du château de Rouen, en présence de 63 de ses assesseurs. Il va sans dire que cette formalité n'eut pas plus de succès que tout le reste; mais il est temps de reporter nos regards sur Jeanne, et de voir ce qu'elle fit devant ses juges.

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