‹ La vénérable Jeanne d'ArcChapitre 15 sur 65 · Témoignage de Louis de Coûtes, page de Jeanne d'Arc · texte numérisé non relu

Témoignage de Louis de Coûtes, page de Jeanne d'Arc

2. Injure très répandue au xv' siècle, et banale; elle ne signifie pas plus que : Mccliant garçon^ aujourd'hui.

44 LA VÉNKRABrj': JEANNE D'ARC.

pcrée; debout au bord du fossé, son étendard h la main, sans combattre elle-même, pendant trois heures, elle excita les assaillants. Quand la bastille fut emportée, et tous ceux qui étaient dedans tués ou faits prisonniers, alors la femme reparut, et la pitié reprit le dessus : « Elle pleura sur les morts en pensant qu'ils n'avaient pas eu confession' ! »

Le jeudi 5 mai, jour de l'Ascension, les capitaines refusèrent de se battre, « pour la révérence du jour ». Jeanne eût voulu marcher sans croire ohenser Dieu*. Jésus lui-même n'a-t-il pas dit : « Quel homme hésiterait à tirer du péril son bœuf ou son cheval, même un jour de sabbat! » Le salut de la France était aussi urgent à ses yeux. Mais elle céda à leurs scrupules, en donnant à tous l'exemple de sanctifier ce jour de fête; elle se confessa; elle communia ; elle suppliait tous les habitants, et surtout ses compagnons d'armes de se confesser aussi. Depuis qu'elle était devenue capitaine, elle se croyait, en conscience, obligée de veiller au salut des âmes de ses soldats. Sans cesse elle les exhortait à rompre avec le vice, et à faire pénitence; elle avait réformé les mœurs de son armée, autant du moins qu'il était possible; elle avait chassé les femmes de mauvaise vie, et déclaré hautement que

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