J£ANNE D ARC
CIlÀPllRE V
PARIS ET COMPIEGNE
Comme on l'a vu plus liaut, le soir même du sacre, trois genlilshommes angevins' écrivaient de Reims à la reine, Marie d'Anjou, et à la mère de la reine, Yolande d'Anjou : « Demain, s'en doit partir
le Roi, tenant son chemin vers Paris La Pucelle
ne fait doute qu'elle ne mette Paris en l'obéissance. » La nouvelle était exacte; excepté qu'il eût fallu ajouter : « Jeanne et les capitaines veulent marcher sur Paris ; mais le Roi et son conseil ne le veulent pas. Le Roi et la cour suivent l'armée, mais contraints, et de mauvais gré. » Ainsi, que Jeanne ait cru fermement, ou non, que sa mission comportât la conquête de Paris, il est du moins certain que ce ne fut pas le Roi qui la retint après le sacre; c'est elle-même qui voulut rester, et continuer la guerre.
La cour, lasse de faire campagne, aurait préféré négocier; et, de fait, elle négociait déjà avec le duc